La femme gourou Éliane Deschamps condamnée à deux ans avec sursis

Publié le 31/01/2022 - 15:35
Mis à jour le 31/01/2022 - 15:55

Après vingt ans de procédure, la femme gourou Éliane Deschamps, qui assure que la Vierge lui apparaît tous les 15 du mois, a été condamnée, lundi 31 janvier 2022 à Dijon, à deux ans de prison avec sursis pour abus de faiblesse.

 © CC0 PXB FIESTZFOTOS
© CC0 PXB FIESTZFOTOS

Le tribunal correctionnel de Dijon a infligé la même peine à Daniel Delestrac, coprévenu de 75 ans et bras droit de Mme Deschamps.

Ces peines sont supérieures aux réquisitions de l'accusation qui avait demandé un an de prison avec sursis, estimant que Mme Deschamps, 67 ans, avait enfermé ses adeptes dans une "prison spirituelle" au nom de la Vierge Marie.

"C'est un message fort. L'emprise est reconnue", a réagi Loïc Duchanoy, un des avocats des plaignants, se disant "satisfait".

Les prévenus sont par ailleurs condamnés à verser de 2.000 euros à 20.000 euros de dédommagement à sept parties civiles.

Mais la cour n'a reconnu coupable les deux prévenus que pour les plaintes des anciens adeptes et non des actuels membres. "Ceux qui sont sortis de la secte sont des victimes mais ceux qui y sont toujours n'en sont pas. Cela nous surprend beaucoup", a ajouté Me Duchanoy. "C'est curieux", a-t-il déclaré, attendant de voir si le parquet fera appel.

"Ce n'est pas cohérent", a également estimé Didier Pascaud, avocat d'Éliane Deschamps, qui avait demandé la relaxe de sa cliente. "Cela nous laisse perplexe. S'il y a emprise, tout le monde est sous emprise", a-t-il ajouté, sans se prononcer sur un éventuel appel.

Lors du procès en novembre, intervenu après vingt ans de procédure, l'accusation avait dénoncé la "vaste supercherie" des apparitions revendiquées par Mme Deschamps. "La gourelle théâtralise" ces soi-disant apparitions, avait dit le procureur adjoint, Pascal Labonne-Collin, afin d'"attirer du monde" dans la communauté dont le nom, "Amour et miséricorde", masque un "abus de faiblesse parfaitement constitué".

Par la "soumission", avait-il argué, la prévenue a enfermé les membres de sa "secte", toujours en activité à Petit-Noir dans le Jura, dans une "prison spirituelle", les menaçant de "bannissement" et menant des "procès quasi-staliniens où on accuse en public".

Rodolphe Bosselut, autre avocat des parties civiles, avait rappelé qu'un prêtre avait rendu visite à la communauté, dès 2003, et acquis la conviction que sa fondatrice était "une manipulatrice".

Les adeptes sont "des objets entre les mains" d'Éliane Deschamps, avait abondé Loïc Duchanoy, évoquant un "conditionnement". Les prévenus encouraient cinq ans d'emprisonnement et 750.000 euros.

(AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Justice

Il avait tué son compagnon en l’écrasant : peine de 15 ans de prison confirmée en appel   

Un homme de 46 ans a été condamné jeudi 22 janvier 2026 en appel à Lons-le-Saunier à 15 ans de réclusion criminelle pour avoir tué son compagnon en 2022 en lui roulant dessus avec sa voiture, la même peine que celle infligée il y a un an en première instance. L'accusation avait requis 25 ans de réclusion.

Le ”droit de correction parentale” n’existe pas, rappelle la Cour de cassation

La Cour de cassation a rendu mercredi 14 janvier 2026 une décision dans une affaire portant sur des faits de violences commises par un père sur ses enfants. Cette décision intervient après la relaxe prononcée par la cour d’appel de Metz le 18 avril 2024, fondée notamment sur l’invocation d’un prétendu ”droit de correction”.

Espoir pour Fralsen à Besançon : des offres déposées au tribunal…

Placée en redressement judiciaire, l’entreprise Fralsen, basée à Besançon, dispose désormais de nouvelles perspectives. Selon nos informations, plusieurs offres de reprise ont été déposées auprès du tribunal des affaires économiques de Lyon. Une étape cruciale alors que la société doit impérativement trouver un repreneur d’ici le 5 février 2026.

La demande de remise en liberté de Frédéric Péchier examinée le 11 février 2026

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon examinera le 11 février 2026 une demande de remise en liberté de l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier, condamné en décembre pour l'empoisonnement de 30 patients, dont 12 sont morts, a-t-on appris mardi 13 janvier 2026 de sources concordantes.

Incendie en Suisse : le propriétaire évoque une porte “verrouillée de l’intérieur” dans le bar

Le propriétaire français du bar incendié la nuit du nouvel an dans la station de ski suisse de Crans-Montana a indiqué aux enquêteurs avoir découvert juste après le drame qui a fait 40 morts qu'une "porte de service" était "verrouillée de l'intérieur" lors de son audition vendredi 9 janvier 2026.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 5.48
pluie modérée
le 23/01 à 18h00
Vent
3.53 m/s
Pression
996 hPa
Humidité
94 %