"C'est quelque chose qu'on a dénoncé depuis trois semaines/un mois: des agriculteurs suisses qui passent la douane pour venir chercher des stocks en France" sans passer par une déclaration obligatoire, explique à l'AFP Florent Dornier, président du syndicat agricole dans le Doubs.
"On voit passer des dizaines et des dizaines de camions qui vont du côté suisse", ajoute M. Dornier, lui-même producteur laitier installé dans une commune frontalière.
La Suisse ne faisant pas partie du marché unique européen, les exportations destinées à ce pays doivent faire l'objet d'une déclaration en douane et passer par des postes frontière gardés par les deux pays. Si le prix du foin, qui fluctue habituellement aux alentours de 150 euros la tonne, a dépassé les 170 euros avec la sécheresse, des acheteurs suisses sont prêts à payer 220 ou 230 euros, selon M. Dornier, qui redoute une pénurie au détriment des éleveurs locaux.
"Des prix exorbitants"
"On est sur des prix exorbitants, inaccessibles pour des paysans français", relève-t-il. Selon France 3 Bourgogne-Franche-Comté, un agriculteur suisse a été intercepté lundi sur une petite route de campagne de la commune frontalière des Fourgs avec un chargement illégal de "plusieurs tonnes de fourrage".
Citant la direction régionale des douanes de Besançon, le média précise que le contrevenant a dû payer une amende, qui peut atteindre 3.700 euros, et revendre sa cargaison en France. Les contrôles opérés "ont mené à la constatation de quelques transports de fourrages et paille qui ne respectaient pas les formalités d'exportation", reconnaît la préfecture du Doubs dans un courriel adressé à l'AFP.
Les services de l'Etat évoquent "des initiatives individuelles frauduleuses sans qu'un trafic caractérisé ait été démontré à ce jour". La sécheresse, qui a grillé l'herbe que broutent habituellement les troupeaux, a conduit les agriculteurs à les nourrir avec du fourrage conservé habituellement pour l'hiver, d'où un risque de pénurie.
"On tape dans les stocks de fourrage depuis un mois et demi. Si ça continue comme ça, fin janvier, il n'y aura plus de foin dans les granges", s'alarme M. Dornier. Face à la sécheresse, le gouvernement suisse a annoncé début août une suspension des droits de douane sur les importations de maïs fourrage.
(Source AFP)


