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Suisse: la Finma exhorte les banques à lutter davantage contre le blanchiment d'argent

Mark Branson directeur de e la Finma, l'autorité suisse de surveillance des marchés © finma - cliquez sur l'image pour agrandir

L'autorité de surveillance des marchés en Suisse a appelé les banques à se montrer "plus courageuses" pour rapporter les cas suspects de blanchiment d'argent, pointant que les risques s'étaient accrus avec leur expansion dans les pays émergents.

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Le blanchiment est un problème international, comme l'a une fois encore montré le récent scandale des "Panama Papers", mais la Suisse, en tant que première place mondiale pour la gestion de fortune, y est particulièrement exposée, a mis en garde son directeur. "Le risque de blanchiment d'argent en Suisse s'est accru", a affirmé le britannique Mark Branson, qui a repris les commandes de la Finma, l'autorité suisse de surveillance des marchés, lors de la conférence annuelle de l'institution à Berne. "De nombreuses banques de gestion de fortune acceptent de plus en plus de capitaux provenant de marchés éloignés qui leur sont historiquement peu familiers", a-t-il ajouté, pointant que ces nouveaux marchés présentaient également de nouveaux risques. De nombreuses banques suisses ont mis le cap sur les pays émergents, en particulier sur l'Asie mais aussi sur l'Amérique latine ou le Moyen Orient, qui se posent comme des marchés à fort potentiel avec la montée en puissance d'une nouvelle classe de très grosses fortunes.

Mark Branson a toutefois insisté sur le fait qu'il était souvent plus difficile de déterminer l'origine des fonds dans les pays émergents ou en voie de développement que dans les pays industrialisés. Parmi les récents exemples marquants, il a cité le cas du scandale de corruption autour de la société brésilienne Petrobras ainsi que du fonds souverain malaisien 1MDB, expliquant que la Finma avait procédé à des investigations auprès de 20 banques et entamé des procédures à l'encontre de 7 d'entre elles. Loin de "vouloir jeter l'opprobre sur toute la place financière", il a noté que les trois quart des banques examinées avaient respecté leurs obligations dans l'affaire Petrobras. "Ce n'était pas le cas du quart restant, et c'est toujours un quart de trop", a-t-il déclaré, soulignant que ces scandales, bien que leurs ramifications s'étendent aussi à d'autres pays, entachait la réputation de la Suisse.

Pour lutter contre le blanchiment d'argent, la Finma a renforcé sa surveillance, notamment en établissant un système de classement des banques en fonction de leur profil de risque. Plus une banque a de comptes auprès de sociétés dite "de domicile", c'est-à-dire qui n'ont qu'une présence administrative en Suisse sans y exercer d'activités commerciales, plus sa note en matière de blanchiment est élevée, a-t-il expliqué, ajoutant que 14 d'entre elles étaient actuellement en "zone rouge". Mais il a également appelé les banques à faire part plus systématiquement de leurs soupçons, sans se limiter aux cas avérés, comme l'impose la législation suisse. "Si les clients supposent que les banques signaleront probablement les fonds d'origine suspecte, ils seront moins tentés d'introduire ceux-ci en Suisse", a-t-il fait valoir. Mark Branson a relevé que les informations dont dispose le Bureau de communication en matière de blanchiment d'argent (MROS) en Suisse résultent pour 18% de notifications de procédures internes menées par les banques, tandis que 28% se fondent sur des informations issues des médias. "Les banques doivent être davantage enclines à transmettre des informations  dès l'apparition de soupçons concrets, et non pas lorsque les scandales ont déjà été rendus publics par les médias", a-t-il averti.

(Source : AFP)

Damien

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