Concert de Laurent Garnier : pour la Ville événements culturels et bien-être animal peuvent aller de pair

Publié le 02/04/2025 - 17:15
Mis à jour le 06/04/2025 - 09:15

Le 15 juin 2025, la Citadelle de Besançon servira d’écrin au prochain concert de Laurent Garnier, invité du premier festival électro de l’association 100 filtres. Si les 1500 billets ont trouvé preneur en moins d’une heure, la nouvelle n’a pas fait que des heureux. À commencer par l’association Humanimo qui a lancé une pétition en ligne pour demander qu’un autre lieu soit trouvé. La raison ? La proximité du parc zoologique et de ses occupants. Une position dont s’est défendue la Ville de Besançon, arguant qu’événements culturels et bien-être étaient compatibles lors d’une conférence de presse mardi 1er avril 2025.

Pour François Bousso, conseiller municipal de la Ville de Besançon chargé de la Citadelle, la polémique n’a pas lieu d’être surtout lorsque "depuis trois ans la Ville de Besançon et les élus sommes engagés dans une démarche tout à fait novatrice, unique en France autour du bien-être animal". L’élu explique "on a monté une démarche à la fois scientifique, politique, philosophique qui a produit un livrable de plus de 50 pages" menée avec "des associations animalières, des universitaires, des vétérinaires, des citoyens etc" mais dont les conclusions ne peuvent pas encore être présentées aujourd'hui. Alors lorsque l’on aborde la cohabitation entre développement culturel de la Citadelle et la question du bien-être animal, il devient utile pour la Ville de "repréciser et expliquer la réglementation et les mesures qui sont prises à la Citadelle dans le cadre d’événements culturels en lien avec la présence d’une faune située in situ et ex situ au site et la présence d’un jardin zoologique". 

© Élodie R.

Dans sa pétition qui a recueilli plus de 22.000 signatures, Humanimo pointe du doigt un zoo situé "à quelques pas", avec des animaux "enclavés dans un endroit sinistre", "paniqués et tétanisés assiégés par les décibels et les hurlements de 1500 participants à un concert techno". Plan à l’appui, le directeur de la Citadelle Alexandre Arnodo rappelle en réalité que ce sont 365 m qui séparent le concert situé dans le parc Saint Etienne et le zoo situé en contrebas du site. 

Une configuration inédite

Si "une barrière naturelle", du fait de la configuration vallonnée du site, est déjà présente, François Bousso ajoute qu’une disposition novatrice sera mise en place pour la venue de Laurent Garnier. À la demande de l’artiste de jouer au plus proche des spectateurs plutôt que sur une scène, il s'installera à même le sol au niveau de l’hexagone du parc, avec le son "tourné vers le centre-ville et Bregille" faisant dos à un premier enclos de 8.000 m carré hébergent six animaux. Ceux-ci disposent d'ailleurs d'après la Ville "d’un espace suffisamment grand pour trouver refuge" s’ils sont incommodés notamment grâce à "une zone en creux située derrière le hangar aux manoeuvres et non visible du public". 

Le concert aura lieu plutôt en journée (de 15h30 à 22h30) et durant tout ce temps, le même protocole mais cette fois renforcé, sera mis en place pour veiller au respect de la réglementation. Des relevés à l’aide de sonomètres seront réalisés pour veiller au respect des 102 décibels maximum en plein air, tout comme une étude du comportement animalier avant, pendant et après le concert. Ces relevés seront ensuite transmis à un éthologue extérieur. Un point sur lequel insiste l’élu. Par "souci d’objectivité, ce ne sont pas les élus, ni les soignants du parc" qui tirent le bilan.

"On n'est pas en train d'organiser une rave party"

Des observations réalisées lors de concerts antérieurs ont permis "d’apporter des mesures correctives, en se basant sur le retour des éthologues" détaille la directrice du parc zoologique Margaux Pizzo. Ce protocole a également permis de montrer qu’il n’y avait pas d’impact sur les animaux lors des événements culturels à la Citadelle de Besançon, comme nous l’explique François Bousso dans notre vidéo. Les relevés faisaient par ailleurs part d'un son avoisinant plutôt les "80-90 décibels maximum" et de 70 décibels max à l'entrée de l'enclos du parc Saint-Etienne.

Quant à la faune sauvage présente sur le site, les périodes de nidification des faucons pèlerins et grands ducs "seront terminées et les juvéniles seront assez autonomes pour fuir et revenir si besoin". Enfin, les vibrations générées par le bruit ne devraient pas de perturber les chauves-souris qui ont pris l’habitude de nicher "dans le tunnel où se trouvent les chambres froides qui génèrent elles-mêmes des vibrations" explique Alexandre Arnodo. De plus, celui-ci est situé à 400 m du concert et le corridor de sortie des volatiles n’emprunte pas le parc Saint-Etienne. 

"J’invite les gens à revisiter le site et à avoir un certain bon sens" a tenté de tempérer François Bousso qui regrette "la façon dont la pétition a été rédigée". Bien qu’il "partage leur rôle", l'élu déplore surtout "une rédaction malhonnête" de la part d’Humanimo évoquant une pétition rédigée sous "la forme émotionnelle pour pouvoir capter du pétionnat". Or "on n'est pas en train d’organiser une rave party au milieu du parc" a-t-il avancé avant de confirmer que "l’on va continuer de dialoguer avec eux. Ça a eu le mérite d’interroger la population sur cette nécessaire cohabitation c’est la chose positive que je vais retenir. Avançons, dialoguons et expliquons".

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