L'association "La Marmite Solidaire" bouillonne d'idées pour venir en aide aux plus fragiles

Publié le 17/08/2026 - 12:00
Mis à jour le 20/08/2026 - 14:42

À Pontarlier, l'association "La Marmite Solidaire" se développe et déploie son activité au-delà de l'aide alimentaire d'urgence pour sensibiliser à la cause du gaspillage et à l'éducation alimentaire en général, depuis cinq ans.

Ophélie Rochat a pris la direction de la Marmite Solidaire depuis sa création en 2022 et ne cesse de développer son activité depuis. L'association loi 1901 a pour but premier de procurer de l'aide alimentaire aux personnes précarisées.

Quelques chiffres

Rappelons que, d'après la Banque alimentaire, le nombre de bénéficiaires de l'aide alimentaire a augmenté de 34 % entre 2020 et 2023. Selon le Centre communal d'action sociale de Besançon, ce sont 5 897 personnes qui ont eu recours à cette aide en 2024, et 6 490 en 2025.

En plus de son action auprès des populations les plus précaires, la Marmite Solidaire se veut être un outil de sensibilisation et fait de l'éducation autour des enjeux de l'alimentation et de santé alimentaire, "sans jugement", précise sa directrice.

Un des autres aspects qui tient à cœur à Ophélie Rochat est de viser l'autonomie financière et de chercher de nouveaux modèles économiques afin d'y parvenir.

Concrètement, comment ça marche ?

L'association "transforme et sublime" les produits qui lui "sont apportés par des particuliers" et les partenaires, souvent d'autres associations comme la Banque alimentaire, qui centralise les produits provenant des magasins d'alimentation.

Au rez-de-chaussée des locaux de l'association se trouve une grande cuisine professionnelle, opérée par deux cuisinières qualifiées et assistées de bénévoles. Ici, les produits sont cuisinés et mis dans des bocaux stérilisés afin d'être distribués aux personnes dans le besoin à travers des associations solidaires.

© Arthur Miserez

D'autres bocaux sont commercialisés dans le but d'apporter des revenus complémentaires à l'association. Elle est présente sur les marchés du Haut-Doubs et dans un magasin d'école sur lequel donnent les fenêtres du laboratoire.

La cuisine est centrale dans l'organisation de l'association. Elle permet non seulement aux bénévoles de déployer leur talent culinaire, mais aussi de donner des ateliers de sensibilisation et des techniques de cuisine pour des personnes fragiles ou atteintes de maladies comme le diabète. C'est un des axes de travail : identifier des personnes ayant des besoins particuliers et donner des ateliers qui combinent santé alimentaire, anti-gaspi et alimentation durable.

La cueillette solidaire

Cette année, elle a été repoussée à cause de la chaleur et de la sécheresse, mais, Ophélie Rochat, ne désespère pas. En 2025, c'est fin août qu'a été récoltée la majorité des 2,1 tonnes de fruits et légumes chez tous les particuliers qui ont souhaité mettre leur production à disposition.

Cette opération réunit les  bénévoles de l'association, et tous se rendent dans les vergers, jardins et autres lieux de production agricole souhaitant contribuer au don pour l'association. Cette récolte vient donc compléter d'autres dons et permet de fabriquer une variété de produits qui se conserveront grâce à l'autoclave stérilisateur qui équipe la cuisine et permet de stériliser les bocaux.

Afin "d'innover et de trouver d'autres ressources financières (que celles de l'État et des fondations privées, qui financent l'association à hauteur de 80 %)", la directrice a mis en place un système de traiteur qui peut assurer le déjeuner et le dîner de comités d'entreprise ou de particuliers. Mais "toujours avec cette volonté de sensibiliser à la santé alimentaire et à l'anti-gaspi", insiste-t-elle. Ce sera donc un service traiteur augmenté d'un atelier.

Les divers pans de l'association, que sont l'écologie, la solidarité sociale, la cuisine et le côté entrepreneurial, séduisent une myriade de bénévoles. Les 50 personnes "viennent de tous horizons et ont des aspirations variées". 20 % ont entre 13 et 29 ans, 30 % entre 30 et 60 ans, et 50 % au-delà de 60 ans. Ce sont ces bénévoles qui font vivre l'association et lui permettent de rayonner à 30 kilomètres à la ronde de Pontarlier.

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