Olivier Caracotch prend ses fonctions de procureur général à la cour d’appel de Besançon

Publié le 28/09/2026 - 08:06
Mis à jour le 28/09/2026 - 09:51

La cour d’appel de Besançon, présidée par Marie-Bénédicte Maizy, a procédé à une audience solennelle de présentation de plusieurs nouveaux magistrats ce vendredi 25 septembre 2026 dans la salle du parlement de Franche-Comté du palais de justice de Besançon.

La présidente et l’avocat général de la cour d’appel de Besançon ont procédé à l’installation et la présentation officielles de sept nouveaux magistrats dont un nouveau procureur général, Olivier Caracotch. Il succède à sa prédécesseure, Marie-Christine Tarrare, qui a pris sa retraite après un mandat salué pour sa "puissance de travail", son exigence et sa capacité à fédérer les magistrats autour d'une politique pénale harmonisée, a résumé l’avocat général, François Prelot.

Les magistrats ont pris leurs fonctions le 1er septembre 2026, il s’agit de Valérie Messer Pin (présidente de la chambre de l’Instruction), d’Alina Saleh (conseiller), d’Arlane Lacroix (conseiller en charge du secrétariat général de la première présidence) ainsi que de Louise Clere (juge placé), de Benjamin Drezet (juge placé) et d’Alexandre Vial (substitut placé).

Un travail conjoint avec le premier président

Juridiction du second degré qui réexamine les décisions rendues par les tribunaux de son ressort, le parquet général de la cour d’appel de Besançon est composé d’un procureur général, d’un avocat général, d’une secrétaire générale, de quatre substituts généraux et de quatre substituts placés. Le procureur général représente en personne ou par ses substituts généraux le ministère public auprès de la cour d’appel et auprès des cours d’assises du ressort.

Trois cours d’assises et cours criminelles départementales sont sur le ressort de la cour d’appel de Besançon :

  • la cour d’assises et la cour criminelle du Doubs (palais de justice de Besançon)
  • la cour d’assises et la cour criminelle de la Haute-Saône et du Territoire de Belfort (palais de justice de Vesoul)
  • la cour d’assises et la cour criminelle du Jura (palais de justice de Lons-le-Saunier).

Procureur de la République pour le tribunal judiciaire de Dijon depuis septembre 2021, monsieur Caracotch est devenu procureur général à la cour d’appel de Besançon depuis le 1er septembre 2026 après des études en sciences politiques à Paris et une carrière dédiée au Ministère public.

Conjointement avec le premier président de la cour d’appel, le procureur général assure l’administration des services judiciaires du ressort (gestion administrative du personnel, gestion budgétaire, formation, gestion des équipements informatiques, gestion du patrimoine immobilier…). Ils procèdent également à l’inspection des juridictions du ressort.

Un contexte judiciaire difficile

Dans son propos, la présidente a souligné le contexte difficile traversé par l'institution judiciaire, marqué par des dégradations ou encore des menaces, comme récemment au tribunal de Montbéliard, et a insisté sur la nécessité de préserver l'indépendance des magistrats et l'esprit civique. Elle a également évoqué les grands enjeux de la cour : la synergie diarchique entre Premier Président et Procureur général de la cour d’appel, la transformation numérique de la justice (procédure pénale numérique, IA, sécurité des systèmes), la maîtrise budgétaire, la protection de l'enfance et la lutte contre les violences conjugales et sexuelles.

Le premier avocat général, François Prelot, a pour sa part déclaré que la présentation d’un nouveau procureur général était l’un des "événements marquant dans la vie d’une cour d’appel".

Olivier Caracotch, procureur général de la cour d'appel de Besançon. © Élodie R.

Olivier Caracotch connaît en réalité déjà bien la cour d’appel de Besançon, puisque le magistrat y avait déjà été nommé substitut placé en 2001. Dans son discours, il a tenu à saluer le travail de sa prédécesseure et a exprimé sa volonté de travailler "en complicité" avec la première présidente. "Si nous sommes condamnés à bien nous entendre, au-delà d’une simple coexistence pacifique, pour reprendre mon mot, j’ai l’intuition que cette sentence est fort peu sévère et que ça ne sera pas très pénible, tant nos premiers échanges sont empreints de franchise, de loyauté, et, j’ose le dire, de complicité", a-t-il déclaré.

Il a notamment annoncé trois priorités pénales régionales : la lutte contre le narcotrafic (question de souveraineté), contre les violences faites aux personnes (légitimité), notamment les mineurs et les victimes de violences conjugales et contre les atteintes à l’environnement (pérennité). Il s’est par ailleurs engagé à soutenir les parquets de ressort, à améliorer les délais d’audiencement, à collaborer étroitement avec les avocats et les forces de sécurité, et à œuvrer pour une justice "plus accueillante, bienveillante et communicante". Ses propos faisant directement référence aux mauvais résultats des tribunaux dans les enquêtes d’opinion et à la nécessité impérative, "et même vitale, de regagner la confiance de nos concitoyens".

La séance s'est conclue par la lecture du décret de nomination et l'invitation des nouveaux magistrats à rejoindre le siège de la cour.

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