Conseil régional: la bonne parole du recteur et un débat tronqué

Publié le 08/04/2011 - 18:25
Mis à jour le 08/04/2011 - 18:25

Une session plénière sur les enjeux de l’éducation était planifiée hier après-midi à Besançon au conseil régional avec la présence inédite du recteur, Eric Martin. Une réunion pour rien ?

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« Dépêchez-vous le recteur doit partir pour une réunion à Montbéliard dans le cadre de la Semaine de l’industrie… ». C’est, en substance, le discours que n’a cessé de tenir Marie-Guite Dufay à l’ouverture de cette session surréaliste sur un sujet pourtant peu banal comme l’éducation qui mobilise à la fois la Région et l’Etat au service des lycées francs-comtois.
Inévitablement les déclarations préliminaires au débat, qui n’a finalement pas eu lieu, ont tourné autour de la rentrée 2011-2012 avec les suppressions de 122 postes et de filières industrielles confirmées il y a quelques temps déjà par le rectorat. Tous les intervenants de la majorité de gauche ont fait état du manque de discussions préalables aux décisions. « Vous avez des choses à exécuter », a lancé Joseph Parrenin (PS) au recteur, mais « nous avons manqué de préparation et de concertation ».
Pour permettre au recteur de partir à l’heure, Marie-Guite Dufay est allée jusqu’à se priver de son intervention sur la défense des petits lycées. Et comme Eric Martin était vraiment pressé, il n’y a pas eu d’échanges avec les conseillers régionaux dont la plupart sont restés sur leur faim, sans vraiment être rassurés par la promesse du recteur que « tous les élèves seront accueillis à la rentrée ».

Il a tout de même considéré que cette première rencontre pouvait déboucher sur d’autres rendez-vous à l’instar de Marie-Guite Dufay qui, prenant acte de l’ambiance très électrique dans l’hémicycle, a également souhaité que « ce soit un prélude, car le lycée de demain on doit y travailler en coordination étroite ». En attendant, on se demande bien pourquoi la majorité a tenu à maintenir cette session sachant que le recteur allait partir très vite et que les conseillers devaient poursuivre la journée par des travaux en commission.

L’occasion était trop belle pour l’opposition de dénoncer, non pas le principe d’un débat sur l’éducation, mais la manière dont il a été organisé. « On passe quatre heures à parler de prospective 2040 (ndlr : sujet de la séance plénière précédente de mars), mais seulement une heure est consacrée à l’avenir de notre jeunesse. Ce sujet mérite plus de temps », a estimé Véronique Degallaix pour l’opposition. « C’est un débat avorté qui n’a ni queue ni tête. Je suis en colère », a rajouté Annie Genevard (UMP).
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