Coronavirus : une transmission possible de la mère au bébé ?

Publié le 10/07/2020 - 16:30
Mis à jour le 10/07/2020 - 16:16

Une femme enceinte positive au coronavirus pourrait transmettre le virus à son bébé à naître, mais il est « trop tôt pour évaluer clairement le risque », selon une étude, apprend-on ce mois de juin 2020.

 © Rawpixel/Pixabay
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C'est une nouvelle étude inquiétante concernant le coronavirus. D'après « de solides preuves » dévoilées par des chercheurs, les mères enceintes positives au virus pourraient le transmettre à leurs enfants à naître. Bien qu'il n'y ait eu que des cas isolés de bébés infectés par le nouveau coronavirus, les résultats de cette étude montrent le lien le plus fort à ce jour sur la transmission mère-enfant. Les chercheurs ont étudié 31 femmes enceintes hospitalisées infectées et ont trouvé le virus dans un placenta à terme, le cordon ombilical, le vagin d'une femme et dans le lait maternel.

Ils ont également identifié des anticorps spécifiques du Covid-19 dans les cordons ombilicaux chez plusieurs femmes ainsi que dans des échantillons de lait. Claudio Fenizia, de l'université de Milan et auteur principal de l'étude, a déclaré que les résultats « suggèrent fortement » qu'une transmission in utero est possible. « Compte tenu du nombre de personnes infectées dans le monde, le nombre de femmes susceptibles d'être touchées par ce phénomène pourrait être potentiellement très élevé », a-t-il expliqué à l'Agence France-Presse.

Un risque « relativement faible » pour les enfants

Aucun des nourrissons nés au cours de la période d'étude n'était positif au Covid-19, a souligné le chercheur. « Bien que la transmission in utero semble possible, il est trop tôt pour évaluer clairement le risque et les conséquences potentielles », a-t-il dit. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué le mois dernier que les mères infectées par le nouveau coronavirus devraient continuer à allaiter. « Nous savons que les enfants courent un risque relativement faible de Covid-19, mais sont à risque élevé de nombreuses autres maladies et affections que l'allaitement maternel empêche », a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Entre autres découvertes, l'équipe a identifié une réponse inflammatoire spécifique déclenchée par le Covid-19 chez ces femmes dans le plasma sanguin du placenta et du cordon ombilical. Les femmes étudiées étaient toutes dans leur troisième trimestre de grossesse, a précisé le chercheur ajoutant que davantage de recherches sont en cours parmi des femmes positives au Covid-19 aux premiers stades de la grossesse. « Notre étude vise à sensibiliser et à inviter la communauté scientifique à considérer la grossesse chez les femmes séropositives comme un sujet urgent à caractériser et décortiquer davantage », a lancé le Pr Fenizia.

« Je crois que la promotion de la prévention est le conseil le plus sûr que nous pourrions éventuellement donner dès maintenant à ces patientes. » L'étude a été rendue publique lors de la 23e conférence internationale sur le sida organisée cette semaine, pour la première fois en ligne en raison de la pandémie du Covid-19.

(Source AFP)

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