Piles bouton avalées par les enfants : attention danger !

Publié le 21/12/2018 - 08:19
Mis à jour le 21/12/2018 - 08:20

À Noël, des millions de jouets et d'appareils électroniques vont entrer dans les foyers. Et avec eux, des petits objets banals qui peuvent pourtant causer des accidents dramatiques s'ils sont avalés par les enfants : les piles bouton.

pile bouton
© Gerhard H Wrodnigg CC0
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« Chaque année en France, plus de 1.200 visites aux urgences sont liées à l’ingestion de piles bouton », soulignent mercredi dans un communiqué commun trois structures officielles, la DGCCRF (Répression des fraudes), la Direction générale de la santé (DGS) et l’Anses. Ces accidents « touchent très majoritairement les 0-5 ans ».

« Les gens ne sont pas au courant du danger et pensent qu’avaler une pile bouton et une pièce de monnaie, c’est pareil. Or, une pile bouton avalée par un enfant, c’est une urgence », explique à l’AFP Françoise Denoyelle, chef de service d’ORL pédiatrique à l’hôpital Necker-Enfants malades à Paris.

Si « toutes les piles bouton sont dangereuses », le professeur Denoyelle met particulièrement en garde contre les plus grosses, d’un diamètre de 20 mm ou plus. Elles risquent de se coincer dans l’oesophage, le conduit qui transporte les aliments dans l’estomac, et « les lésions peuvent apparaître rapidement, au bout de deux heures ».

Contrairement à ce qu’on imagine, le danger immédiat ne vient pas des produits que contiennent ces piles mais de leur action électrique dans le milieu humide qu’est l’oesophage.

« La pile agit par électrolyse et détruit la muqueuse rapidement », note Françoise Denoyelle.

Les complications sont graves, voire potentiellement mortelles : « Perforation (oesophage et trachée communiquent, avec un risque d’étouffement), médiastinite (infection du médiastin, partie du thorax située entre les poumons), rétrécissement de l’oesophage ou paralysie nerveuse. »

Praticien hospitalier en réanimation chirurgicale pédiatrique à Necker, Robert Rubinsztajn voit arriver « les cas les plus graves ».« Même quand on enlève la pile, le phénomène continue, contrairement à des brûlures caustiques comme celles causées par exemple par l’ingestion d’eau de javel », explique-t-il à l’AFP.« Cela rend ces lésions difficiles à traiter et cela nécessite plusieurs interventions ».

Vis de sécurité

Outre les dommages causés par l’action électrique, « les produits contenus par la pile peuvent ensuite se répandre, mais c’est plus long », reprend le professeur Denoyelle, qui a co-signé une étude publiée mi-octobre dans la revue European Annals of Otorhinolaryngology, Head and Neck diseases. Cette étude porte sur 26 enfants de 1 à 5 ans admis aux urgences après avoir avalé une pile bouton. Sept ont eu de graves complications.

Près d’une fois sur deux (11 sur 26), les piles provenaient de télécommandes (principalement de box internet ou de télévisions). Dans quatre cas, il s’agissait de piles de jouets et dans quatre autres l’enfant s’était servi dans un paquet de piles ouvert. Les autres piles venaient d’appareils photo, de prothèses auditives et d’une montre.

« Les jouets sont soumis à des exigences strictes imposées par la législation européenne », rappellent la DGCCRF, la DGS et l’Anses. Le compartiment des piles ne doit pas pouvoir être ouvert par un enfant, il est donc le plus souvent fermé par une vis.

« En 2016-2017, 107 jouets électriques ont été contrôlés : les piles étaient accessibles pour 5 jouets, dont 3 hand-spinners lumineux, qui ont été retirés du marché », poursuivent les trois institutions.

Elles appellent les parents à « rester vigilants »envers « les autres objets du quotidien qui comprennent des piles bouton (télécommandes, clés de voiture) » : ils ne sont pas soumis aux mêmes obligations que les jouets et « sont régulièrement sources d’accident. »

Françoise Denoyelle plaide pour qu’au niveau européen, tous les appareils utilisant des piles bouton soient équipés de compartiments à vis. Elle souhaite aussi que les piles bouton soient conditionnées dans des emballages individuels. Grâce à ces deux mesures, « 70% des accidents pourraient être évités », estime-t-elle.

Si vous pensez que votre enfant vient d’avaler une pile bouton, un geste à faire sans tarder : contacter le 15 ou un centre antipoison.

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