Don d’organes : le CHU Besançon Franche-Comté multiplie les actions de sensibilisation auprès du public

Publié le 10/06/2026 - 09:45
Mis à jour le 10/06/2026 - 09:47

À l’occasion de la Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe, et de reconnaissance aux donneurs le 22 juin 2026, le CHU Besançon Franche-Comté organise plusieurs événements destinés à informer et sensibiliser le grand public. L’établissement met l’accent sur un message central : connaître la réglementation, exprimer sa position sur le don d’organes et de tissus et, surtout, en parler à ses proches.

 © Alexane Alfaro
© Alexane Alfaro

Le don d’organes et de tissus permet chaque année de sauver ou d’améliorer la vie de milliers de patients. Greffes de rein, de foie, de cœur, de poumons ou encore de cornées reposent sur une chaîne de solidarité associant donneurs, familles et professionnels de santé. Dans ce contexte, le CHU Besançon Franche-Comté rappelle le principe du consentement présumé en vigueur : ”En France, chacun est présumé donneur d’organes et de tissus après sa mort, sauf s’il a exprimé son refus de son vivant.” Ce refus peut être communiqué à ses proches, rédigé par écrit ou inscrit sur le registre national des refus.

Toutefois, lorsque la situation se présente à l’hôpital, les équipes médicales interrogent les proches afin de connaître la volonté du défunt.

”Le plus important : en parler à ses proches”

Pour le CHU, la sensibilisation passe avant tout par le dialogue familial. L’établissement insiste sur l’importance d’exprimer clairement sa position de son vivant : "le plus important, c’est d’en parler.” L’établissement souligne également les conséquences concrètes de cette démarche : ”En parler, c’est permettre à ses proches de connaître sa position. En parler, c’est éviter qu’ils aient à s’interroger dans un moment de sidération et de douleur. En parler, c’est faire respecter sa volonté.”

Une procédure strictement encadrée

Le don d’organes après le décès ne peut être envisagé que dans des situations médicales précises. Le CHU rappelle notamment le cadre entourant la mort encéphalique qui "correspond à la destruction totale et irréversible du cerveau. Elle est diagnostiquée par les médecins selon une procédure stricte, puis confirmée par des examens complémentaires.” L’établissement précise qu’”aucune démarche de prélèvement ne peut être engagée sans confirmation médicale du décès”.

Lorsque le don est envisageable, la Coordination hospitalière des prélèvements d’organes et de tissus (CHPOT) intervient aux côtés des équipes médicales. Elle accompagne les familles, répond à leurs interrogations et recueille le témoignage de la volonté du défunt. Si une opposition est connue, la procédure est immédiatement interrompue.

Au CHU Besançon Franche-Comté, la CHPOT est entièrement dédiée à cette activité. Elle assure l’identification des donneurs potentiels, la coordination des prélèvements, l’accompagnement des proches et le respect du cadre légal.

La coordination participe également à des actions de sensibilisation auprès des établissements scolaires, des professionnels de santé et du grand public tout au long de l’année.

Un prélèvement réalisé dans le respect du défunt

Le CHU rappelle que le prélèvement est effectué au bloc opératoire dans les mêmes conditions qu’une intervention chirurgicale classique. Après l’intervention, le corps est restauré avec soin avant d’être restitué à la famille. Les proches peuvent également, s’ils le souhaitent, recevoir ultérieurement des informations générales sur les greffes réalisées, dans le respect strict de l’anonymat.

Deux rendez-vous ouverts au public à Besançon

Dans le cadre de la mobilisation nationale autour du 22 juin, le CHU propose deux événements à destination du grand public.

Le premier se tiendra le dimanche 14 juin, de 9 heures à 18 heures, au Village santé du festival Grandes Heures Nature, à Chamars. Les visiteurs pourront échanger avec les professionnels de la Coordination hospitalière des prélèvements d’organes et de tissus, poser leurs questions et obtenir des informations sur le don d’organes.

Le second rendez-vous aura lieu le lundi 22 juin à 20 heures au cinéma Mégarama Marché Beaux-Arts de Besançon. Le CHU organise un ciné-débat autour du documentaire Le Désert à Plein Poumons, réalisé par Alexandre Allain, lui-même greffé des poumons.

À l’issue de la projection, un débat réunira le réalisateur, d’autres témoins,dont un patient greffé et une famille de donneur, ainsi qu’Armand Dirand, philosophe.

Une activité importante de prélèvement et de greffe

En 2025, l’activité de la Coordination hospitalière des prélèvements d’organes et de tissus du CHU Besançon Franche-Comté a concerné 68 donneurs potentiels. Parmi eux, 34 ont fait l’objet d’un prélèvement, tandis que 21 refus et 7 contre-indications ont été recensés.

Les prélèvements ont permis de recueillir 67 reins, 28 foies, 11 cœurs, 9 poumons, 1 pancréas, 4 pancréas ou îlots, 172 cornées, 10 prélèvements d’épiderme et 6 prélèvements de tissus artério-veineux.

Parallèlement, l’établissement poursuit son activité de greffe. En 2025, le CHU a réalisé 55 greffes rénales, dont 3 avec donneur vivant, 47 greffes hépatiques, 113 greffes de cornées, ainsi que 46 autogreffes et 57 allogreffes de moelle.

Selon le CHU, ”ces chiffres traduisent l’engagement constant des équipes du CHU Besançon Franche-Comté dans la chaîne du don, du prélèvement et de la greffe”.

Un message de sensibilisation

Le don d’organes demeure un sujet sensible, souvent associé aux questions de la mort, du deuil ou de l’intimité. Pour autant, le CHU insiste sur l’importance d’une discussion préalable au sein des familles : ”Dire « je suis donneur » ou « je ne souhaite pas donner » permet de faire connaître clairement sa volonté. Cette parole est précieuse pour les familles comme pour les équipes hospitalières.”

À l’occasion de la Journée nationale du 22 juin, l’établissement invite chacun à s’informer et à partager sa position avec ses proches. Son message reste inchangé : ”Don d’organes et de tissus : le plus important, c’est d’en parler.”

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