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Alstom: 21 TGV, 20 locomotives dépanneuses et 40 M€ pour relancer le site de Belfort

© damien poirier - cliquez sur l'image pour agrandir

Le gouvernement a annoncé ce mardi 4 octobre 2016 des commandes de TGV et de locomotives diesel pour maintenir l'activité de l'usine de Belfort, où Alstom s'est pour sa part engagé à investir 40 millions d'euros en trois étapes d'ici à 2020, a-t-on appris de sources concordantes. 

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L'Etat achètera 15 TGV destinés aux lignes Intercités Bordeaux-Marseille et Montpellier-Perpignan, en plus de 6 TGV pour la liaison Paris-Turin-Milan déjà évoqués par le gouvernement, tandis que la SNCF commandera 20 locomotives diesel pour le remorquage de trains en panne, ont indiqué  plusieurs sources proches du dossier. Par ailleurs, la commande de 30 trains Intercités, annoncée en février par le gouvernement, sera concrétisée d'ici à la fin du mois. 

Nouveaux modèle et maintenance

Les investissements d'Alstom seront principalement dédiés au développement et à la production d'un nouveau modèle de locomotive hybride ou diesel. Le groupe y consacrera 30 millions d'euros d'ici à 2018 et l'Etat étudiera un possible financement complémentaire. 

En outre, 5 millions d'euros seront dépensés d'ici à 2019 pour moderniser les ateliers de maintenance ferroviaire du site de Belfort, avec l'objectif de doubler les effectifs sur cette activité, soit 150 salariés à terme. Les collectivités locales accompagneront ce projet. 

Diversification 

Enfin, Alstom investira 5 millions d'euros supplémentaires d'ici à 2020 pour diversifier la production de l'usine de Belfort, berceau du TGV qui compte actuellement plus de 400 salariés, et l'orienter vers d'autres types de trains mais aussi de véhicules routiers, notamment le bus électrique. Ces investissements s'ajouteront au projet de "TGV du futur", qu'Alstom et la SNCF doivent concevoir d'ici à la fin de 2017, en vue d'éventuelles commandes qui profiteraient en partie à l'usine de Belfort à partir de 2021. Le construteur ferroviaire et l'Etat, via l'Ademe, y consacreront 30 millions d'euros sur deux ans.

Des réactions de politiques

Marine Le Pen, présidente du Front National : "Les bidouillages du gouvernement pour tenter de sauver le site Alstom de Belfort (...) ne
constituent en rien une solution d'avenir à même de pérenniser, sur le long terme, l'activité et l'emploi sur le site de Belfort. (...) La réponse doit
être double: structurelle, en se libérant des règles européennes qui lui interdisent toute forme de patriotisme économique et de protectionnisme intelligent; spécifique, en nationalisant de manière temporaire et partielle Alstom".

Marie-Noëlle Lienemann, candidate à la primaire organisée par le PS : "se félicite de la mobilisation gouvernementale pour remplir les carnets de commande d'Alstom en vue du maintien du site de production de Belfort. (...) Pour garantir la pérennité de l'activité d'Alstom, son développement et le maintien des sites, si la commande publique est une bonne nouvelle, il est indispensable que l'Etat monte au capital d'Alstom avec une minorité de blocage". 

Bruno Le Roux, chef de file des députés socialistes : "C'est une solution qui permet de remplir les chaînes de production. (...) L'Etat prend ses
responsabilités. La pérennisation du site, cela passe par une diversification. Cela n'est possible que si le carnet de commandes est rempli. C'est tout le contraire du bricolage".

Fabienne Keller, sénatrice du Bas-Rhin, secrétaire nationale LR en charge des Transports : L'État "prend aujourd'hui une décision politique, de communication, visant à +sauver+ Alstom d'une situation qu'il a lui même participé à provoquer faute d'une réelle stratégie ferroviaire à moyen et long terme. Une décision improvisée, qui peut même s'avérer contre-productive. (...) Au final, il s'agit d'un +rafistolage+ à court terme qui vise à sauver les apparences mais qui ne constitue en rien une réelle stratégie industrielle et ferroviaire". (communiqué)

André Chassaigne, chef de file des députés du Front de gauche : "Je me réjouis que le site puisse être maintenu, bien évidemment. Mais ce n'est pas une réponse de fond. Et ça donne quand même l'impression de bricolage (...). En espérant que cette réponse va vraiment se concrétiser, parce que quand on voit qu'il ne reste que six mois avant les élections, on peut toujours se poser la question: +Est-ce que ce n'est pas une simple réponse de circonstance?+".

(Avec AFP)

Damien

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