Procès Péchier : des "failles" évocatrices d'un tueur en série selon un enquêteur

Publié le 29/11/2025 - 08:21
Mis à jour le 29/11/2025 - 08:06

"Manipulateur" et "menteur pathologique", Frédéric Péchier a agi pour combler des "failles personnelles" qui évoquent le profil d'un "tueur en série", a affirmé vendredi 28 novembre 2025 devant la cour d'assises du Doubs un enquêteur chargé d'éclairer la personnalité de l'ex-anesthésiste, accusé de 30 empoisonnements, dont 12 mortels.

Fréderic Péchier © Élodie R.
Fréderic Péchier © Élodie R.

Dans cette affaire, "le mobile peut paraître futile, mais il tient en fait à la personnalité même du Dr Péchier: ses failles personnelles qu'il a essayé de combler, ses fragilités, sa relation de couple et son parcours", a asséné le commandant de police Laurent Dumont.

"La seule façon qu'il a trouvé pour surnager c'est de commettre des empoisonnements", a encore dit le policier, persuadé de la culpabilité du médecin bien que celui-ci ait toujours clamé son innocence. Parmi ces "failles personnelles", M. Dumont a cité le "sentiment de rejet de son père" éprouvé par un accusé qui "se voit comme le vilain petit canard", alors qu'il a "besoin de reconnaissance et d'être considéré comme le meilleur".

Frédéric Péchier a le sentiment qu'il n'obtiendra "jamais" la reconnaissance de ses pairs car il court en vain "après celle de son père", lui aussi anesthésiste, a-t-il analysé. "C'est un marqueur très fort, chez le tueur en série, le sentiment de rejet", a ajouté M. Dumont, qui travaille à l'Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) de Nanterre, notamment spécialisé dans les faits sériels.

"Un sentiment d'infériorité par rapport à sa femme"

Une autre "faille", selon l'enquêteur, réside dans la relation "totalement déséquilibrée" que Frédéric Péchier entretenait avec Nathalie, son épouse dont il est aujourd'hui séparé. Nathalie est cardiologue, une spécialité considérée comme le "top du top" dans les professions médicales : l'accusé a donc eu "un sentiment d'infériorité par rapport à sa femme", et celle-ci, parce qu'elle lui reprochait de passer trop de temps à la clinique et pas assez à la maison, l'a "empêché de travailler autant qu'il le (voulait) pour se sentir le meilleur", selon M. Dumont.

"Il préfère les entraîner avec lui que d'avouer"

Jeudi, au dernier jour d'une longue séquence de deux mois d'audience consacrée à l'examen des faits qui lui sont reprochés, Frédéric Péchier a une nouvelle fois clamé son innocence. "Je maintiendrai toujours que je ne suis pas l'empoisonneur", a-t-il martelé, inébranlable. "La seule chose qui compte pour lui", a analysé l'enquêteur de personnalité, c'est de "convaincre sa famille", appelée à la barre à partir de lundi.

"Il préfère les entraîner avec lui que d'avouer. L'espoir de la vérité viendra peut-être de la famille Péchier, qui sont des gens bien. Ils l'aiment, ils lui pardonneront", a commenté le policier. Le témoin a par ailleurs évoqué deux précédents dossiers qui ont, selon lui, forcément influencé l'accusé : la mort d'une patiente en 1984 dans un hôpital de Poitiers, pour laquelle trois médecins rivaux seront finalement acquittés, et 14 cas d'euthanasie recensés par la justice entre 1998 et 2001 au CHU de Besançon.

"Ce n'est pas possible qu'il n'ait pas été influencé"

A Poitiers, le père de l'accusé était anesthésiste dans le service concerné, sans être impliqué. Frédéric Péchier était adolescent, "ce n'est pas possible qu'il n'ait pas été influencé", a estimé M. Dumont. Et dans l'affaire des euthanasies de Besançon, il n'a joué aucun rôle mais était interne dans le service, a observé le policier, pour qui "l'affaire Péchier, c'est une réplique de ces deux affaires".

L'accusé, qui comparaît libre, encourt une peine de réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu d'ici au 19 décembre.

(AFP)

Justice

Procès Zepeda pour l’assassinat de Narumi Kurosaki : de nouvelles recherches sur un ADN inconnu

Dix ans après la disparition d'une étudiante japonaise à Besançon, la cour d'assises du Rhône a demandé mercredi 18 mars 2026 à la police de tenter d'identifier un ADN trouvé sur son oreiller, accédant à la demande des avocats de son ex-petit ami chilien Nicolas Zepeda, rejugé pour assassinat.

Féminicide : Nicolas Zepeda jugé une troisième fois pour l’assassinat de Narumi Kurosaki

Le Chilien Nicolas Zepeda est jugé pour la troisième fois, à partir de mardi 17 mars 2026 à Lyon, pour l'assassinat en 2016 de son ex-petite amie japonaise à Besançon et devrait, sauf coup de théâtre, continuer à nier malgré des indices confondants. Même en l'absence de cadavre, de preuve et d'aveu, il a déjà été condamné deux fois à 28 ans de prison, en 2022 puis en appel en 2023, un verdict annulé par la Cour de cassation en 2025 pour un vice de procédure. 

Fraude et travail illégal : la gendarmerie du Doubs a saisi 7,5 millions d’euros en 2025

La gendarmerie du Doubs a saisi près de 7,5 millions d'euros d'avoirs criminels en 2025, dans le cadre de la lutte contre le travail illégal et la fraude, a annoncé samedi 14 mars 2026 la colonelle Elodie Montet, commandante du groupement départemental. Les avoirs criminels sont les profits issus d'une activité criminelle ou délictuelle.

Jugement de Frédéric Vuillaume et Toufik de Planoise à Besançon : un rassemblement de soutien le 12 mars

Frédéric Vuillaume secrétaire général de Force Ouvrière Bourgogne-Franche-Comté, et de Toufik-de-Planoise, journaliste indépendant, seront jugés en appel le 12 mars prochain par la Cour d'appel de Besançon. Un rassemblement pour soutenir les accusés est prévu par le syndicat Force Ouvrière. 

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 2.3
légère pluie
le 26/03 à 09h00
Vent
2.68 m/s
Pression
1017 hPa
Humidité
90 %