Carburants : les professionnels ne prévoient pas de pénurie sur la route des vacances

Publié le 03/06/2022 - 14:10
Mis à jour le 03/06/2022 - 10:30

Y aura-t-il assez de carburant sur la route des vacances ? Si l'Agence internationale de l'énergie (AIE) agite le risque de "pénuries" en Europe, les professionnels français comme le gouvernement se montrent rassurants sur l'approvisionnement cet été.

 ©
©

"Lorsque la saison des vacances débutera en Europe et aux États-Unis, la demande en carburant augmentera. Il pourrait alors y avoir des pénuries: par exemple de diesel, d'essence ou de kérosène, surtout en Europe", a déclaré au Spiegel le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Fatih Birol.

Le monde se trouve dans une crise énergétique sans précédent depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, un producteur majeur d'hydrocarbures mais aussi de produits pétroliers raffinés comme le gazole.

L'Union européenne vient aussi de décider un embargo partiel sur le pétrole brut russe dans les 6 mois et les produits raffinés dans les 8 mois. Au total ce sont 90 % des exportations de pétrole russe vers l'UE qui seront arrêtées d'ici la fin de l'année.

"L'Europe ne dépend pas seulement des livraisons de pétrole brut, mais aussi des importations de produits pétroliers. Et là, certains pays exportateurs comme la Chine imposent de premières interdictions d'exportation; ils veulent sécuriser leurs propres consommateurs", alerte Fatih Birol.

Mais les professionnels français ne partagent pas cette vision alarmiste. "Nous ne prévoyons pas de pénurie en France, ni en pétrole brut, ni en gazole", réagit Olivier Gantois, président de l'Ufip Énergies et Mobilités, qui regroupe les grands groupes pétroliers en France. "Les approvisionnements sont déjà organisés. Heureusement, on n'attend pas le 3 juillet pour se demander si on va avoir du carburant pour les stations-service pour le week-end qui suit", souligne-t-il.

Les acteurs avaient eu le temps de se préparer à un embargo qui ne sera d'ailleurs mis en place que progressivement, ajoute Francis Pousse, président de la branche des Stations-service et énergies nouvelles de Mobilians, organisation professionnelle du secteur automobile.

"L'ensemble de la filière cherche et trouve d'autres sources d'approvisionnement puisque ça fait deux mois que l'on sait que cela va se passer", souligne-t-il, en allusion aux longues discussions des Européens avant de parvenir à un compromis sur un embargo progressif.

L'AIE "dans son rôle"

"Aujourd'hui, le pétrole continue d'être importé" de Russie, a aussi rappelé la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, sur France Info. "Nous remplaçons au fil de l'eau, on n'a pas vocation à diminuer brutalement nos importations de pétrole" mais à les "diversifier", a-t-elle souligné.

La ministre a aussi rappelé l'existence de stockage stratégiques de brut et de produits finis, qui représentent normalement 29,5 % des volumes consommés en une année, soit plus de trois mois.

L'alerte de l'AIE, qui regroupe des pays développés, ne surprend pas pour autant les professionnels. Elle "est dans son rôle" et "envoie des messages à l'Opep", juge M. Gantois.

Elle fait ainsi régulièrement des appels du pied au cartel pour lui demander d'augmenter ses volumes de production. Un message qui semble d'ailleurs avoir été entendu, puisque les producteurs ont annoncé jeudi une ouverture plus importante que prévu de leurs vannes cet été pour tenter de freiner l'envolée des cours.

D'autres bonnes "surprises" pourraient détendre le marché, concède aussi Fatih Birol, comme un accord sur le nucléaire iranien ou un essoufflement de la croissance chinoise.

Du côté des prix, le litre de carburant évolue en France à un niveau élevé mais toutefois loin des records du mois de mars, quand il dépassait les 2 euros, grâce en particulier à une ristourne à la pompe mise en place par le gouvernement.

Le litre de gazole valait en moyenne 1,8281 euro la semaine dernière et celui de super sans plomb 95-E10 1,9293 euro. Le second est ainsi redevenu plus cher que le premier, comme c'est traditionnellement le cas, sous l'effet de plusieurs facteurs, notamment la forte demande saisonnière de sans plomb aux Etats-Unis.

Pour l'avenir, il reste difficile de prédire l'évolution des prix ces prochaines semaines dans un contexte rendu incertain par le conflit en Ukraine. "Ma prédiction, pour ce qu'elle vaut, c'est que les prix vont rester élevés voire continuer à augmenter", avance Olivier Gantois.

(AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Economie

À Besançon, le restaurant L’Unalôme inaugure un nouvel espace culturel… dans sa cave

Référence reconnue de la scène gastronomique bisontine depuis 4 ans, le restaurant L’Unalôme annonce l’élargissement de son activité avec l’ouverture d’un espace dédié à la culture et à l’événementiel. Installé dans une cave voûtée réaménagée, ce nouveau lieu accueillera à la fois une programmation artistique régulière et des événements privatifs, a-ton appris ce mardi 20 janvier.

Menace de taxes douanières sur les vins : Macron et Genevard montent au créneau face aux menaces de Trump

La France a vivement réagi après la nouvelle menace de Donald Trump d’imposer des droits de douane de 200 % sur les vins et champagnes français. L’entourage d’Emmanuel Macron, tout comme la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, ont condamné ces déclarations, mardi 20 janvier 2026.

Ambiance bar à jeux et cuisine mexicaine pour la réouverture du Pixel à Besançon

Situé en plein coeur de la Cité des Arts, le Pixel a fermé ses portes le 1er décembre 2023. Deux ans plus tard, le voilà qu’il s’apprête à rouvrir ses portes sous l’impulsion d’Eric Grux, Jocelyn Lamy et Johann Donnenwirth. À eux trois, ils représentent respectivement les entreprises Jinic Media, Lamy traiteur (Samouraï sushis) et les Jeux de la Comté et ont décidé d’unir leurs forces pour transformer Le Pixel en restaurant, coffee shop et bar à jeux, nommé Taqueria Quest. La pré-ouverture aura lieu le 30 janvier 2026 et l’ouverture officielle est prévue pour la fin du mois de février. 

Logement neuf : un marché national en repli, des signaux de résilience à Besançon

Dans un contexte national marqué par un ralentissement de la production de logements neufs, l’année 2025 apparaît contrastée pour Besançon. Si la baisse des ventes et des mises en chantier est nette, certains indicateurs locaux traduisent une capacité d’adaptation du marché et une confiance maintenue des opérateurs. Explications avec Fabrice Jeannot, vice-président de la Fédération des promoteurs immobiliers Bourgogne Franche-Comté ce lundi 19 janvier.

Le fisc réclame des millions d’euros de redressement à General Electric Belfort

Le fisc français a notifié un important redressement au groupe industriel GE Energy Products France (EPF), filiale de la multinationale américaine GE Vernova, lui reprochant d'avoir artificiellement réduit son bénéfice imposable de 212 millions d'euros, a-t-on appris vendredi auprès du CSE de l'entreprise basée à Belfort.

Jott en redressement judiciaire : les cinq boutiques de Besançon, Belfort, Dijon et Chalon-sur-Saône surveillées

Le tribunal des activités économiques de Marseille a décidé le 18 décembre 2025 de placer la société SAS JOTT sous le régime du redressement judiciaire. Cette procédure, déclenchée en raison d’une situation de cessation des paiements, ouvre une période d’observation de six mois durant laquelle la viabilité de l’entreprise sera examinée. Une audience clé est prévue le 5 février 2026.

Espoir pour Fralsen à Besançon : des offres déposées au tribunal…

Placée en redressement judiciaire, l’entreprise Fralsen, basée à Besançon, dispose désormais de nouvelles perspectives. Selon nos informations, plusieurs offres de reprise ont été déposées auprès du tribunal des affaires économiques de Lyon. Une étape cruciale alors que la société doit impérativement trouver un repreneur d’ici le 5 février 2026.

Le marché du travail se dégrade de nouveau au troisième trimestre 2025 (Insee)

L’Insee Bourgogne-Franche-Comté a partagé ce mardi 13 janvier 2026, la nouvelle notre de conjoncture concernant le troisième trimestre de l’année 2025. Pour l’Insee un constat s’impose, celui que le regain de croissance national de l’été 2025 ne se retrouve pas en Bourgogne-Franche-Comté. 

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 0.3
couvert
le 21/01 à 00h00
Vent
1.51 m/s
Pression
1015 hPa
Humidité
86 %