Silencieux et stoïque, le Dr Péchier entre dans son procès hors normes

Publié le 08/09/2025 - 13:30
Mis à jour le 08/09/2025 - 15:22

Ce lundi 8 septembre 2025 à Besançon s’est ouvert le procès du Docteur Frédéric Péchier, accusé de 30 faits d’empoisonnement dont 12 mortels. La première journée de procès était réservée à la constitution des jurés, le renouvellement de constitution des parties civiles, l’appel des témoins et experts. L’après-midi a été consacrée à la restitution concise des faites reprochés à l’accusé.

 © Alexane Alfaro
© Alexane Alfaro

Les superlatifs ne manquent pas pour qualifier ce procès "hors normes" qui s’est ouvert ce lundi à Besançon. L’accusé, Frédéric Péchier est arrivé par l’entrée principale du palais de justice peu après 9h, sans escorte et en compagnie de son avocat maître Schwerdorffer. Si son état de santé posait question quelques semaines avant son procès, laissant entendre qu’il ne pourrait peut-être pas y assister, il n’en est rien ce lundi 8 septembre. De sa carrure imposante, l’homme est même venu à pied depuis Granvelle. Stoïque, l’ex-anesthésiste n’a rien laissé paraître et est entré sans un mot dans la salle du parlement où il y sera jugé durant trois mois pour 30 faits d’empoisonnement dont 12 ayant entraîné la mort entre 2008 et 2017.

"Vous êtes prêt pour ce procès historique ? Ça va être haut en couleur !" a lancé, dès son entrée aux journalistes présents, maître Frédéric Douchez, l’avocat de la clinique Saint-Vincent. Huit ans après l’ouverture de l’enquête en 2017 et un an après la mise en accusation officielle de Frédéric Péchier, c’est désormais l’heure de ce procès fleuve où 156 personnes se sont constituées parties civiles. 270 journalistes, venus du monde entier, se sont accrédités pour couvrir ce procès qui s’annonce titanesque au regard du nombre de victimes (30) et de témoins (155) et d’experts (15) appelés à comparaître.

© Alexane Alfaro

La salle du Parlement du palais de justice de Besançon a été spécifiquement aménagée pour accueillir le déroulement du procès. D’une capacité de 191 places, elle ne permettra cependant pas d’accueillir toutes les personnes désireuses d’assister à ce premier jour de procès même si une salle de retransmission supplémentaire d’une trentaine de places a également été installée pour l’occasion.

La disposition fait que l’accusé se trouve assis à quelques mètres à peine du pupitre où viendront prendre place tous les témoins appelés à la barre. Au premier rang, la fille de Frédéric Péchier est présente en début de procès avec, derrière elle, son frère, fils du médecin.

10h10. D’une voix faible et peu assurée, le docteur Péchier répond aux questions de la présidente Thieberge qui lui demande de décliner son identité et d’indiquer son adresse actuelle. À la question "Situation familiale ?", l’accusé répond simplement "divorcé". La présidente lui demande également de confirmer le désistement de son avocat Maître Esteve qui semble avoir fait part de son désistement "par voie de presse" mais sans en avoir fait part à l’huissier de séance. Frédéric Péchier confirme. Sa soeur, Julie Péchier, fait partie des avocats de la défense.

S’en suit le tirage au sort des jurés. Plusieurs jurés dont des professionnels de santé sont notamment récusés par la défense. Une décision qui semble surprendre les avocats de la défense. Le docteur qui crie son innocence depuis le début, craindrait-il d’être désavoué par des membres du corps médical ? Le procédé a en tout cas fait sourire quelques avocats des parties civiles.

Renouvellement de constitution des parties civiles

Après une première suspension d’audience, le procès reprend vers 11h10. La présidente laisse la parole aux avocats des parties civiles qui égrènent tour à tour les noms des personnes qu’ils représentent, ils sont 156 au total.

Les témoins appelés à comparaître durant le procès sont à leur tour appelés à la barre par la présidente afin de vérifier leurs dates de témoignage durant le procès. Il leur est également rappelé que d’ici leur date de passage, les témoins ne peuvent assister à l’audience.

Parmi les témoins cités, plusieurs d’entre eux manquaient à l’appel ce lundi. La première étant actuellement hospitalisée mais considérée comme un "témoin clé" par le ministère public car occupant "un poste clé à la clinique Saint-Vincent", il est demandé par les deux parties à ce qu’elle puisse être entendue à un autre moment. Concernant le deuxième témoin, il s’agirait d’un docteur à qui il sera rappelé que son témoignage est "une obligation légale et pas une option" a rappelé la présidente.

Des recherches devront également être menées pour tenter de retrouver une infirmière en salle d’accueil "car il nous paraît important qu’elle soit entendue", a précisé les avocates générales. Même demande pour maître Schwerdorffer concernant un expert absent mais qui a mené "une contre-expertise controversée mais pas annulée". Pour la défense, ce témoignage est également jugé "indispensable".

Parmi les appelés, trois témoins sont de la famille Péchier dont le père de l’anesthésiste. Nathalie Péchier, qui a toujours défendu son mari lors de la procédure, sera elle aussi convoquée lors du procès. À la différence près qu’elle est aujourd’hui divorcée du docteur. À 13h, la séance est suspendue pour permettre une pause déjeuner et reprend à 14h.

procès de Frédéric Péchier

Frédéric Péchier maintenu en prison dans l’attente de son procès en appel

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon a examiné ce mercredi 11 février 2026 la demande de remise en liberté de l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en décembre dernier pour 30 empoisonnements de patients, dont 12 mortels. La chambre a décidé du maintien en détention de Frédéric Péchier dans l’attente de son procès d’appel. 

Frédéric Péchier veut sortir de prison pour préparer son procès en appel

"La détention est un obstacle à la préparation de mon procès" en appel, a déclaré mercredi 11 février 2026 l'ex-anesthésiste de Besançon Frédéric Péchier, condamné à perpétuité pour l'empoisonnement de trente patients, dont 12 mortels, lors d'une audience judiciaire où il a demandé sa remise en liberté.

Affaire Péchier : la demande de mise en liberté examinée ce mercredi par le tribunal de Besançon

Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour 30 crimes d’empoisonnement, l’ex-anesthésiste Frédéric Péchier verra sa demande de mise en liberté examinée ce mercredi 11 février 2026 par le tribunal de Besançon. L’accès à l’audience sera limité en raison de la capacité réduite de la salle.

La demande de remise en liberté de Frédéric Péchier examinée le 11 février 2026

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon examinera le 11 février 2026 une demande de remise en liberté de l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier, condamné en décembre pour l'empoisonnement de 30 patients, dont 12 sont morts, a-t-on appris mardi 13 janvier 2026 de sources concordantes.

Péchier, “un tueur en série” avec une clinique pour “terrain de jeu” selon la cour

Frédéric Péchier, condamné à la perpétuité pour 30 empoisonnements dont 12 mortels, s'est comporté comme "un tueur en série" avec pour "terrain de jeu" la clinique de Besançon où il exerçait comme anesthésiste, selon les motivations de la cour récupérées mardi 23 décembre 2025 par l'AFP.

L’ex-anesthésiste Frédéric Péchier a déposé une demande de mise en liberté

L'ancien anesthésiste Frédéric Péchier, condamné jeudi 18 décembre 2025 à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir empoisonné 30 patients, dont 12 sont morts, a déposé une demande de mise en liberté dans l'attente de son procès en appel, a indiqué vendredi 19 décembre le parquet général de Besançon.

Frédéric Péchier jugé coupable : “La fin d’un cauchemar”, selon des parties civiles

VIDÉO • La cour d’assises a rendu son verdict ce jeudi 18 décembre 2025 dans l’affaire de Frédéric Péchier, après plus de trois mois de procès à Besançon. L’ex-anesthésiste est reconnu coupable pour les 30 chefs d’accusation. Il est condamné à la peine maximale, soit la réclusion criminelle à perpétuité. Voici les réactions de parties civiles dont Nathalie Simard, victime en 2017, et d’Amandine Ihelen, fille de Damien Ihelen décédé en 2008.

Frédéric Péchier reconnu coupable : “L’un des plus grands criminels du siècle” selon Me Giuranna

VIDEO • La cour d’assises a reconnu l’ex-anesthésiste coupable pour tous les chefs d’accusation et l’a condamné à la peine de réclusion criminelle à perpétuité ce jeudi 18 décembre 2025 à Besançon. Voici la réaction de Me Stéphane Giuranna, Me Frédéric Berna, avocats de parties civiles.

Procès Péchier : “Il n’y aucun point commun entre Frédéric Péchier et un serial killer” selon Me Schwerdorffer

VIDÉO • La cour d’assises a rendu son verdict ce jeudi 18 décembre 2025 dans l’affaire Péchier, après plus de trois mois de procès. Elle a reconnu l’ex-anesthésiste coupable pour les 30 chefs d’accusation et l’a condamné à la peine de réclusion criminelle à perpétuité. Voici la réaction de son avocat, Me Randall Schwerdorffer.

Justice

Procès Zepeda pour l’assassinat de Narumi Kurosaki : de nouvelles recherches sur un ADN inconnu

Dix ans après la disparition d'une étudiante japonaise à Besançon, la cour d'assises du Rhône a demandé mercredi 18 mars 2026 à la police de tenter d'identifier un ADN trouvé sur son oreiller, accédant à la demande des avocats de son ex-petit ami chilien Nicolas Zepeda, rejugé pour assassinat.

Féminicide : Nicolas Zepeda jugé une troisième fois pour l’assassinat de Narumi Kurosaki

Le Chilien Nicolas Zepeda est jugé pour la troisième fois, à partir de mardi 17 mars 2026 à Lyon, pour l'assassinat en 2016 de son ex-petite amie japonaise à Besançon et devrait, sauf coup de théâtre, continuer à nier malgré des indices confondants. Même en l'absence de cadavre, de preuve et d'aveu, il a déjà été condamné deux fois à 28 ans de prison, en 2022 puis en appel en 2023, un verdict annulé par la Cour de cassation en 2025 pour un vice de procédure. 

Fraude et travail illégal : la gendarmerie du Doubs a saisi 7,5 millions d’euros en 2025

La gendarmerie du Doubs a saisi près de 7,5 millions d'euros d'avoirs criminels en 2025, dans le cadre de la lutte contre le travail illégal et la fraude, a annoncé samedi 14 mars 2026 la colonelle Elodie Montet, commandante du groupement départemental. Les avoirs criminels sont les profits issus d'une activité criminelle ou délictuelle.

Jugement de Frédéric Vuillaume et Toufik de Planoise à Besançon : un rassemblement de soutien le 12 mars

Frédéric Vuillaume secrétaire général de Force Ouvrière Bourgogne-Franche-Comté, et de Toufik-de-Planoise, journaliste indépendant, seront jugés en appel le 12 mars prochain par la Cour d'appel de Besançon. Un rassemblement pour soutenir les accusés est prévu par le syndicat Force Ouvrière. 

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 1.57
légères chutes de neige
le 26/03 à 09h00
Vent
3.52 m/s
Pression
1017 hPa
Humidité
92 %