L'Assemblée nationale examine le projet de loi sur la recherche dans un climat de défiance

Publié le 21/09/2020 - 08:30
Mis à jour le 21/09/2020 - 08:41

Les députés entament ce lundi 21 septembre 2020 l’examen du projet de loi sur la recherche, que le gouvernement présente comme un « investissement inédit« , mais que conteste une large part de la communauté universitaire, dans un climat de rentrée délicat.

© dp  ©
© dp ©

L'intersyndicale de l'enseignement supérieur et de la recherche appelle ainsi à se "rassembler massivement" à 14h devant le Palais Bourbon contre un texte qui "institutionnalise la précarisation du personnel", à ses yeux.

Un discours rigoureusement inverse de celui de la ministre de la Recherche Frédérique Vidal, qui revendique un effort "historique" de 25 milliards d'euros sur 10 ans et "le plus grand plan de revalorisation des personnels depuis plusieurs décennies".

Maintes fois reporté, ce projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) repose sur un constat partagé. La France souffre d'un "déficit croissant d'investissement" dans sa recherche et les "carrières scientifiques attirent de moins en moins les étudiants", relève-t-il dans son introduction.

"Nous arrivons à un point de bascule où le risque de décrochage devient réel face à des pays comme la Chine, la Corée, l'Allemagne et les pays anglo-saxons qui demeurent dominants", a insisté Frédérique Vidal en commission.

Pour "réarmer" la recherche, le gouvernement propose donc de réinjecter 25 milliards d'euros par étape, en montant en charge: 400 millions en 2021, 800 millions en 2022, 1,2 milliard en 2023... Avec l'objectif, en 2030, d'un budget annuel de 20 milliards d'euros par an, soit 5 milliards de plus qu'actuellement.

Cela doit permettre au budget de la seule recherche publique d'atteindre 1 % du PIB, niveau auquel le pays s'était engagé il y a 20 ans. Une part importante vise à revaloriser les carrières des chercheurs pour les rendre plus attractives. Et plus de 5.000 emplois de chercheurs seront créés.

Mais pour les opposants au texte, c'est une "réforme en trompe l'oeil", puisque le gouvernement fait peser l'essentiel de l'effort sur les quinquennats suivants et ne peut "garantir" que 400 millions de plus l'an prochain, soit un effort supplémentaire moindre que celui consenti dans le budget 2020 (+500 M EUR).

"C'est sans compter sur l'effet de levier énorme du plan de relance", répond la rapporteure générale du texte, la députée LREM Danièle Hérin, ancienne présidente de l'université Montpellier 2.

Au-delà du budget, c'est la philosophie même du texte qui est décriée et sa mesure phare visant à distribuer les nouveaux financements principalement par appels à projets, en renflouant l'Agence nationale de la recherche (ANR) à hauteur d'un milliard d'euros.

"Attirer d'autres profils"

Pour les syndicats, cela se fera au détriment des financements pérennes, dits "de base". Et cela pousserait vers une recherche "compétitive et sélective", en nuisant à la liberté académique.

Autre point majeur de crispation, la mise en place de voies de recrutements parallèles. Le texte prévoit des nouveaux "parcours de titularisation" à l'américaine ("tenure tracks"), pour accéder à une titularisation au bout de six ans maximum, ainsi que des "CDI de mission scientifique", censés remplacer les CDD à répétition, mais prenant fin avec le projet de recherche auquel ils sont associés.

Les opposants au texte craignent un système à "deux vitesses" et une "remise en cause des statuts", pour plus de "précarité".

Selon la co-rapporteure LREM Valérie Gomez-Bassac, il n'y a toutefois "aucune intention de diminuer le nombre de fonctionnaires ou fragiliser la fonction publique. Ce que nous voulons, c'est attirer d'autres compétences et d'autres profils", notamment des jeunes femmes, quand l'âge moyen du recrutement d'un maître de conférences est de 34 ans.

Depuis janvier, syndicats et collectifs du monde universitaire ont multiplié les actions et envoyé plusieurs milliers de personnes dans la rue début mars.

Mais le confinement a porté un gros coup d'arrêt à cette mobilisation. Tout comme la rentrée universitaire délicate, toujours sous la menace du Covid-19, après six mois de fermeture des universités.

En commission, les députés ont donné un premier feu vert dans une ambiance globalement apaisée. Mais ce devrait être plus électrique dans l'hémicycle, où la gauche entend relayer l'inquiétude des syndicats. Le groupe socialiste compte par exemple présenter mardi un "contre-projet" qui "reconstruit entièrement" le texte.

(Source AFP)

Politique

Présidentielle : Jean-Pierre Chevènement apporte son soutien à la candidature de Natacha Polony

L'essayiste et journaliste Natacha Polony, candidate à la présidentielle, a indiqué dimanche 1er novembre avoir reçu 174 promesses de parrainage de maires sur les 500 nécessaires pour concourir à cette élection et s'est également prévalue du soutien de l'ancien ministre originaire de Belfort Jean-Pierre Chevènement.

Parcoursup remplacée en 2028, classes plafonnées à 28 élèves : ce que le Gouvernement promet aux lycéens

À l’issue de la rencontre de lundi dernier entre le Premier ministre Sébastien Lecornu et les représentants des lycéens, Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, et Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, ont publié, sous l’autorité du Premier ministre, la liste des engagements pris par le gouvernement le 26 octobre 2026 pour répondre aux difficultés exprimées par les lycéens.

" Casseurs-payeurs " : un projet de loi critiqué au Sénat, en plein coeur de la contestation

Au coeur d'un automne marqué par de nombreux mouvements de contestation virant parfois aux pillages, le Sénat se penche mardi sur le projet de loi "casseurs-payeurs" et ses mesures décriées sur la responsabilité collective des fauteurs de trouble et la saisie de leurs prestations sociales.

Le sénateur Longeot dépose un amendement pour interdire de manifester à visage dissimulé

Jean-François Longeot, sénateur du Doubs, a déposé un amendent visant à interdire de manifester avec le visage dissimulé. Ce dernier sera consulté dans le cadre de l'examen, mardi 27 octobre 2026, du Projet de loi relatif à la réparation des dommages résultant de dégradations commises dans l'espace public.

Attaques de Trappes : les élus de l’opposition municipale de Besançon demandent au maire d’organiser un rassemblement lundi à 18h00

Mise à jour • Un homme a tué une personne et fait cinq blessés dans les Yvelines vendredi 23 octobre 2026 lors d'une attaque "terroriste raciste" selon Emmanuel Macron. Les élus de l’opposition demandent à Ludovic Fagaut, le maire de Besançon, d’organiser un rassemblement à 18h00 place Granvelle lundi 26 octobre 2026.

Olivier Rietmann réélu à la tête de la Délégation aux entreprises du Sénat

Le sénateur de la Haute-Saône a été reconduit jeudi 22 octobre 2026 pour trois années supplémentaires à la présidence de cette instance parlementaire, qui rassemble plus de 40 sénateurs de différents horizons politiques, chargée de rapprocher le Sénat du monde économique et de soutenir le développement des entreprises.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 2.58C°
couvert
le 04/11 à 04h00
Vent
3.66 m/s
Pression
1022 hPa
Humidité
89 %

Sondage