Santé publique France a publié vendredi 24 juillet 2026 son bulletin de surveillance épidémiologique des noyades pour la période du 1er mai au 15 juillet 2026. Réalisée en collaboration avec le Système national d'observation de la sécurité des activités nautiques (Snosan), cette surveillance recense l'ensemble des noyades accidentelles prises en charge par une structure d'urgence ou suivies d'un décès sur le lieu de l'accident, en métropole et dans les départements et régions d'outre-mer.
Cette édition marque une évolution du dispositif : la période de surveillance est désormais étendue du 1er mai au 30 septembre, contre du 1er juin au 30 septembre entre 2023 et 2025.
Une augmentation des noyades en 2026
Entre le 1er mai et le 15 juillet 2026, 925 noyades ont été enregistrées en France, dont 274 suivies d'un décès sur le lieu de noyade, soit une proportion de 30 %.
Selon Santé publique France, ”le nombre total de noyades est en augmentation de 14 % par rapport à 2025 pour la même période”. En revanche, si le nombre de décès passe de 241 en 2025 à 274 en 2026, cette hausse est qualifiée de ”statistiquement non significative”.
Les périodes de canicule concentrent la majorité des accidents
Le bulletin met en évidence un lien marqué entre les épisodes de fortes chaleurs et les noyades.
Ainsi, 73 % des noyades (675 cas) et 79 % des noyades mortelles (216 cas) sont survenues pendant l'une des trois périodes de vigilance canicule, alors que celles-ci représentaient 50 % des jours couverts par la surveillance.
La première période de vigilance, du 24 au 31 mai 2026, a été particulièrement marquante avec 134 noyades, dont 48 décès, contre respectivement 67 noyades et 18 décès sur la même période en 2025. Cela représente une hausse de 100 % des noyades et de 167 % des décès.
Les deux autres périodes de vigilance canicule, du 16 juin au 3 juillet puis du 4 au 15 juillet, ont totalisé 307 puis 234 noyades, dont respectivement 103 et 65 décès.
Les adultes davantage concernés par la hausse
Les noyades mortelles ont concerné 37 enfants et adolescents, soit un nombre identique à celui observé en 2025 sur la même période. Le bulletin précise qu'”une noyade sur trois chez les 13-17 ans a été suivie d'un décès”.
Santé publique France souligne toutefois que ”l'augmentation du nombre total de noyades observée en 2026 a concerné principalement les adultes”.
La Bourgogne Franche-Comté parmi les régions les plus touchées
Par rapport à 2025, les régions de l'intérieur sans façade maritime enregistrent la plus forte hausse des noyades. Le nombre total de noyades y passe de 180 à 267, soit une augmentation de 48 %, tandis que les noyades mortelles progressent de 70 à 102 (+46 %).
Les hausses les plus marquées concernent l'Auvergne-Rhône-Alpes, la Bourgogne-Franche-Comté et l'Île-de-France.
Selon le bulletin, ”les baignades en milieu naturel dans des lieux non aménagés et interdits à la baignade, particulièrement pendant les périodes de vigilance canicule, peuvent expliquer en grande partie ces augmentations”.
La situation de l'Île-de-France est particulièrement mise en avant : le nombre de noyades mortelles y passe de 14 en 2025 à 35 en 2026, dont 15 en Seine-et-Marne, contre 5 l'année précédente.
Les décès en piscine ont doublé
Au niveau national, le nombre de noyades suivies de décès en piscine et autres lieux de baignade artificiels aménagés est passé de 31 à 60 entre 2025 et 2026.
Ces décès concernent majoritairement des adultes (48 cas sur 60) et sont répartis dans 12 des 13 régions de l'Hexagone. Par ailleurs, 45 % de ces noyades mortelles ont eu lieu dans les régions de l'intérieur.
Le bulletin avance plusieurs hypothèses explicatives, évoquant notamment ”la recherche de fraîcheur dans les piscines et autres lieux de baignade artificiels aménagés pendant les périodes de vigilance canicule notamment par des personnes ayant surestimé leur capacité et/ou souffrant de pathologies chroniques pouvant entraîner des malaises”.
Les cours d'eau particulièrement meurtriers pour les mineurs
En 2026, les cours d'eau et plans d'eau apparaissent comme les lieux les plus accidentogènes pour les mineurs en matière de noyades mortelles.
Parmi les 37 décès recensés chez les moins de 18 ans, 23 sont survenus dans ces milieux, soit 62 % des noyades suivies de décès dans cette tranche d'âge.
Poursuivre la prévention
En conclusion, Santé publique France rappelle que ”comme les années précédentes, les nombres de noyades et de décès restent élevés en été” et que ”les noyades concernent tous les âges et tous les lieux”.
L'agence estime que ”ces résultats soulignent la nécessité de poursuivre la prévention du risque de noyades à tous les âges, particulièrement pendant les périodes de fortes chaleurs et tant que les conditions de baignade sont propices”.


