Des policiers "usés"

Publié le 08/04/2016 - 08:50
Mis à jour le 08/04/2016 - 09:58

Quelques milliers de policiers – 8.000 selon l’organisateur, plus de 2.000 selon d’autres sources policières – ont manifesté ce jeudi 7 avril dans les rues de Paris afin de réclamer, entre autre, l’augmentation d’une « prime de risque » sur fond d’attentat et d’état d’urgence qui « use » les troupes. Près de 200 policiers de Bourgogne Franche-Comté ont fait le déplacement.

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Unité-police SGP-FO, second syndicat de gardiens de la paix, avait appelé ses troupes à manifester aux environs de la place Beauvau, siège du ministère de l'Intérieur, jusqu'à ceux de Matignon, sans passer par ces lieux symboliques.  Le syndicat s'estime insatisfait des promesses du gouvernement faites en 2015 à la suite d'une première manifestation ayant rassemblé place Vendôme des milliers de policiers à l'appel de tous leurs syndicats, du gardien au commissaire. 

Le président de la République avait alors reçu les représentants des policiers et des gendarmes annonçant la mise en place d'un plan global et promettant des moyens, des améliorations de carrière et de travail, selon un plan triennal. Pour FO, a dit son secrétaire général Yves Lefebvre à l'AFP, "le compte n'y est pas". Le point d'achoppement, selon lui, est une "revalorisation conséquente" de l'indemnité dite de sujétions spéciales (ISSP), la "prime de risque" dans le jargon policier.  

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a proposé cette semaine aux eprésentants des forces de l'ordre une augmentation de deux points sur quatre années de l'ISSP, selon les syndicats de police, ainsi que des amélioration de carrières.  Il est prévu de signer un protocole d'accord lundi prochain à Beauvau avant une nouvelle rencontre avec François Hollande mardi comme celui-ci s'y était engagé. "Ce n'est pas assez au regard de l'effort fourni par nos collègues" depuis les attentats et la mise en place de l'état d'urgence fin 2015, dit M. Lefebvre.  "Ça peut paraître obscène de manifester en ce moment", a renchéri Jean-Pierre, un manifestant en poste en Haute-Normandie. Mais il n'"est pas incongru de demander notre juste dû au gouvernement. On est usés, épuisés". Les autres syndicats de police, sollicités par Unité-SGP, n'avaient pas appelé à manifester. 

 Jean-Claude Delage, secrétaire général d'Alliance (1er syndicat de gardiens), a déclaré  "être "toujours dans la négociation" notant des"avancées", des "verrous (qui) ont sauté". "Rien n'est conclu", selon lui, mais son syndicat, selon des membres de l'administration policière,"devrait signer" le protocole.  "C'est bizarre", a dit l'un d'eux sous anonymat, "c'est un syndicat (Alliance) réputé proche de la droite qui va signer" et "un syndicat réputé proche de la gauche (Unité SGP) qui manifeste". 

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