L'annonce a été faite mercredi 5 août, après information et consultation du Comité social et économique. L'audience devant le tribunal de commerce de Dijon est fixée au 25 août prochain.
La direction insiste sur un point : cette démarche ne constitue pas une demande de liquidation judiciaire. Si le tribunal accepte l'ouverture de la procédure, une période d'observation permettra à l'entreprise de continuer son activité tout en finalisant un plan de redressement et en recherchant un investisseur susceptible d'assurer son financement sur le long terme.
“Nous ne déposons pas cette demande pour renoncer. Nous la déposons pour nous donner les moyens de nous battre”, affirme William Perrier, directeur général de Cycles Lapierre. “Une page de notre histoire s'est tournée ; l'avenir de Lapierre doit maintenant s'écrire pour Lapierre, avec son identité, ses équipes et son ancrage à Dijon.”
Un marché du vélo en pleine mutation
Fondée en 1946 à Dijon, l'entreprise emploie aujourd'hui 106 salariés. Elle a réalisé un chiffre d'affaires de 99,1 millions d'euros en 2025 et commercialise ses vélos à travers un réseau de plus de 800 revendeurs.
Comme de nombreux acteurs de la filière, Cycles Lapierre explique avoir subi le retournement du marché du vélo après les années de forte croissance liées à la crise sanitaire. La baisse des ventes, les stocks accumulés dans le secteur, la multiplication des opérations promotionnelles et la pression sur les marges ont fragilisé les entreprises.
À cette conjoncture s'est ajoutée la fin du soutien financier du groupe Accell, propriétaire de la marque, conduisant l'entreprise dijonnaise à devoir construire seule son avenir.
Des efforts déjà engagés
Ces dernières années, Cycles Lapierre indique avoir engagé plusieurs mesures pour améliorer sa situation financière. L'entreprise souligne avoir réduit ses coûts, adapté son organisation et fortement diminué ses stocks.
Entre fin 2023 et fin 2024, les stocks de produits finis ont ainsi reculé de près de 47 %. Entre 2024 et 2025, la perte d'exploitation a été réduite de 41 %. Selon la direction, les premiers mois de 2026 montrent également une amélioration des performances opérationnelles, notamment en matière de marges.
“Nous avons confiance dans l'ouverture de cette procédure, dont nous estimons les conditions réunies. Elle doit nous donner le temps de finaliser notre plan, de retrouver notre indépendance et de faire entrer un investisseur capable de soutenir durablement l'entreprise”, poursuit William Perrier.
La recherche d'un repreneur est lancée
Parallèlement à la procédure judiciaire, l'entreprise a engagé la recherche d'un investisseur, qu'il soit industriel ou financier. L'objectif affiché est de mettre en œuvre un plan de continuation afin de retrouver une pleine autonomie commerciale, opérationnelle et financière.
Cycles Lapierre indique également avoir sollicité les services de l'État, la Préfecture, la Région Bourgogne-Franche-Comté, Dijon Métropole, la Ville de Dijon, les banques ainsi que ses principaux clients, distributeurs, fournisseurs et partenaires logistiques. Selon la direction, cette mobilisation doit permettre de favoriser une solution durable pour l'entreprise et son savoir-faire local.
Les salariés et les clients informés
La direction assure que les 106 collaborateurs seront tenus régulièrement informés de l'évolution de la procédure et des discussions avec les investisseurs potentiels. Elle précise également que l'activité se poursuit normalement. Les commandes, les livraisons, le service après-vente, les garanties et l'approvisionnement en pièces de rechange continuent d'être assurés.
“Lapierre, ce sont 80 ans de savoir-faire, 106 collaborateurs, près de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires et plus de 800 revendeurs. Nous allons nous battre pour préserver le maximum d'emplois et faire vivre cette histoire à Dijon”, conclut William Perrier.


