Dotations en chute libre : les CCI au bord du gouffre, Jean-Luc Quivogne tire la sonnette d’alarme à Besançon

Publié le 26/11/2025 - 17:30
Mis à jour le 26/11/2025 - 11:44

Alors que députés et sénateurs planchent actuellement sur le budget 2026, l’inquiétude gagne de nombreux acteurs, notamment les présidents des Chambres de commerce et d’industrie (CCI), qui redoutent une nouvelle réduction de 30 % des subventions de l’État. Jean-Luc Quivogne, président de la CCI Saône-Doubs à Besançon, craint la fermeture de nombreuses chambres si le gouvernement ne revoit pas sa position.

Contacté ce mercredi 26 novembre à propos d’un projet de rooftop sur le toit de la CCI Saône-Doubs, nécessitant un budget conséquent, il exprime à la fois ses inquiétudes et son exaspération. Un ras-le-bol partagé, selon lui, par l’ensemble des présidents de CCI en France.

Une nouvelle coupe de 30 % dans les dotations

Entre 2013 et 2023, les CCI ont déjà subi une baisse de 66 % de leurs dotations publiques. Pour la période 2024-2026, l’État avait prévu une nouvelle réduction de 100 millions d’euros pour le réseau CCI France, faisant passer les dotations nationales de 1,4 milliard d’euros à 525 millions. Le projet de loi de finances 2026 ajoute aujourd’hui une ponction supplémentaire de 175 millions d’euros, correspondant à une nouvelle baisse de 30 %.

"Nous avons une solidarité entre les chambres, mais si cette taxe s’applique sur le plan national, plus de 50 % des CCI devront déposer le bilan. Il y a désormais le feu à la maison", alerte Jean-Luc Quivogne, "et comme il y a une solidarité entre les chambres, cela mettra à plat la totalité du réseau."

“La coupe est pleine !”

Lors de l’assemblée générale du mardi 25 novembre 2025, le ton est monté. Si cette taxe est adoptée, explique le président, "la totalité des présidents, bureaux, membres titulaires et associés démissionneront."

Il poursuit : "Là, c’est chaud. On a un gouvernement qui ne sait pas faire d’économies, qui ne parle que de taxes. On l’a vu pour la Région, avec la taxe mobilité, on le voit pour le Grand Besançon, 11 % d’augmentation pour rendre gratuits les transports le week-end. Et ce sont les entreprises qui paient, donc le ras-le-bol est là !" Et d’ajouter, dans un climat social déjà tendu : "depuis hier on entend parler d’entreprises qui tuent leur personnel… La coupe est pleine !"

Quelles conséquences si les CCI ferment ?

Selon Jean-Luc Quivogne, en cas de fermeture de CCI, les préfets de région récupéreraient les missions aujourd’hui assurées par les chambres. Une perspective qu’il juge peu réaliste : "je ne pense pas qu’ils soient armés pour faire ça ou qu’ils en aient les moyens."

Pour lui, les CCI occupent un rôle essentiel, bien que souvent sous-estimé : "Les Chambres de commerce, c’est méconnu mais reconnu : méconnu parce que ceux qui n’en ont pas eu l’utilité critiquent parce qu’ils ne connaissent pas, mais reconnu parce que ceux qui ont utilisé leurs services, où qu’elles soient, reconnaissent qu’il y a un vrai intérêt."

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