Cette estimation, réalisée trois semaines après la fin de la vague de chaleur, demeure provisoire et devra être confirmée à l’automne dans le cadre du bilan de fin de surveillance estivale.
L’épisode de chaleur est présenté comme l’un des plus marquants jamais observés en France. Les 24 et 25 juin ont constitué les journées les plus chaudes jamais enregistrées à l’échelle nationale, avec une température moyenne sur 24 heures atteignant pour la première fois 30 °C, selon Météo-France.
Des records de températures maximales ont été relevés dans plusieurs villes, notamment 42,5 °C à Bordeaux, 40,1 °C à Paris, 42,7 °C à Niort, 43 °C à Brive et 43,8 °C à Saintes.
Santé publique France souligne que ” cette période de canicule survenue du 17 juin au 2 juillet 2026, d’une sévérité exceptionnelle — son intensité dépassant même celle d’août 2003 — se distingue aussi par sa précocité et sa durée inédites.”
Un excès de mortalité pour toutes les classes d’âge à partir de 15 ans
L’excès de mortalité a concerné l’ensemble des classes d’âge à partir de 15 ans, avec une augmentation particulièrement marquée dès 45 ans. En revanche, aucun excès de mortalité n’a été observé chez les moins de 15 ans.
Les personnes âgées de 75 ans et plus représentent les deux tiers du bilan provisoire, avec 3 719 décès en excès, soit une hausse de 33,3 %.
Santé publique France indique qu"'un excès de mortalité toutes causes a été observé de manière inédite pour toutes les classes d’âge à partir de 15 ans, avec une augmentation marquée des décès dès 45 ans, soulignant l’impact sanitaire lié à l’intensité remarquable et la durée de l’exposition à la chaleur de la population.”
Plus de la moitié (56 %) des décès supplémentaires estimés ont été enregistrés entre le 25 et le 27 juin.
L’augmentation de la mortalité a été observée dans l’ensemble des principaux lieux de décès. Les décès toutes causes ont progressé aussi bien dans les établissements hospitaliers qu’au domicile ou dans les EHPAD et maisons de retraite.
L’Île-de-France particulièrement touchée
L’excès de mortalité a concerné toutes les régions métropolitaines à l’exception de la Corse, de l’Occitanie et de Provence-Alpes-Côte d’Azur, où l’exposition à la chaleur a été jugée moins intense.
L’Île-de-France est la région la plus affectée avec près de 2 000 décès toutes causes en excès, soit une hausse de 81,2 %.
Les autres régions les plus touchées sont :
- le Grand Est, avec 635 décès en excès (+ 38,9 %) ;
- les Pays de la Loire, avec 553 décès en excès (+ 55,2 %) ;
- le Centre-Val de Loire, avec 511 décès en excès (+ 62,6 %).
Des données provisoires
Santé publique France rappelle que ces résultats reposent sur des données administratives transmises par les bureaux d’état civil via l’Insee. Elles proviennent d’un échantillon d’environ 5 000 communes, couvrant 84 % de la mortalité nationale, puis sont extrapolées à l’ensemble du territoire.
L’agence précise que ”Ces données constituent une première estimation de l’impact de la canicule sur la mortalité toutes causes, réalisée et publiée 3 semaines après la fin de la vague de chaleur et sont donc non consolidées. Elles devront être confirmées par les analyses plus précises du bilan de fin de période de surveillance estivale, à l’automne.”
Les informations ne portent pas sur les causes médicales des décès. Elles incluent notamment l’âge et le lieu du décès, avec une prudence recommandée concernant la distinction entre le domicile et les EHPAD ou maisons de retraite.
Une méthode fondée sur un modèle européen
Pour estimer l’excès de mortalité, Santé publique France compare le nombre quotidien de décès observés à un nombre attendu calculé grâce à un modèle statistique adapté du projet EuroMomo, utilisé dans 28 pays européens.
Ce modèle s’appuie sur les données historiques des six dernières années, les tendances générales et les variations saisonnières, tout en excluant les périodes d’événements extrêmes. Les calculs sont réalisés à l’échelle départementale, pour l’ensemble de la population et par classes d’âge.
L’estimation consolidée de l’excès de mortalité sur l’ensemble de l’été, ainsi que le détail par épisode de chaleur, sera publiée à l’issue de la période de surveillance estivale.


