Grand Besançon Métropole trace les contours de son futur réseau piéton

Publié le 26/02/2026 - 10:08
Mis à jour le 01/03/2026 - 09:07

Le conseil communautaire de Grand Besançon Métropole doit examiner jeudi 26 février 2026 le Plan piéton, une démarche engagée en janvier 2025 et présentée par Yves Guyen, vice-président en charge de la voirie, des infrastructures et des réseaux opérationnels.

Sur le territoire de Grand Besançon Métropole (GBM), la marche représente 32 % des déplacements, une part qui atteint 41 % à Besançon. Elle est décrite comme "un mode de déplacement vertueux, économique, bon pour la santé et l'environnement". Sa pratique "est universelle et touche donc une grande part de la population", introduit Yves Guyen.

Adopté en 2025, le Plan de Mobilité préconise la réalisation d’un Plan piéton afin de "rééquilibrer l'espace public en faveur des modes actifs (marche et vélo)". L’ADEME encourage et subventionne par ailleurs les initiatives en faveur de la marche.

L’étude consacrée au Plan piéton a été menée durant un an, entre janvier 2025 et février 2026, pour un coût total de 40 000 euros, dont la moitié financée par l’ADEME. Elle visait à "mieux comprendre les déplacements piétons actuels et potentiels et apporter des solutions pour favoriser la marche", précise le vice-président.

yves Guyen © Alexane Alfaro

3.000 contributions et des "points durs" qui bloquent

La première phase a consisté en un diagnostic. Un potentiel de marche a été calculé à partir des données de population, d’emplois, d’équipements accessibles (commerces, écoles, administrations) et de lieux de mobilité (gares, stations de tramway, pôles d’échanges multimodaux).

Ce travail met en évidence un potentiel important dans plusieurs secteurs de Besançon tels que la Boucle, Battant, Planoise, les Chaprais, mais aussi dans certains centres-bourgs extérieurs, comme Saint-Vit, Saône et Pouilley-les-Vignes.

La concertation a occupé une place centrale dans cette phase, assure GBM. La collectivité fait état de "plus de 3000 contributions aux enquêtes en ligne et cartographie participative" et de "plus de 100 participants aux 11 balades urbaines organisées". La cartographie participative a permis d’identifier des "points durs" jugés bloquants sur certains itinéraires : trottoirs trop étroits, traversées dangereuses, inconfort....

Selon les résultats des enquêtes, "les attentes principales des habitants et associations portent sur la qualité et la continuité des cheminements piétons, la sécurisation des traversées et l'accès aux transports collectifs".

Deux orientations stratégiques

La deuxième phase, consacrée à la stratégie, s’est appuyée sur le diagnostic et sur un atelier réunissant élus et associations. Deux besoins parallèles ont émergé :

le premier concerne la prise en compte des problématiques piétonnes à des échelles locales sur tout GBM. L’objectif est d’améliorer les conditions de marche dans des périmètres de proximité, à 5 ou 10 minutes à pied autour des écoles, mairies, gares, commerces...).

Le second vise la création d'un réseau "magistral" structurant à Besançon pour relier les principaux pôles générateurs de déplacements piétons, où la demande est la plus forte. Ce réseau serait organisé en étoile autour du centre-ville qui concentre les flux de déplacements à pied.

L’enjeu affiché est de "créer des itinéraires continus et confortables sur des axes très fréquentés", indique Anne Vignot, présidente de GBM. Si certaines sections sont déjà adaptées, d’autres nécessiteront des aménagements spécifiques en faveur des piétons.

Gabriel Baulieu et Anne Vignot © Alexane Alfaro

Principes d’aménagement et premières réalisations

La troisième phase, de synthèse, formule des recommandations. L’étude propose de grands principes d'aménagement à intégrer dans tous les projets de voirie autour de six thématiques, dont le dimensionnement des trottoirs, la continuité des parcours et la place de la nature en ville pour le confort climatique...

Elle prévoit également des actions d’accompagnement pour communiquer et sensibiliser les habitants aux bienfaits de la marche.

À ce stade, "les axes à traiter pour construire le réseau magistral, la priorisation et les arbitrages techniques et financiers n'ont pas encore été définis", indique la présidente et doivent faire l’objet d’approfondissements.

L’intérêt suscité par la démarche s’est traduit par l’inscription d’un budget spécifique de 200.000 euros consacré à l’amélioration des trottoirs et au traitement des points durs identifiés. Ce budget, déjà mobilisé en 2025, a été reconduit pour 2026.

Parmi les réalisations, figurent la mise aux normes des trottoirs et des traversées piétonnes rue des Oiseaux, le renouvellement des trottoirs quai de Strasbourg, la requalification de la rue des Cras ou encore l’étude de modification du carrefour entre les avenues Foch, Helvétie et le pont Schwint, également signalé via la cartographie participative.

En parallèle, plusieurs opérations de requalification plus globales ont contribué à améliorer le confort des cheminements à pied, notamment rue de Dole, rue de Verdun, rue de la Cassotte, à Roche-lez-Beaupré ou encore rue de Besançon à Thise.

Un plan d’action à préciser

Les aménagements en faveur de la marche doivent se poursuivre. En parallèle, l’étude sera approfondie afin d’établir un plan d’action priorisé et chiffré sur les dix prochaines années, avec pour objectif de préciser notamment le tracé et les modalités de mise en œuvre du futur réseau magistral piéton.

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