FO réagit à la démission de Marie-Guite Dufay : un bilan jugé "néfaste pour les agents”

Publié le 27/06/2025 - 14:30
Mis à jour le 27/06/2025 - 14:20

Une semaine après l’annonce du départ de Marie-Guite Dufay de la présidence de la Région Bourgogne-Franche-Comté dans un courrier le 20 juin 2025 Force ouvrière du Conseil régional de Franche-Comté réagit dans un communiqué. Si le syndicat dit ”respecter ce choix personnel”, il dresse également un bilan sévère de son action en tant qu’employeuse.

Frédéric Vuillaume et Marie-Guite Dufay  © Alexane Alfaro
Frédéric Vuillaume et Marie-Guite Dufay © Alexane Alfaro

Dans le courrier adressé aux agents du Conseil régional, Marie-Guite Dufay a annoncé qu’elle quitterait ses fonctions "dans les prochaines semaines”. Elle y exprime sa reconnaissance envers les personnels territoriaux : ”Durant ces dix-sept années, j’ai pu mesurer, jour après jour, la qualité de votre engagement, votre sens du service public […] J’ai fait ici beaucoup de belles rencontres qui continueront à me marquer durablement.” Elle affirme quitter ses fonctions ”en toute confiance dans [s]a majorité et dans l’administration régionale pour poursuivre le travail avec cœur et efficacité”.

Un bilan social vivement contesté

Dans un communiqué daté du 27 juin, Force Ouvrière Conseil régional de Franche-Comté, par la voix de Frédéric Vuillaume, prend acte de cette démission tout en dénonçant le bilan social de la présidente sortante : ”Nous souhaitons vous rappeler votre bilan comme employeur régional, ces choix politiques néfastes que vous avez faits vont à l’encontre des intérêts des agents de votre collectivité.”

FO cite plusieurs mesures controversées, dont la fermeture de certaines Équipes mobiles d’ouvriers professionnels spécialisés (EMOPS) en 2013, et le ”plan lycée” de 2014 qui visait à supprimer plusieurs établissements (Montjoux à Besançon, le Corbusier à Lons-le-Saunier et Diderot à Bavilliers), projet finalement abandonné face à la mobilisation des personnels.

Autre point de discorde : la mise en place en 2017 du contrat social global, après la fusion des anciennes régions. FO critique notamment l’annualisation du temps de travail à 1607 heures, imposée selon eux ”cinq ans avant l’obligation légale de 2022”, entraînant une perte de jours de congés. ”Vous avez refusé d’aligner les régimes indemnitaires sur le plus favorable alors que vous, élus du conseil régional, vous vous êtes tous augmentés vos indemnités de 20 %”, ajoute le syndicat.

FO souligne également : "Nous n’avons pas oublié que vous étiez aussi favorable à la réforme des retraites à point que nous avons également combattu avec force et détermination."

Enfin, FO revient aussi sur une mesure adoptée en 2022, qu’il juge particulièrement préoccupante : la limitation du remplacement des agents en arrêt maladie, désormais conditionnée à un délai de 15 jours. Aucune suppléance n’est prévue dans les lycées jugés ”surdotés”. ”Cette mesure que nous qualifions de criminelle a pour effet de dégrader fortement la santé et la sécurité des agents, dont la majorité ont plus de 50 ans", dénonce Frédéric Vuillaume.

Une opposition syndicale qui ne s'arrêtera pas

Tout au long du mandat de Marie-Guite Dufay, FO affirme avoir ”combattu avec force et détermination” ce qu’il considère comme une politique d’austérité aux dépens des personnels et du service public. Le syndicat conclut : ”Nous continuerons à le faire avec ceux qui vous succèderont.”

La succession de Marie-Guite Dufay, en poste depuis 2008, reste pour l’instant ouverte malgré deux candidats ”favoris”. FO entend rester mobilisé face aux décisions de la future gouvernance régionale.

Politique

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