"La perpétuité des larmes": au procès Péchier, la colère des proches de victimes

Publié le 26/09/2025 - 08:15
Mis à jour le 26/09/2025 - 08:18

Les familles des premières victimes présumées de Frédéric Péchier ont crié leur colère jeudi 25 septembre 2025 devant la cour d'assises de Besançon, chargeant l'ancien anesthésiste, mais aussi le milieu médical et la justice.

 © Élodie R.
© Élodie R.

Frédéric Péchier, 53 ans, est jugé depuis le 8 septembre pour 30 empoisonnements, dont 12 mortels. Il est soupçonné d'avoir frelaté des poches de produits anesthésiants pour nuire à des collègues lors d'opérations dans une clinique de Besançon, tout en faisant valoir ses talents de réanimateur.

Le premier décès retenu par l'accusation est celui de Damien Iehlen, mort en 2008 à l'âge de 53 ans.

"Mon père a été assassiné il y a 17 ans", a témoigné en larmes sa fille, Amandine Iehlen, 41 ans, racontant avoir traversé une dépression et avoir "bousillé sa vie de couple" face à l'incompréhension liée aux causes du décès de son père. L'ouverture en 2017 d'une enquête sur les multiples cas d'empoisonnement à la clinique Saint-Vincent fut dans ce contexte "un soulagement", a-t-elle confié. "Il est inconcevable de penser que mon père est mort pour des disputes d'argent et d'ego", a-t-elle poursuivi, se tournant vers l'accusé. "Des humains ont été tirés au sort pour mourir."

"L'impensable aurait dû poser question beaucoup plus tôt"

Sa soeur Mélusine, 36 ans, criant d'une voix brisée par l'émotion, a témoigné de sa colère contre le docteur Péchier et ces "disputes de cour d'école, du type +c'est pas moi, c'est les autres+". "Je souhaite, après un procès exceptionnel, qu'on assiste à une peine exceptionnelle", a-t-elle lancé. Elle a critiqué la justice pour la lenteur de l'enquête, mais également la clinique et l'Agence régionale de santé (ARS) ainsi que "tout organisme qui aurait pu se demander pourquoi il y avait autant d'événements indésirables graves" à Saint-Vincent. "L'impensable aurait dû poser question beaucoup plus tôt."

Delphine Ziegler, fille de la deuxième victime, Suzanne Ziegler, décédée en 2008 à 74 ans, a voulu aussi "pousser un cri de rage, de révolte devant cette cour". "Je voudrais dire à M. Péchier que nous sommes déjà dans la perpétuité des larmes, du chagrin", a-t-elle lancé, devant une photo de sa mère entourée de ses sept enfants, alors que l'accusé encourt une peine d'emprisonnement à vie.

Son frère François, 70 ans, a émis l'espoir que l'accusé "arrête un jour sa défense, qui devient ridicule".

Frédéric Péchier, qui a toujours clamé son innocence, comparaît libre. Le verdict est attendu le 19 décembre.

(AFP)

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