Originaire des forêts humides de Madagascar, le vari à ceinture blanche est décrit comme ”le plus arboricole de tous les lémuriens”. Cette sous-espèce du vari noir et blanc vit principalement dans la canopée et se nourrit essentiellement de fruits mûrs. Selon le communiqué de la Citadelle, l’espèce est aujourd’hui ”classée en danger critique d'extinction par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN)”. Les effectifs sont particulièrement faibles, avec ”moins de 200 individus à l’état sauvage et seulement 105 en captivité”.
Les dernières études citées par le Muséum estiment que cette espèce a perdu 80% de sa population au cours des 20 dernières années. La déforestation, l’exploitation forestière, les activités minières et la chasse figurent parmi les principales menaces qui pèsent sur sa survie.
Une première naissance pour le couple
La naissance de Toky constitue la première de ce couple, constitué en janvier 2024. La femelle est arrivée d’Heidelberg en janvier 2024, tandis que le mâle provient du Parc zoologique de Paris, où il est arrivé à Besançon en 2019.
Pour le Muséum, cette naissance récompense ”l’engagement et le savoir-faire unique des équipes du Muséum de Besançon dans la conservation ex-situ (hors de la nature)”. L’événement revêt un caractère particulier car ”cette espèce se reproduit très rarement en parc zoologique”.
Depuis l’an 2000, le Muséum de Besançon a enregistré dix naissances de varis à ceinture blanche. La précédente remontait à 2019.
Une reproduction étroitement encadrée
La reproduction de cette espèce fait l’objet d’un suivi international. Le communiqué précise que ”des biologistes et des experts mondiaux de l'EAZA (Association Européenne des Zoos et Aquariums), contrôlent la reproduction afin de prévenir la consanguinité et d'assurer la pérennité de l'espèce”.
Au sein du parc zoologique de la Citadelle, une équipe interdisciplinaire composée de 25 professionnels (soigneurs, vétérinaires, biologistes) veille également chaque jour sur la santé et l'évolution des animaux.
Afin de garantir la tranquillité de la mère et du nouveau-né, un dispositif spécifique a été mis en place puisqu'un système de vidéosurveillance a été installé dans les loges pour que l’équipe animalière puisse suivre à distance les premiers jours de vie du nouveau-né.
Les zoos comme outil de conservation
À travers cette naissance, le Muséum de Besançon souhaite rappeller le rôle des établissements zoologiques dans la préservation des espèces menacées. Face à la dégradation des habitats naturels à Madagascar, les programmes d’élevage constituent, selon le communiqué, un indispensable ”réservoir génétique” vivant. L’objectif à long terme demeure la préservation des populations sauvages et leur renforcement lorsque les conditions le permettront.
La Citadelle soutient également plusieurs associations de conservation à Madagascar : Caméléon Center Conservation, Impact Madagascar, AEECL et Helpsimus. Chaque année, ”entre 1 000 à 2 500 € sont reversés par association via le Fonds de conservation du Muséum de la Citadelle”.
Une surveillance renforcée pour les premières semaines
Le jeune Toky reste particulièrement fragile. Le Muséum indique que ”le jeune primate demeure particulièrement vulnérable durant ses premières semaines” et qu’il fait actuellement ”l’objet d’une surveillance renforcée de la part des équipes animalières”.
Son accès aux espaces extérieurs sera déterminé en fonction de son état de santé et des conditions météorologiques dans les semaines à venir.


