Génocide : un Rwandais conteste à Dijon un arrêté d'expulsion

Publié le 10/07/2024 - 11:31
Mis à jour le 10/07/2024 - 09:24

Innocent Musabyimana, un Rwandais poursuivi pour sa possible participation au génocide au Rwanda en 1994, a contesté mardi 9 juillet 2024 un arrêté ordonnant son expulsion et son assignation à résidence, devant le tribunal administratif de Dijon.

Tribunal administratif de Dijon © www.google.com
Tribunal administratif de Dijon © www.google.com

"C'est kafkaïen", a résumé à l'AFP son avocat, Philippe Meilhac. En 2012, Innocent Musabyimana fait l'objet de poursuites au Rwanda, accusé d'avoir participé au génocide qui a fait, selon l'ONU, au moins 800.000 morts. Kigali demande son extradition, mais la Cour de cassation française l'a rejetée en 2014. L'affaire aurait pu s'arrêter là, mais en 2019, les investigations sont relancées, cette fois en France, et il est mis en examen en 2022 à Paris. Il est placé sous contrôle judiciaire, et non en détention provisoire, ce qui lui permet de travailler.

"On met les bâtons dans les roues de la justice française"

Suite à cette mise en examen, il perd en janvier 2024 son statut de réfugié. De ce fait, un arrêté préfectoral est pris à Dijon en juin dernier, ordonnant son expulsion - vers une destination inconnue car son pays ne veut pas de lui - et, le temps qu'elle soit mise en oeuvre, son assignation à résidence.

"Je ne comprends pas la logique" d'expulser quelqu'un qui pourrait être appelé à être jugé en France, souligne Me Meilhac. "On met les bâtons dans les roues de la justice française", ajoute-t-il lors de l'audience devant le tribunal qui statuait en référé. Sa mise en examen "n'est pas une présomption de condamnation", souligne-t-il, et peut tout à fait mener à un non-lieu, comme l'a déjà obtenu l'avocat pour d'autres clients. Mais, pour l'avocat de la préfecture, Romain Dussault, le Rwandais constitue une "menace grave à l'ordre public".

En concubinage avec une Française et père de famille

"C'est un citoyen lambda", répond l'avocat de ce Rwandais qui travaille et vit à Dijon, en concubinage depuis 2015 avec une Française, avec qui il a des enfants mineurs. "Il ne fait aucun militantisme ni de prosélytisme" et est encore moins "radicalisé".

L'assignation à résidence l'oblige à pointer trois fois par jour au commissariat, ce qui l'empêcherait de poursuivre son activité professionnelle, qui l'amène à voyager dans la région de Dijon. Le contrôle judiciaire ordonné suite à sa mise en examen en 2022 l'oblige déjà à pointer deux fois par mois, a souligné la présidente du tribunal, Valérie Zancanaro, demandant à l'avocat de la préfecture la raison d'un tel durcissement. "Je n'ai pas d'éléments à ce propos", a-t-il répondu.

La décision a été mise en délibéré d'ici à la fin de la semaine.

(AFP)

Justice

La Cour de cassation rejette le recours de Frédéric Péchier sur sa demande de mise en liberté

La Cour de cassation a rejeté mardi 12 mai 2026 le recours de l'anesthésiste Frédéric Péchier, condamné en décembre à perpétuité pour 30 empoisonnements dont 12 mortels, qui réclamait sa remise en liberté pour préparer son procès en appel, a-t-on appris de source judiciaire.

Vols de camions chez des artisans du Haut Doubs : 126 gendarmes mobilisés et 12 personnes interpellées

Mardi 5 mai 2026, une opération judiciaire a été menée simultanément dans les départements du Doubs, de la Côte d’Or et de la Haute-Saône pour des faits de vol avec trois circonstances aggravantes, blanchiment d’argent, escroquerie, travail dissimulé et non-justification de ressources.

Affaire Avenir Fermetures : 100 victimes, 700.000 € de préjudice et une enquête pénale ouverte à Besançon

Les sociétés Avenir Fermetures Saint-Vit et Rioz, spécialisées dans la menuiserie, font l’objet de procédures de liquidation judiciaire devant le tribunal de commerce de Besançon. Plusieurs clients affirment avoir versé des acomptes pour des travaux jamais réalisés, donnant lieu à un préjudice financier significatif et à la création d’un collectif d’aide aux victimes de ces affaires, a-t-on appris en mars 2026.

Poulain jeté dans un trou : un éleveur condamné et interdit à vie de détenir un animal

Un éleveur de chevaux du Doubs qui avait jeté un poulain dans un trou, entraînant sa mort, a été condamné lundi 27 avril 2026 à Besançon à une interdiction définitive de détenir un animal et d'exercer une profession en lien avec les animaux, a-t-on appris auprès du parquet.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 26.81
partiellement nuageux
le 24/05 à 18h00
Vent
2.9 m/s
Pression
1026 hPa
Humidité
67 %

Sondage