Âgée de 25 ans, qu’elle fêtera le jour de l'évènement, Léa Medan fait partie des quatre candidats retenus pour la deuxième édition de ce concours, prévue le 16 juin 2026 à la gare de Lyon à Paris. Organisé par TGV Lyria, l’événement vise à révéler un jeune talent français ou suisse dont la création intégrera la carte gastronomique "La Table", servie à bord du train reliant Paris à la Suisse.
Le jury est composé de deux figures reconnues de la gastronomie : Michel Roth (Bocuse d'Or et MOF) et Danny Khezzar (finaliste de Top Chef). Tous deux évalueront les plats réalisés lors d’une épreuve en conditions réelles, dans une cuisine éphémère installée à quai devant les voyageurs de passage.
Une épreuve technique et quasi imprévisible
Le format repose sur des "paniers mystères" tirés au sort, comprenant des produits d’hiver, à base de viande, de poisson ou végétarien, avec une contrainte thématique : la cuisine franco-suisse. Les candidats disposeront de quatre heures pour élaborer leur recette, assistés d’un commis sélectionné en fonction de leur profil.
À l’issue des dégustations, deux recettes seront retenues et proposées aux voyageurs en Première Signature (première classe) en voiture-bar. Ces derniers voteront pour leur plat favori, tandis que la communauté Instagram départagera les créations sur leur aspect visuel. Le plat gagnant intégrera ensuite la carte automne-hiver 2026-2027.
Un entraînement intense
Pour Léa Medan, ce concours marque une étape importante. Après une première expérience en février 2026 lors d’un concours de seconds de cuisine à Dijon, elle aborde cette nouvelle échéance avec davantage de méthode. "C’était un bon essai avant de se lancer dans un concours plus grand. On sait ce qu’il faut faire et éviter", nous explique-t-elle.
Dans la cuisine du Cercle, où elle travaille depuis quatre ans, la préparation s’intensifie. "Pendant les jours de repos ou après le service le soir, on s’entraîne avec un maximum de produits pour éviter toute hésitation le jour du concours", précise-t-elle. L’objectif : être prête à réagir immédiatement face à l’inconnu.
Les concours, meilleure formation
Au-delà de la compétition, pour Raphaël Ducret, coach de Léa, insiste sur l’aspect formateur des concours culinaires. "C’est une formation accélérée : on travaille des techniques, on échange avec des chefs, on reçoit des conseils. C’est très enrichissant, que l’on gagne ou non", explique-t-il après avoir participé à de nombreux concours. Lui-même n'oublie de transmettre conseils et astuce, y compris les plus simples pour aider au mieux sa compagne.
Le dossier de candidature de Léa incluait notamment une recette originale autour d’un magret de canard aux influences alpines, aujourd’hui proposée à la carte du restaurant.

"Ce sont des moments où l’on montre ce que l’on sait faire"
Motivée par le goût du défi par son passé de gymnaste, la jeune cheffe assume ses ambitions. Elle envisage déjà de participer à d’autres concours, voire à des émissions culinaires comme Top Chef. "C'est dans un petit coin de ma tête", nous dit-elle.
D’ici là, le calendrier est serré : sélection annoncée il y a une semaine, un mois de préparation, départ pour Paris la veille de l’épreuve, puis direction Genève pour la remise des prix le jour-même. Si ce n'est pas l'Orient-Express, Léa embarque tout de même dans un concours express !
Au Cercle, ouvert en septembre 2020 et distingué par le guide Gault & Millau en 2025 et 2026, l’ensemble de l’équipe suit cette aventure avec attention. "Ce sont des moments où l’on montre ce que l’on sait faire, ce qu'on aime faire et où l’on ressent aussi le soutien des clients", confie Léa Medan qui affirme que c'est déjà "un honneur" de pouvoir faire déguster son plat à un chef tel que Michel Roth.
À quelques semaines de l’échéance, entre "bon stress" et détermination, la jeune seconde de cuisine s’apprête à défendre sa vision d’une cuisine franco-suisse contemporaine, avec, en ligne de mire, une place à bord des trains circulant à 320 km/h entre la France et la Suisse.


