Jacques Moretti est en détention provisoire depuis mi-août pour des violences présumées sur son épouse à leur domicile. Il avait déjà passé 14 jours en détention provisoire du 9 au 23 janvier dans le cadre du dossier de l'incendie du bar Constellation, qui a fait 41 morts et 115 blessés.
Les deux Français devaient être entendus ensemble lundi prochain par le ministère public valaisan, comme cela avait déjà été le cas le 5 juin.
Dans un courrier transmis lundi au ministère public valaisan, les avocats de Jessica Moretti, Yaël Hayat et Nicola Meier, ont joint une attestation rédigée par une psychologue-psychothérapeute, faisant état d'"un état de fragilité psychique particulièrement important". La spécialiste a recommandé de reporter l'audition, estimant qu’une "confrontation directe" avec son mari "apparaît actuellement contre-indiquée, dans la mesure où elle fait courir un risque réel de décompensation psychique aiguë".
Dans leur courrier, consulté par l'AFP, les avocats n'avaient toutefois pas demandé le report de l'audition, mais souhaité que "des suspensions durant son audition puissent être ordonnées (...) et ce, autant que nécessaire eu égard à l'état de santé actuel" de Jessica Moretti. Le ministère public valaisan a préféré pour l'instant renoncer à l'entendre. Une autre audition du couple était prévue le 2 décembre.
17 autres personnes visées par l'enquête
Les investigations s'articulent autour de la question de la responsabilité des autorités communales et du couple Moretti. Les inculpations se sont succédé au fil de l'enquête pénale, qui vise désormais 17 autres personnes, les Moretti, huit élus ou anciens élus communaux, dont le président de Crans-Montana Nicolas Féraud, et sept employés ou anciens employés des services communaux. Tous sont poursuivis pour "homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence".
Les responsables de la commune ont reconnu juste après le drame l’absence depuis 2019 de contrôles de sécurité et incendie dans le bar incendié.
Les enquêteurs cherchent encore à déterminer si les responsables politiques et hiérarchiques ont été suffisamment informés des lacunes, s'ils ont pris des mesures et si les moyens alloués étaient adaptés aux obligations légales des contrôles incendie.
Les enquêteurs étudient en particulier la conformité des accès et issues de secours au rez-de-chaussée et au sous-sol, dont certains auraient été verrouillés, mais aussi la nature et les conditions d'achat de l’isolant acoustique en mousse recouvrant le plafond du sous-sol du bar, qui s’est rapidement embrasé au contact de bougies étincelantes.
(AFP)


