Au parc zoologique de la Citadelle de Besançon, la canicule impose une organisation particulière. Si les visiteurs recherchent l'ombre, les soigneurs, eux, poursuivent leur travail malgré les fortes températures et ce n'est pas facile comme l'affirme Margaux Pizzo : "C'est difficile surtout pour les soigneurs animaliers qui sont sur le terrain et dont la présence est nécessaire pour assurer les soins, même dans le cadre de fortes chaleurs.”.
Chaque espèce nécessite une prise en charge différente. Concrètement, certains animaux bénéficient de points d'eau supplémentaires, notamment les femelles allaitantes. Les bassins de plusieurs espèces de poissons et d'amphibiens sont également renouvelés plus fréquemment afin d'abaisser la température de l'eau.
Des fruits et légumes transformés en glaçons
Parmi les mesures mises en place figure la distribution d'une partie de la ration alimentaire sous forme de glaçons. ”On va le préparer au minimum la veille pour le lendemain avec tout ce dont les animaux ont besoin en nutriments pour leur organisme. Ça va être ensuite distribué dans leur enclos ou volière. Et ils vont pouvoir lécher, accéder à cet enrichissement frais qui va à la fois les nourrir, mais aussi les rafraîchir", nous explique la responsable.
Si cette technique a déjà consisté à congeler de la viande pour certaines espèces, ce sont désormais principalement des fruits et des légumes qui composent ces "glaces" destinées aux animaux.

L'utilisation de ces enrichissements fait partie des pratiques courantes dans les parcs zoologiques. ”Souvent on s'inspire des idées d'autres collègues de parcs zoologiques. J'ai toujours connu cet enrichissement, sous cette forme-là”, explique Margaux Pizzo, responsable du parc zoologique de la Citadelle depuis 2014.
En revanche, les épisodes de fortes chaleurs de l'été 2026 ont conduit les équipes à renforcer ces mesures. ”Cette année a été assez exceptionnelle avec ces trois canicules consécutives. On a donc dû aller plus loin dans nos adaptations”, souligne-t-elle.
Groupes froids et local climatisé
Si les grands enclos ne sont pas climatisés, plusieurs solutions permettent de rafraîchir les animaux. Les loges de certaines espèces sont régulièrement arrosées afin de faire baisser la température. Pour les poissons, les amphibiens et les arthropodes, le parc est équipé de groupes froids qui refroidissent directement l'eau des bassins.
Enfin, un local conçu à l'origine pour l'hivernage des tortues et des amphibiens a été réaménagé afin de servir également de refuge lors des fortes chaleurs "parce qu'on a installé une mini-clim' récente pour justement qu'il soit plus au frais", nous explique Margaux Pizzo.

Environ 600 animaux et près de 200 espèces
Le parc zoologique de la Citadelle abrite près de 200 espèces, dont une large part d'arthropodes soit les petits insectes, araignées, terrestres ou aquatiques. Le reste étant composé de mammifères, d'oiseaux et d'amphibiens exotiques.
Au total, l'établissement accueille environ 600 animaux, sans compter les nombreux insectes, petits poissons et autres invertébrés.
Une intervention humaine limitée auprès des jeunes
Lors des naissances, les soigneurs privilégient une approche discrète afin de laisser les mères s'occuper de leurs petits comme le souligne Margaux Pizzo :”Dans tous les cas, la règle de base, c'est d'être le moins interventionniste possible, le moins invasif.”
Les équipes assurent toutefois un suivi quotidien de la gestation jusqu'aux premières semaines de vie afin de pouvoir intervenir si la santé de la mère ou du jeune l'exige.
Des animaux habitués au climat européen
Contrairement à une idée reçue, les animaux du parc ne sont pas directement issus de leur milieu naturel. "Tous nos animaux viennent de parcs zoologiques", affirme la responsable, "ce sont des transferts entre parcs zoologiques européens. Donc, ce sont des animaux qui ont été habitués à nos latitudes.”
Les soigneurs surveillent en permanence leur comportement pour détecter tout signe de stress lié aux températures élevées. ”On voit s'ils souffrent ou pas de la chaleur, et à ce moment-là, on adapte si besoin. On trouve des solutions, mais il n'y a pas d'espèce qui souffrent de mal-être parce qu'il y a la canicule. On arrive à trouver des solutions pour les apaiser", assure Margaux Pizzo.



