La maire de Besançon hisse le drapeau palestinien : un geste fort, mais controversé

Publié le 24/06/2025 - 08:36
Mis à jour le 24/06/2025 - 08:51

VIDÉOS • Ce lundi 23 juin à 19h, sur l’esplanade des Droits de l’Homme, la maire de Besançon, Anne Vignot, a procédé à une cérémonie symbolique en hissant le drapeau palestinien aux côtés de ceux de la France, de l’Ukraine et de l’Union européenne. Elle était entourée de son premier adjoint Abdel Ghezali, d’élu(e)s municipaux, de membres d’associations et de citoyens venus nombreux pour l’occasion.

Près de 200 personnes ont assisté à ce moment, marqué par une forte émotion. Certains présents, visiblement bouleversés, ont laissé couler quelques larmes en voyant ce qu’ils considèrent comme une reconnaissance tant attendue. "Enfin", a-t-on entendu murmurer dans la foule.

Dans son discours, Anne Vignot a évoqué la situation dramatique à Gaza et pris clairement position, dénonçant un "génocide perpétré par le gouvernement de Netanyahu", une déclaration accueillie par des applaudissements nourris de l’assistance.

D’autres intervenants ont ensuite pris la parole pour saluer cette initiative et dénoncer les horreurs de cette guerre, appelant notamment le président de la République à reconnaître l'Etat de Palestine. Françoise Piaget, représentante de l’association Palestine Amitié et membre du collectif Palestine Besançon, Jean-Michel, de l’Association France Palestine Solidarité, ainsi que Norbert Nusbaum, représentant de l’Union juive française pour la paix, ont exprimé leur reconnaissance pour ce geste politique et leur soutien au peuple palestinien.

L'intégralité des discours :

Malgré cette mobilisation et l’émotion suscitée, la décision de hisser le drapeau palestinien ne fait pas l’unanimité et suscite également des critiques. L’acte est perçu par certains comme une prise de position politique contestable dans un contexte international extrêmement tendu.

”Cette initiative risque d’attiser des tensions au sein de la population locale”

Pour Ludovic Fagaut, chef du groupe de l’opposition au conseil municipal ”Besançon maintenant”, il s’agit d’une ”instrumentalisation politique de notre ville” et exprime la ”profonde opposition” de son groupe d’élu(e)s à cette décision. Il explique qu’un tel affichage ”revêt un caractère ouvertement partisan dans un contexte international particulièrement sensible et conflictuel. Cette initiative risque d’attiser des tensions au sein de la population locale et de créer des divisions entre les citoyens, alors même que les institutions municipales se doivent de garantir la neutralité du service public.”

Ludovic Fagaut précise toutefois que ”le conflit entre certains pays du Proche-Orient mêlant désormais le Moyen-Orient est dramatique. Des civils innocents souffrent et nous partageons l’émotion légitime que cela suscite. Mais cette guerre est complexe. Il y a des victimes des deux côtés. Des peuples souffrent et subissent des décisions de leurs dirigeants. C’est la diplomatie qui doit être au cœur de la paix recherchée.”

Le président du groupe Besançon maintenant dénonce le fait qu”‘une fois de plus, Madame Vignot utiliser les symboles de la Ville pour exprimer ses positions personnelles sans consulter les habitants ni le conseil municipal” et affirme que ”ce camp choisi par madame Vignot est celui porté par son association avec la France Insoumise et c’est le soutien à un groupe terroriste qu’est le Hamas.” Selon lui, ”notre ville doit rester unie et solidaire de toutes les victimes, sans distinction, et ne pas être entraînée dans des combats partisans.”

Enfin, Ludovic Fagaut saisira ”si nécessaire” la juridiction compétente ”pour garantir le respect de la neutralité des collectivités et protéger l’intérêt général.”

© Alexane Alfaro

Il serait ”juste et logique d’arborer également sur un mât voisin le drapeau israélien”

Dans un communiqué de Jean-Philippe Allenbach, président du Mouvement Franche-Comté, écrit qu’il serait ”juste et logique d’arborer également sur un mât voisin le drapeau israélien en souvenir de cette même incontestable atteinte à la dignité et à la justice qu’a constitué le massacre et la prie d’otages israéliens par l’organisation terroriste du Hamas le 7 octobre 2023.” Il rappelle que le 29 mars 2023, l’association France-Palestine ”n’avait pas hésité, quant à elle, à engager une procédure à l’encontre du maire de Nice  pour l’obliger à retirer le drapeau israélien qu'il avait mis en façade de mairie.”

Enfin, le président du MFC souhaite en revanche que ”le drapeau palestinien continue de flotter sur la place de la mairie durant toute la campagne des municipales afin que les Bisontins puissent bien savoir pour qui ils votent.”   

Réponse d'Anne Vignot :

Drapeau de la Palestine à Besançon

Retrait du drapeau palestinien à Besançon : les réactions des personnalités politiques et associatives locales

Mise à jour à 14h55 • La justice a ordonné jeudi 26 juin 2025, à la mairie écologiste de Besançon de retirer le drapeau palestinien qu'elle avait fait installer lundi sur le parvis de l'hôtel de ville. Une décision qui a profondément divisé et fait réagir des personnalités politiques locales.

Drapeau palestinien : Anne Vignot se défend et demande au préfet de ”reconsidérer” sa position 

Après avoir hisser le drapeau de la Palestine lundi 23 juin devant la mairie de Besançon, le préfet du Doubs a demandé à Anne Vignot de le retirer. Dans un courrier dont nous avons reçu une copie ce mardi soir, la maire demande au préfet de ”reconsidérer” sa position et défend fermement sa décision.

Drapeau palestinien : le préfet du Doubs demande à la maire de Besançon de le retirer

Comme nous vous en informions, ce lundi 23 juin à 19h00, Anne Vignot, maire de Besançon, a fait apposer le drapeau palestinien sur le parvis de l’esplanade des Droits de l’Homme à Besançon. Dans ces circonstances, le préfet du Doubs lui a adressé un courrier ce mardi 24 juin "pour lui rappeler le principe de neutralité des services publics (et de leurs bâtiments), constamment réaffirmé par la jurisprudence." 

Drapeau palestinien à Besançon : Laurent Croizier saisit le préfet

Le député du Doubs, Laurent Croizier (MoDem), dénonce vivement la décision de la municipalité de Besançon d’avoir hissé, le lundi 23 juin, le drapeau palestinien sur l’esplanade des Droits de l’Homme. Il déplore une initiative prise "sans consultation préalable des élus ni aucun débat démocratique", regrettant avoir été informé "uniquement par le biais de la presse et des réseaux sociaux".

Politique

" Casseurs-payeurs " : un projet de loi critiqué au Sénat, en plein coeur de la contestation

Au coeur d'un automne marqué par de nombreux mouvements de contestation virant parfois aux pillages, le Sénat se penche mardi sur le projet de loi "casseurs-payeurs" et ses mesures décriées sur la responsabilité collective des fauteurs de trouble et la saisie de leurs prestations sociales.

Le sénateur Longeot dépose un amendement pour interdire de manifester à visage dissimulé

Jean-François Longeot, sénateur du Doubs, a déposé un amendent visant à interdire de manifester avec le visage dissimulé. Ce dernier sera consulté dans le cadre de l'examen, mardi 27 octobre 2026, du Projet de loi relatif à la réparation des dommages résultant de dégradations commises dans l'espace public.

Attaques de Trappes : les élus de l’opposition municipale de Besançon demandent au maire d’organiser un rassemblement lundi à 18h00

Mise à jour • Un homme a tué une personne et fait cinq blessés dans les Yvelines vendredi 23 octobre 2026 lors d'une attaque "terroriste raciste" selon Emmanuel Macron. Les élus de l’opposition demandent à Ludovic Fagaut, le maire de Besançon, d’organiser un rassemblement à 18h00 place Granvelle lundi 26 octobre 2026.

Olivier Rietmann réélu à la tête de la Délégation aux entreprises du Sénat

Le sénateur de la Haute-Saône a été reconduit jeudi 22 octobre 2026 pour trois années supplémentaires à la présidence de cette instance parlementaire, qui rassemble plus de 40 sénateurs de différents horizons politiques, chargée de rapprocher le Sénat du monde économique et de soutenir le développement des entreprises.

À Besançon, À Gauche Citoyens ! condamne les violences et défend les revendications sociales

L’association À Gauche Citoyens ! condamne les violences, les dégradations et les pillages survenus en marge de la manifestation du 17 octobre. Dans un communiqué daté du 19 octobre 2026, elle défend les revendications portées par les manifestants et critique la politique du gouvernement de Sébastien Lecornu. Le collectif annonce également qu’il ne s’est pas associé à l’appel du maire de Besançon lundi soir.

Rassemblement contre les violences urbaines à Besançon : un appel à l’apaisement qui tourne à la confrontation

VIDÉO • Réunis lundi 19 octobre devant l’hôtel de ville à l’appel de l’Association des maires de France et de France urbaine, environ 250 personnes ont répondu à l’invitation du maire, Ludovic Fagaut. L’arrivée d’un contre-rassemblement d’une centaine de personnes a rapidement tendu l’atmosphère. Entre condamnation des dégradations, revendications sociales et désaccords sur les valeurs républicaines, les échanges ont illustré les divisions apparues après les événements du 17 octobre.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 8.74C°
couvert
le 27/10 à 22h00
Vent
2.96 m/s
Pression
1022 hPa
Humidité
88 %

Sondage