Urgences : Buzyn dévoile un "pacte de refondation" à 750 millions, sans lits supplémentaires

Publié le 10/09/2019 - 08:50
Mis à jour le 10/09/2019 - 08:49

Acculée par la grève inédite touchant les services d’urgences depuis près de six mois, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a détaillé ce lundi 10 septembre 2019 un « pacte de refondation » de 750 millions d’euros sur trois ans, mais ne prévoyant ni les lits ni les effectifs supplémentaires réclamés par les grévistes. La CGT a annoncé lundi soir qu’elle maintenait son appel à manifester mercredi.

© d poirier ©
© d poirier ©

Une première salve avait été annoncée la semaine dernière : "l'admission directe" des personnes âgées sans passer par les urgences, la "vidéo-assistance" entre les Ehpad et les régulateurs du Samu, ou encore l'envoi d'une ambulance vers un médecin libéral pour les cas les moins graves. Création d'un "service d'accès aux soins", 50 nouvelles maisons médicales de garde, réforme du financement des urgences... quelques nouveautés figuraient parmi la douzaine de mesures dévoilées lundi par la ministre.

"L'heure n'est plus au constat mais aux solutions", a déclaré la ministre devant la presse à l'issue de sa rencontre avec les représentants des personnels et dirigeants hospitaliers, des syndicats de médecins libéraux et du collectif Inter-Urgences, à l'origine de la grève.

  • Au total, entre 2019 et 2022, "plus de 750 millions d'euros" seront consacrés à ce plan visant à désengorger les urgences en s'appuyant davantage sur la médecine de ville et en accélérant les prises en charge.

"En incluant les 70 millions délégués dès juillet 2019 pour financer la prime urgences" et les renforts estivaux annoncés en juin par la ministre, ainsi que certains mesures du Plan "Ma Santé 2022", l'effort se chiffre à plus d'un milliard d'euro, a résumé la ministre.

Mais cette somme, puisée dans les crédits existants, n'entraînera pas la hausse de budget consacrée à la santé réclamée par les grévistes.

"Service d'accès aux soins"

Il n'y a "rien sur les lits, rien sur les postes", a immédiatement regretté Hugo Huon, président du collectif Inter-Urgences. Sans compter les revendications salariales, également au cœur des revendications. "Avant d'ouvrir des lits je souhaite qu'on optimise (leur) gestion" au sein des groupements hospitaliers de territoire, a expliqué la ministre, qui n'exclut pas d'y revenir dans un deuxième temps si les solutions proposées s'avèrent "insuffisantes".

Dans l'immédiat, elle préfère miser sur la mise en place, d'ici "à l'été 2020", d'un service d'accès aux soins (SAS). En ligne ou par téléphone, 24 heures sur 24, ce service orientera les patients vers une consultation en ville ou une téléconsultation ou vers les urgences, éventuellement via l'envoi d'une ambulance.

Une concertation de "deux mois" va s'ouvrir entre médecins libéraux, professionnels hospitaliers et pompiers, a indiqué la ministre, sans se prononcer sur la mise en place d'un numéro unique pour les urgences pour remplacer les numéros existants (15, 18, 112, 116-117). Un débat qui dure depuis des années. "On rêve ! Déjà on a un mal fou à faire fonctionner ce qui existe, on n'arrive pas à trouver un accord (...) pour faire travailler les pompiers et les médecins", s'est agacé Patrick Pelloux, président de l'association des médecins urgentistes de France (Amuf) à l'antenne de RTL.

Autres mesures...

  • Parmi les mesures détaillées lundi, la réforme du financement des urgences en 2021 afin notamment de diminuer la décriée tarification à l'activité au profit d'une enveloppe forfaitaire dépendant notamment de la population prise en charge.
  • Des mesures sont également prévues pour limiter le recours coûteux à l'intérim.
  • Une prime de 100 euros nets mensuels sera par ailleurs versée aux assistants de régulation médicales à compter de novembre, a annoncé Mme Buzyn.
  • Un traitement censé limiter la saturation de services dont la fréquentation a plus que doublé en vingt ans, atteignant 21,4 millions de passages en 2017.

Mais pas suffisant pour satisfaire Hugo Huon. La ministre "se refuse complètement à revaloriser les métiers soignants, il y a un tel déni des professions paramédicales, c'est assez fou", a-t-il déclaré à l'AFP. Rappelant que le collectif doit se réunir mardi en Assemblée générale, il a estimé que "les gens sont très sceptiques" sur ces annonces.

Selon le collectif Inter-Urgences, 249 sites étaient en grève vendredi - tout en continuant d'assurer les soins. Le ministère en avait recensé 195 mi-août, soit la moitié des services d'urgences publics français. La CGT a annoncé lundi soir qu'elle maintenait son appel à manifester mercredi.

(AFP)

Santé

Gérontologie : un préavis de grève déposé sur le site de Bellevaux pour plusieurs jours

Les syndicats FO Bellevaux et UNSA Santé et Sociaux public et privé du CHU de Besançon – site de Bellevaux ont déposé un préavis de grève dans un courrier adressé au directeur général de l’établissement. Ce mouvement social concerne l’ensemble des personnels du site et s’étend sur plusieurs journées prévues entre avril et mai 2026.

Protoxyde d’azote : le sénateur Longeot assure poursuivre la mobilisation parlementaire

Le 7 avril dernier, le sénateur du Doubs Jean-François Longeot s’est entretenu avec la directrice des affaires publiques, et le directeur de la branche infrastructures du groupe Suez, au sujet "des conséquences dramatiques, humaines, sociales et environnementales, liées à l’usage détourné du protoxyde d’azote".

La Bourgogne-Franche-Comté sera représentée au Congrès France Bioproduction 2026

Les 15 et 16 avril 2026, la Bourgogne-Franche-Comté participera à la 10e édition du Congrès France Bioproduction, le rendez-vous annuel consacré à la bioproduction au service des biothérapies. Lors de sa dernière édition en mars 2025, l’événement avait rassemblé 1.150 délégués et 125 exposants.

30 tonnes d’aliments dans une vie : et si notre santé se jouait largement dans notre assiette ?

L'oeil de la diet' • À l’occasion de la Journée mondiale de la santé, célébrée le 7 avril, on parle souvent d’activité physique, de prévention ou de système de soins. Mais pour Valentine Caput, diététicienne à Besançon, un élément beaucoup plus quotidien mérite peut-être qu’on s’y attarde : ce que nous mangeons, tous les jours. 

Moustique tigre à Besançon : une réunion de prévention le 23 avril

La présence du moustique tigre est désormais avérée à Besançon. Face au risque sanitaire pour les habitants, la municipalité et l’Agence régionale de santé (ARS) Bourgogne-Franche-Comté mettent en œuvre un plan de surveillance et de prévention. Une réunion de sensibilisation est ouverte au public en avril 2026.

100 aliments sains à prix coûtant : 37 associations réclament une loi d’urgence

Trente-sept organisations de consommateurs, de santé et de lutte contre la précarité, dont foowatch, ont adressé le 1er avril 2026 une lettre ouverte au Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour demander l’adoption d’une loi imposant la vente à prix coûtant de 100 produits alimentaires jugés essentiels. Cette initiative intervient dans un contexte de fragilisation durable des ménages après plusieurs années d’inflation.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 5.96
ciel dégagé
le 25/04 à 03h00
Vent
0.92 m/s
Pression
1018 hPa
Humidité
84 %

Sondage