Montebourg, un an après son éviction du gouvernement: "j'aurais voulu avoir tort"

Publié le 19/08/2015 - 14:47
Mis à jour le 19/08/2015 - 14:47

Un an après son éviction du gouvernement, Arnaud Montebourg, qui accueille dimanche l’ex-ministre grec des Finances Yanis Varoufakis à la Fête de la Rose de Frangy-en-Bresse en Saône-et-Loire. Il  a confié qu’il « aurait voulu avoir tort » lorsqu’il mettait en garde contre l’échec économique de la zone euro.

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Interrogé sur les raisons de l'invitation faite à M. Varoufakis, qui avait mené la vie dure aux créanciers de la Grèce avant de devoir démissionner en juillet, l'ancien ministre du Redressement productif estime que "les événements grecs ne concernent pas que la Grèce mais toute l'Europe, avec la sensation d'un tournant".

"Frangy sera un Frangy qui discutera de l'avenir de l'Europe (...) C'est important de faire parler les grands témoins pour l'histoire mais aussi l'avenir de l'Europe. (Varoufakis) était présent dans la négociation et il a vu et entendu", a-t-il fait valoir alors que cette invitation fait grincer des dents au PS.

Regrette-t-il le discours offensif prononcé il y a tout juste un an à Frangy, qui avait aussitôt entraîné son éviction du gouvernement ? C'est le discours "que je tenais dans la collégialité du gouvernement depuis des mois, que j'avais tenu à Bercy au mois de juillet" et dans "des notes que j'avais adressées dès 2012 au président de la République sur la recherche de la croissance", a-t-il assuré.

"Ma position, non seulement je ne la regrette pas, mais un an après, les prédictions qui avaient été formulées par mon équipe, moi-même, de nombreux économistes, des prix Nobel, d'autres gouvernements, sont vérifiées. Ca ne marche pas. Malheureusement pour notre pays et pour l'Union européenne. J'aurais voulu avoir tort !", a ajouté M. Montebourg. "J'avais demandé à Frangy une inflexion majeure de la politique économique (...). Les résultats démontrent qu'elle était nécessaire car le chômage a continué à flamber et il n'y a pas d'activité économique en France, il n'y a pas d'inflation, on est en quasi-déflation quoi ! On a encore détruit en quelques mois 10.000 emplois dans l'industrie, 10.000 emplois dans le BTP, on ne va pas continuer comme ça, ce n'est pas possible ! Mais ça ce n'est pas qu'en France c'est dans toute l'Europe où l'activité est à l'arrêt. Je ne pense pas qu'on puisse dire que ce que j'avais dit avec mon équipe ait été excessif ou erroné. Malheureusement !", a déploré l'ancien ministre.

(Source : AFP)

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