"Besançon, mémoire du commerce" : un demi-siècle de vitrines ressuscité par Pierre et Jean-Charles Diéterlé

Publié le 18/06/2025 - 08:22
Mis à jour le 18/09/2025 - 18:04

Avec son père Jean-Charles, ancien président de l'Union des commerçants de Besançon, Pierre Diéterlé publie Besançon, mémoire du commerce - Boucle et Battant de 1950 à 2000, un ouvrage-fleuve de 254 pages illustrées de 1500 photos d'archives. Un projet aussi érudit qu'émouvant... Les auteurs seront présents au festival Livres dans la boucle à Besançon du 19 au 21 septembre à l'occasion de sa sortie.

L’idée a surgi au détour d’une promenade. ”Un jour, en me baladant en ville et en passant devant des vitrines, j’ai eu comme un flash”, raconte Pierre Diéterlé, manager territorial à la direction de l’Économie de Grand Besançon Métropole. ”Je me souviens il y a 20 ans, il y avait Lepin, Campo Novo, De Gribalidy place du Marché, le centre Saint-Pierre… J’ai eu un petit coup de nostalgie et de souvenir. Et je me suis dit que ce serait bien de recenser un jour tous ces commerces.

De cette intuition est née une œuvre de mémoire co-écrite avec son père, Jean-Charles Diéterlé, commerçant dès l’âge de 19 ans rue Gustave Courbet, et président de l’UCB de 1988 à 2007. ”Il a une mémoire assez folle de cette époque, des magasins, des personnes qui travaillaient ou les dirigeaient", assure son fils.

Deux ans et demi de plongée dans les archives et les souvenirs

Le projet a nécessité un travail colossal: ”Pendant deux ans et demi, des centaines d’heures entre les murs de la bibliothèque d’archives municipales de Besançon. Je remercie d’ailleurs le personnel que j’ai pas mal embêté !”, sourit Pierre Diéterlé. Il a exploré des dizaines d’annuaires téléphoniques, les pages jaunes (quand elles existaient), les fonds de presse (Le Comtois, l’Est Républicain), des guides comme le BVV, l’Écho du Zing ou encore le Petit Futé.

Il a aussi épluché des bases photographiques exceptionnelles, comme les 60 000 clichés de Bernard Faille (photojournaliste), Bernard Tupin (photographe de la Ville), ou encore les archives privées de nombreux commerçants emblématiques : Eve Boutique, Robinet, Lino Tapis, Hôtel du Nord, Reine Textile… ”J’ai tout fait”, affirme-t-il simplement.

5000 commerçants recensés, 1500 documents iconographiques

L’objectif du livre n’est pas de proposer une leçon d’histoire, mais une plongée sensorielle et émotionnelle. ”Ce n’est surtout pas un cours magistral sur l’histoire du commerce à Besançon. L’idée, c’est de permettre aux lectrices et lecteurs de se replonger dans cette période.”

Une sorte de madeleine de Proust bisontine: ”Un commerce, ça renvoie forcément à un souvenir : un premier costume, un premier vélo, une robe de mariée ou juste les bonbons que papa ou maman nous achetait dans une boulangerie. Ce sont aussi des couleurs, des odeurs…”

Ni plaidoyer, ni nostalgie facile

L’étude a été méthodique. Le périmètre couvre la Boucle et le quartier Battant, élargi pour l’occasion. Chaque rue a été découpée en sous-secteurs: Grande Rue, place Saint-Pierre, rue Moncey, Tarragnoz, Rivotte, square Saint-Amour, etc. ”On a listé la manière la plus complète possible, avec les rues, les numéros, les enseignes, les activités”, précise Pierre Diéterlé.

Le livre ne se contente pas d’être un annuaire nostalgique. Il rend aussi hommage à des figures marquantes : ”Marguerite Guide, fondatrice du cinéma Le Paris place Pasteur, ouvert en 1941… et bien d’autres.”

Pierre Diéterlé insiste : ”Ce n’est pas un livre qui dit que c’était mieux avant. Mais c’est vrai qu’il y avait un éventail d’offres qui n’existe plus aujourd’hui. On trouvait par exemple une pompe à essence près du cinéma Pathé Beaux-Arts !” Et d’ajouter : ”Ce qu’on offre, c’est une possibilité de voyager dans le temps, de s’attarder devant une boutique, de se dire : «Tiens, je me souviens» . Le reste appartient aux lectrices et aux lecteurs.”

Par ailleurs, malgré un inventaire impressionnant, les auteurs tiennent à prévenir leurs lecteurs : tout n’est pas parfait. "On demande l’aimable indulgence des lecteurs, car il y aura forcément des oublis et des erreurs", reconnaît Pierre Diéterlé. Plusieurs raisons à cela : avant les années 1970, les annuaires ne comportaient pas de pages jaunes. Et même ensuite, les informations restaient parfois incomplètes, voire erronées : "certaines publicités donnaient la mauvaise adresse !", ont constaté les auteurs de l'ouvrage.

Parfois, ce sont même les souvenirs qui trahissent : "On a pu vérifier que certains commerçants se trompaient eux-mêmes, de bonne foi, sur l’emplacement exact de leur boutique. Heureusement, la photo met fin à tout débat !", nous raconte Pierre Diéterlé. Mais l’essentiel est là : "On est quand même, je pense, très complet. Et je crois que les gens seront agréablement surpris par la qualité et la quantité du travail fourni."

Une préface signée Philippe Labro

L’ouvrage est préfacé par Philippe Labro, disparu récemment. Son lien à Besançon était fort, nous rapporte Pierre Diéterlé : ”Il était très lié à notre ville par son épouse Françoise, née Coulon. C’était l’amie d’enfance de ma maman, Dolorès, et ses parents ont longtemps dirigé l'Hôtel du Nord.”

Labro, fervent admirateur de Victor Hugo et de Stendhal, disait de Besançon que c’était une ”très belle ville, injustement méconnue”. Il avait accepté de signer la préface, s’engageant même à venir dédicacer l’ouvrage lors de sa sortie. ”Malheureusement, les choses se sont déroulées autrement, on pensera très fort à lui. Ça aurait été merveilleux de partager cela ensemble”, regrette le co-auteur.

Infos +

Besançon, mémoire du commerce – Boucle et Battant de 1950 à 2000 sortira le 22 septembre 2025 aux Éditions du Sékoya dans toutes les librairies de la ville et sur les sites spécialisés.

Rendez-vous au festival Livres dans la boucle du 19 au 21 septembre pour découvrir le livre en avant-première et pour une séances de dédicaces avec les deux auteurs.

©

Société

Autocollant antisémite à Besançon : la Licra demande l’ouverture d’une information judiciaire

+ ajout de la réaction de la Mrap • La Licra, ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme, a souhaité dans un communiqué ce 9 mai 2026 suite à la découverte il y a quelques jours d’un autocollant antisémite apposé sur la pompe à essence d’une station-service de Besançon.

Marche LGBTQIA+ à Besançon : “C’est encore insupportable de savoir que deux hommes couchent ensemble”

La marche militante LGBTQIA+ (ou marche des fiertés) de Besançon se tiendra le samedi 16 mai 2026. Organisée par le collectif 17 mai, cet événement revendicatif et festif s’inscrit dans une dynamique locale initiée depuis 2020, avec le soutien de l'ancienne maire Anne Vignot et la participation de nombreuses associations du territoire. On en parle en détail avec Lucie Dernière Minute, responsable de l’organisation de l’évènement.

Besançon est-elle menacée par la mouvance “masculiniste” ?

La préfecture du Doubs organisait ce mercredi 6 avril un exercice de sécurité grandeur nature simulant une attaque terroriste menée par des assaillants se réclamant du courant “masculiniste”. Ce choix de scénario soulève des interrogations. Faut-il y voir une menace réelle pour Besançon ? Et cette mouvance vise-t-elle uniquement les femmes ? Éléments de réponse.

À Besançon, une spécialiste RH propose ses services “à la carte” aux entreprises

Pendant plusieurs années, Bérengère Reisser a travaillé pour de nombreuses entreprises à Besançon en tant que responsable des ressources humaines. Après un licenciement économique  éprouvant, elle a fait le choix de légèrement réorienter sa carrière. Depuis janvier 2026, elle exerce désormais en tant qu’indépendante, proposant ses services aux entreprises et aux structures associatives de Besançon et plus largement de la Franche-Comté.

Attaque masculiniste au collège : un exercice grandeur nature avec deux morts simulés à Quingey

VIDÉOS + DIAPORAMA • Un exercice de sécurité civile grandeur nature s’est tenu mercredi 6 mai au collège Félix Gaffiot, dans la commune de Quingey. Organisée à l’initiative de Rémi Bastille, cette simulation visait à entraîner les différents services de secours et de gestion de crise à la prise en charge d’un événement provoquant de nombreuses victimes.

Dans le Doubs, la contestation de l’expulsion d’un ressortissant kosovar adressée au préfet

Dans une lettre ouverte datée du 22 avril 2026 et adressée au préfet du Doubs, le président du Collectif de Défense des Droits et Libertés des Étrangers (CDDLE) exprime son désaccord après l’expulsion d'un père de famille originaire du Kosovo, une mesure qui a conduit, selon la lettre, à la séparation de l’intéressé avec son épouse et leurs trois enfants restés en France à ce moment-là.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 14.47
légère pluie
le 10/05 à 21h00
Vent
1.29 m/s
Pression
1008 hPa
Humidité
87 %

Sondage