Nicolas Sarkozy est arrivé à la prison où il sera incarcéré, une première historique

Publié le 21/10/2025 - 10:03
Mis à jour le 21/10/2025 - 10:09

L'ancien président Nicolas Sarkozy a quitté mardi matin son domicile pour se rendre à la prison parisienne de la Santé pour y être incarcéré, près d'un mois après sa condamnation pour association de malfaiteurs dans le procès libyen, une détention inédite dans l'histoire de la République. Une demande de mise en liberté a d'ores et déjà été déposée par ses avocats.

 © Capture écran LCI
© Capture écran LCI

Avant de monter dans sa voiture, Nicolas Sarkozy est venu, accompagné de son épouse Carla Bruni, saluer ses partisans réunis à l'appel de sa famille, près de leur domicile de l'ouest parisien. "Libérez Nicolas !", "Nicolas ! Nicolas !", a scandé la foule avant que le véhicule ne démarre, suivi par une noria de caméras et de photographes. "La vérité triomphera. Mais que le prix à payer aura été écrasant...", a écrit sur ses réseaux sociaux l’ancien président juste avant son incarcération. "C'est un innocent" que "l'on enferme", a-t-il martelé.

Trois semaines d'incarcération minimum

Attendu à 10h à la prison, Nicolas Sarkozy, 70 ans, bénéficiera-t-il de dérogations ou de conditions de détention particulières eu égard à son statut ? Et surtout combien de nuits dormira-t-il dans sa cellule individuelle du quartier d'isolement, le plus à même de permettre d'assurer sa sécurité ?

Dès qu'il a été écroué à la Santé, autour de laquelle un important dispositif de sécurité a été mis en place et où une cinquantaine de surveillants se sont réunis en début de matinée pour dénoncer la surpopulation carcérale, ses avocats ont déposé une demande de mise en liberté. La justice aura deux mois pour trancher, même si le délai devrait être plus court. "Quoi qu'il arrive", ce sera "trois semaines, un mois de détention", a estimé son avocat Christophe Ingrain sur Europe 1.

Le 25 septembre, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné l'ancien président à cinq ans de prison. Il a été reconnu coupable d'avoir sciemment laissé ses collaborateurs rencontrer à Tripoli un dignitaire du régime de Mouammar Kadhafi pour discuter d'un financement occulte de sa campagne présidentielle de 2007. L'ancien chef de l'Etat a fait appel et se dit innocent.

"Altérer la confiance"

Plus encore que cette condamnation, c'est le mandat de dépôt qui avait suscité la stupeur. Pour les juges, il est justifié par la "gravité exceptionnelle" de faits "de nature à altérer la confiance des citoyens". Nicolas Sarkozy avait fustigé une "injustice" et "la haine" dont le poursuivraient certains magistrats. Il s'est aussi comparé à Alfred Dreyfus, l'officier envoyé sur l'île du Diable pour trahison sur la foi d'un faux document et sur fond d'antisémitisme débridé.

Il a aussi confié qu'il entrerait à la Santé "la tête haute" et muni d'une biographie de Jésus et du roman Le Comte de Monte-Cristo, un homme qui se venge après une condamnation injuste. Il devrait aussi écrire un "livre qui raconte l'expérience qu'il vit aujourd'hui", selon Me Ingrain.

Ancienne figure tutélaire de la droite française, toujours régulièrement consulté par ses chefs, Nicolas Sarkozy a reçu le soutien de son camp, prompt à s'offusquer du mandat de dépôt visant leur favori. Prononcé de manière routinière par les tribunaux correctionnels, bien que plus rarement dans les dossiers économiques et financiers, ce mandat de dépôt serait attentatoire à la présomption d'innocence, puisqu'il entraîne une détention sans recours possible et sans attendre le procès en appel.

Reçu par Emmanuel Macron

Même si l'incarcération de Nicolas Sarkozy s'est faite sur la base d'une mesure votée en 2019 à l'initiative de sa majorité, Emmanuel Macron avait soulevé ce point sur X, jugeant que "dans notre État de droit, la présomption d'innocence comme le droit au recours doivent toujours être préservés".

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, ira "voir en prison" celui qu'il considère comme son mentor en politique, afin de s'assurer de sa sécurité. Une telle visite serait de nature à poser un "obstacle à la sérénité" avant les prochaines échéances judiciaires, notamment l'examen de la demande de mise en liberté, et risquerait de porter "atteinte à l'indépendance des magistrats", a prévenu sur Franceinfo le plus haut procureur de France, Rémy Heitz, procureur général près la Cour de cassation.

(AFP)

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