Mgr Lacrampe: "La suppression de la mention père et mère ferait perdre à l’enfant ses repères"

Publié le 16/09/2012 - 13:30
Mis à jour le 16/04/2019 - 11:05

L’Eglise catholique réagit après l’annonce de la ministre de la Justice sur  la réforme qui ouvre le mariage aux personnes du même sexe. Si les propos du Cardinal Barbarin estimant qu’il ouvre la porte à la polygamie et l’inceste, l’archevêque de Besançon, Mgr lacrampe,  se veut plus mesuré. Pour lui, parler d’union et de mariage pour deux personnes du même sexe nie la donnée anthropologique selon laquelle une famille est fondée par un homme et une femme. Voici ses propos… 

 ©
©

« un mariage pour tous ? »

"Ce projet agite l’opinion publique, à juste titre, compte tenu de ce qui est en jeu au plan anthropologique. Certes, nous sommes conscients des difficultés que peuvent rencontrer les personnes homosexuelles, du rejet dont elles peuvent souffrir. Il n’est pas question de leur dénier la capacité d’aimer et de se réaliser dans un projet de vie.Mais comment ne pas s’inquiéter d’une loi qui brouillerait complètement la lisibilité du mariage, institution fondatrice de l’édifice social. 

Avant de décider d’une telle loi susceptible de bouleverser les repères fondateurs de la société, il conviendrait d’instaurer un véritable débat, comme pour les lois de bioéthique, afin d’en mesurer toutes les conséquences. Ce débat est à la fois éthique, philosophique, religieux. Certains préconisent même de mettre en place des états généraux sur cette question. Pourquoi pas ? Ce serait le signe donné d’une vraie démocratie participative des citoyens.Nous savons ce qu'expriment les sondages sur cette question.

Pour nous, membres des communautés chrétiennes, si nous participons à ce débat de société, c’est aussi en nous référant au témoignage du Christ. Il s’est fait proche de nombreux exclus de son temps, mais en même temps il a assumé cette loi fondatrice : « Au commencement de la création, il les fit homme et femme ».

 Qu’est-ce qui est en jeu dans ce débat, dans ce projet ? Au niveau légal, il s’agit d’un bouleversement dans la filiation. Tout enfant est issu d’un père et d’une mère. La suppression de la mention « père » et « mère » sur l’état civil, ferait perdre à l’enfant ses repères naturels et contribuerait ainsi à le fragiliser.

Au niveau social, il faut rappeler que ce n’est pas la sexualité qui fonde le mariage mais la différence des sexes. Nous avons une identité sexuelle qui nous qualifie juridiquement.  D’autre part, la différence sexuelle entre le papa-homme masculin et la maman-femme féminine joue pour beaucoup dans la vie psychique.

Enfin, dans toutes les cultures, dans toutes les civilisations, on s’accorde sur le principe qu’une famille est fondée par un homme et une femme, que le couple est fondé sur la rencontre de deux différents. Parler d’union et de mariage de deux identiques nie cette donnée anthropologique, ceci en dehors de toute considération religieuse. Dans le dictionnaire, le mariage est défini comme « l’union légitime d’un homme et d’une femme ». Si donc la loi prévue était votée, le sens du mot « mariage » serait totalement dilué. Faudra-t-il remettre en cause le mariage civil ?

Ces quelques réflexions voulaient mettre en lumière ce que ce projet de loi sur le mariage remet en cause, au niveau légal et social, au risque de bouleverser notre société. L’Eglise est dans son droit quand elle apporte sa propre contribution à un débat de société, dans le respect des opinions diverses. Elle ne vise pas à provoquer la polémique, ni à défendre ses valeurs. Elle se préoccupe du bien de la société toute entière."

 +André LACRAMPE

 Aller plus loin : 

 

  • France 24 : Le mariage homosexuel, c'est maintenant
  •  Le Monde : Le mariage homosexuel ouvrirait la voie à la polygamie et à l'inceste, selon le cardinal Barbarin
  •  Article de Atlantico : "Mariage homosexuel : le Cardinal Barbarin ne donne pas dans l'homophobie, il met en garde contre le relativisme des valeurs"

 

Société

Marche LGBTQIA+ à Besançon : “C’est encore insupportable de savoir que deux hommes couchent ensemble”

La marche militante LGBTQIA+ (ou marche des fiertés) de Besançon se tiendra le samedi 16 mai 2026. Organisée par le collectif 17 mai, cet événement revendicatif et festif s’inscrit dans une dynamique locale initiée depuis 2020, avec le soutien de l'ancienne maire Anne Vignot et la participation de nombreuses associations du territoire. On en parle en détail avec Lucie Dernière Minute, responsable de l’organisation de l’évènement.

Besançon est-elle menacée par la mouvance “masculiniste” ?

La préfecture du Doubs organisait ce mercredi 6 avril un exercice de sécurité grandeur nature simulant une attaque terroriste menée par des assaillants se réclamant du courant “masculiniste”. Ce choix de scénario soulève des interrogations. Faut-il y voir une menace réelle pour Besançon ? Et cette mouvance vise-t-elle uniquement les femmes ? Éléments de réponse.

À Besançon, une spécialiste RH propose ses services “à la carte” aux entreprises

Pendant plusieurs années, Bérengère Reisser a travaillé pour de nombreuses entreprises à Besançon en tant que responsable des ressources humaines. Après un licenciement économique  éprouvant, elle a fait le choix de légèrement réorienter sa carrière. Depuis janvier 2026, elle exerce désormais en tant qu’indépendante, proposant ses services aux entreprises et aux structures associatives de Besançon et plus largement de la Franche-Comté.

Attaque masculiniste au collège : un exercice grandeur nature avec deux morts simulés à Quingey

VIDÉOS + DIAPORAMA • Un exercice de sécurité civile grandeur nature s’est tenu mercredi 6 mai au collège Félix Gaffiot, dans la commune de Quingey. Organisée à l’initiative de Rémi Bastille, cette simulation visait à entraîner les différents services de secours et de gestion de crise à la prise en charge d’un événement provoquant de nombreuses victimes.

Dans le Doubs, la contestation de l’expulsion d’un ressortissant kosovar adressée au préfet

Dans une lettre ouverte datée du 22 avril 2026 et adressée au préfet du Doubs, le président du Collectif de Défense des Droits et Libertés des Étrangers (CDDLE) exprime son désaccord après l’expulsion d'un père de famille originaire du Kosovo, une mesure qui a conduit, selon la lettre, à la séparation de l’intéressé avec son épouse et leurs trois enfants restés en France à ce moment-là.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 9.94
partiellement nuageux
le 08/05 à 06h00
Vent
0.95 m/s
Pression
1015 hPa
Humidité
90 %

Sondage