Fin du suspense pour la primaire des écologistes

Publié le 28/09/2021 - 08:49
Mis à jour le 28/09/2021 - 08:49

L’eurodéputé Yannick Jadot ou l’écoféministe Sandrine Rousseau: qui portera les couleurs des écologistes à la présidentielle de 2022 ? Verdict mardi à 17H30 avec le résultat du second tour de la primaire qui, au-delà des Verts, aura des conséquences pour toute la gauche.

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Rien ne permet de prédire le choix des plus de 122.000 inscrits à cette primaire, appelés depuis samedi à désigner, par un scrutin en ligne, leur candidat.

Le résultat sera annoncé dans un bar-restaurant de Pantin (Seine-Saint-Denis), non loin des QG des deux finalistes, Yannick Jadot sur une péniche-bar, Sandrine Rousseau dans un restaurant solidaire formant des personnes éloignées de l'emploi.

Arrivé en tête du premier tour avec 27,7% des voix, Yannick Jadot, considéré comme le favori, a devancé de peu Sandrine Rousseau (25,14% des voix). Cette dernière a créé la surprise en se qualifiant au détriment de l'ex-ministre Delphine Batho (22,32%), chantre de "la décroissance", et du maire de Grenoble Eric Piolle (22,29%), qui défendait un "arc humaniste" pouvant rassembler toutes les forces de gauche.

Aucun des deux challengers malheureux n'a donné de consigne de vote pour le second tour. Seul l'entrepreneur Jean-Marc Governatori, bon dernier au premier tour (2,35%), a appelé à voter pour Yannick Jadot.

Les deux finalistes divergent notamment sur la manière de porter l'écologie au pouvoir.

Tenant d'une ligne pragmatique, Yannick Jadot met en avant une écologie "de rassemblement" et "de gouvernement". En face, Sandrine Rousseau défend la "radicalité" et une écologie "qui transforme les modèles de production, sort du productivisme, de la société de consommation".

Dans un parti adepte des retournements de situation, où le favori arrive rarement vainqueur (Cécile Duflot battue en 2016, Nicolas Hulot en 2011,...), "bien malin celui qui peut faire un pronostic", souligne le député ex-LREM Matthieu Orphelin, qui a rallié Yannick Jadot après avoir soutenu Eric Piolle. Mais il voit comme "un signe très positif toutes les grandes voix de l'écologie qui prennent position" pour l'eurodéputé.

S'il estime que les électeurs de Piolle ont pu voter Yannick Jadot, qui a repris certaines des mesures prônées par le maire de Grenoble, "la vrai énigme" concerne, selon lui, ceux qui ont voté pour Delphine Batho, "un électorat difficile à cerner".

"Rassembler les écologistes"

Anne Vignot, la maire EELV de Besançon a finalement indiqué samedi qu'elle soutenait Yannick Jadot, "meilleur candidat" selon elle "pour bâtir un nouveau modèle de société."

Sur le papier, il dispose de plus de soutiens de cadres EELV: les ex-candidates à la présidentielle, Eva Joly et Dominique Voynet, la députée européenne Karima Delli, le président du groupe écologiste au Sénat Guillaume Gontard, le député ex-LREM Aurélien Taché ou encore le maire de Bordeaux Pierre Hurmic.

"Ca aide forcément même si ça ne fera pas la primaire", explique-t-on dans l'entourage de l'eurodéputé, en résumant : "il faut une écologie qui rassemble la société, et pour cela il faut commencer par rassembler les écologistes".

Or Sandrine Rousseau "n'est pas soutenue par les écologistes, mais par des gens qui ont la même cause qu'elle", estime la même source. Si elle gagne, "au bout d'un mois sa campagne peut exploser", du fait de la coupure avec les cadres du parti.

La candidate a reçu de son côté le soutien de figures féministes, telle la conseillère de Paris Alice Coffin et la cinéaste Céline Sciamma.

Et le corps électoral de la primaire n'est constitué "qu'à un peu plus de 12% d'adhérents du pôle écologiste. Ce ne sont pas les ralliements de tel ou tel cadre qui vont faire l'élection mais les 100.000 personnes qui restent", analyse son entourage, estimant que "c'est une erreur politique et stratégique de la mettre au ban du parti pour sauver le soldat EELV".

L'un comme l'autre ont promis de se rallier derrière le vainqueur.

Le résultat sera particulièrement scruté à gauche. Notamment au sein du Parti socialiste et de la France Insoumise qui espèrent, chacun, attirer les déçus de la primaire.

(AFP)

Politique

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