À Besançon, "La Boucle Camus" veut réinventer le débat public

Publié le 14/05/2026 - 09:00
Mis à jour le 14/05/2026 - 12:08

À Besançon, une nouvelle initiative citoyenne et jeune entend proposer une autre manière de débattre. Baptisé La Boucle Camus, le projet est porté par Gabriel Lallemand, un Bisontin de 24 ans, qui revendique un attachement profond à sa ville.

"Je suis un pur produit de Besançon : né à Besançon, grandi à Besançon, passionné par ma ville, son histoire, son architecture, sa culture, sa géographie, etc.”, nous explique d'emblée le fondateur.

Intervenant social au sein du SIAO du Doubs, après une expérience à l’ADDSEA, il inscrit son engagement professionnel dans la continuité de cette initiative, tournée vers l’attention portée aux publics les plus vulnérables. L’idée de La Boucle Camus a émergé il y a un an et demi, dans un contexte de campagne municipale qu’il décrit comme ”tumultueuse”. À l’issue de cette période, il souhaitait créer ”un espace de discussion et de débat différent”, détaché des logiques partisanes et accessible au plus grand nombre.

"Pas de couleur politique, ouvert à tous"

Ce positionnement se traduit par une structure volontairement ouverte : ”non adossé à une couleur politique, ouvert à tous, avec une adhésion symbolique pour que toute personne, même modeste, puisse participer”. Au-delà de cette accessibilité, l’ambition affichée est aussi celle d’un cadre apaisé. L’initiative entend offrir ”un lieu réel d’écoute, où le débat ne glisse pas dans le pugilat”, permettant aux participants d’échanger et de ne pas être d’accord ”sans tomber dans l’invective”, précise-t-il. Les organisateurs se veulent garants de cet esprit.

"La boucle est ouverte, le mouvement y est constant”

Le choix du nom renvoie directement à Albert Camus, figure intellectuelle revendiquée par le fondateur. Il évoque un auteur qui l’accompagne depuis longtemps, ”un penseur et un écrivain avec lequel j’ai grandi”, et qu’il considère comme fédérateur. Selon lui, bien que souvent associé à une certaine gauche, Camus est respecté au-delà des clivages politiques, ce qui en fait un symbole pertinent pour ”inclure tout le monde” et tendre vers un espace ”réellement représentatif de notre société”.

L’appellation du projet fait également écho à la géographie locale. La ”boucle” renvoie à celle du Doubs qui entoure le centre historique, mais aussi à une idée plus abstraite : ”la boucle est ouverte, le mouvement y est constant”, une dynamique que les initiateurs souhaitent reproduire dans les échanges.

La nouvelle mandature municipale comme premier thème

Concrètement, La Boucle Camus prendra la forme de réunions publiques mensuelles, organisées autour d’un thème défini à l’avance. ”Nous espérons organiser une réunion publique par mois”, indique Gabriel Lallemand. La première rencontre est prévue le vendredi 22 mai à 19h30, en salle Bidault, à proximité du Petit Kursaal. L’objectif est de proposer ”un espace de réflexion ouvert, ancré à Besançon”, inspiré par une pensée humaniste et accessible, où ”chacun peut venir écouter, échanger et confronter des idées, dans un cadre libre et respectueux”.

Le premier thème qui sera abordé par La Boucle Camus est : "À l'aube d'un nouveau mandat, quels caps Besançon doit-elle fixer dès maintenant ?"

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