Intelligence artificielle : Emmanuel Macron annonce 109 milliards d’euros d’investissements en France 

Publié le 10/02/2025 - 08:22
Mis à jour le 10/02/2025 - 08:22

Le président Emmanuel Macron a annoncé des investissements privés à hauteur de 109 milliards d'euros en France, dans les prochaines années, pour développer l'intelligence artificielle lors d’une interview accordée à France 2 dimanche 9 février 2025. 

 © Capture écran France Television
© Capture écran France Television

Le président Emmanuel Macron s'est fait dimanche le promoteur de l'intelligence artificielle (IA) en France, vantant les mérites de cette technologie et annonçant 109 milliards d'euros d'investissements dans le pays pour la développer, à la veille du Sommet international sur l'IA de Paris.

Ces investissements venus d'entreprises privées, prévus "dans les prochaines années", sont "l'équivalent pour la France de ce que les Etats-Unis ont annoncé avec +Stargate+", a souligné le chef de l'Etat sur la chaîne de télévision France 2. Ce projet "Stargate", dévoilé en janvier par le président Donald Trump, comprend des dépenses d'au moins 500 milliards de dollars dans des infrastructures d'IA.

Depuis fin 2022 et la mise à la disposition du grand public du logiciel ChatGPT, capable de répondre à toutes sortes de questions posées par les utilisateurs, l'IA s'est développée à très grande vitesse et les pays rivalisent pour se faire une place sur la carte mondiale de cette technologie, le plus souvent à coup d'investissements massifs. Parmi ceux déjà évoqués ces derniers jours pour la France, les Emirats arabes unis prévoient une enveloppe comprise entre 30 et 50 milliards d'euros pour bâtir un data center dont la localisation n'est pas encore connue et le fonds canadien Brookfield va investir 20 milliards d'euros pour notamment en construire un à Cambrai (Nord).

Un premier data center en France

Devenus centraux dans la compétition de l'intelligence artificielle, ces centres de données s'apparentent à de gigantesques bâtiments conçus notamment pour permettre l'entraînement des modèles d’IA. Preuve de leur importance, la pépite tricolore Mistral, qui a développé son propre outil conversationnel baptisé Le Chat, a annoncé dimanche la construction de son premier data center en France, près de Paris, afin de "maîtriser l'ensemble de la chaîne de valeur, de la machine jusqu'au logiciel", a précisé son patron, Arthur Mensch, sur la chaîne de télévision TF1.

Plus largement, l'exécutif a aussi annoncé cette semaine que 35 sites "prêts à l'emploi" avaient été identifiés pour accueillir des data centers. La France en compte actuellement plus de 300, se plaçant ainsi au sixième rang mondial des pays en accueillant le plus, après les États-Unis, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la Chine et le Canada, selon un rapport du Conseil économique social et environnemental.

"Je ne fais pas partie de ceux qui pensent que ça va tout remplacer"

Au cours de son entretien, Emmanuel Macron a également mis en avant les apports de l'intelligence artificielle en matière de santé, comme dans la lutte contre le cancer, ou pour déléguer certaines tâches au travail. "Je ne fais pas partie de ceux qui pensent que ça va tout remplacer", a toutefois insisté le chef de l'Etat, alors que le développement de l'IA s'est accompagné de craintes sur le maintien de certains emplois, la désinformation en ligne ou le respect du droit d’auteur. Pour débattre de ces enjeux, qu'ils soient diplomatiques, politiques, économiques, éthiques ou juridiques, des chefs d'Etat et de gouvernement, ainsi que des patrons du secteur, sont justement réunis lundi et mardi au Grand Palais lors d'un Sommet international de l’IA.

Face à des acteurs privés très ambitieux, la demande de régulation est forte. Le président français a promis, pour la fin du Sommet, une déclaration "avec des principes forts sur la protection des droits, l’environnement, l’intégrité de l’information, la propriété intellectuelle".

Une IA "d'intérêt général"

Dimanche, une initiative réunissant la France et huit autres pays dont l’Allemagne, le Nigeria et le Chili, ainsi que des associations et des entreprises, a en outre été lancée afin de promouvoir une IA "d’intérêt général", avec le soutien de onze patrons de la tech, dont Arthur Mensch ou Fidji Simo, à la tête de la plateforme américaine de livraison de courses Instacart.

Baptisée "Current AI" et dotée d’un budget initial de 400 millions de dollars, avec l’ambition d’en lever 2,5 milliards sur cinq ans, elle souhaite développer l’accès à des bases de données privées et publiques dans des domaines comme la santé et l’éducation, et investir dans des outils et des infrastructures en source ouverte pour rendre l’IA plus "transparente et sécurisée", selon un communiqué.

(AFP)

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