Dans son discours préliminaire, Ludovic Fagaut a tenu à rendre hommage à plusieurs personnes récemment disparues ou victimes de drames. Il a d’abord eu une pensée pour les deux enfants décédés par noyade dans le Doubs à Besançon cet été, ainsi que pour le jeune étudiant à vélo, mort la semaine dernière après avoir été percuté par un véhicule.
L’élu a également salué la mémoire d’Édouard Balladur, ancien Premier ministre et homme d’État, ainsi que celle de Jean-Charles Diéterlé, figure de la vie bisontine et du commerce local. "Il a animé notre ville à la tête de l’UCB de 1988 à 2008", a rappelé Ludovic Fagaut, soulignant notamment son rôle dans la création du marché de Noël en 1993, de la braderie d’automne et des Instants gourmands dont la dernière édition s'est tenue il y trois semaines. "C’est le dernier moment où j’ai échangé avec lui", a-t-il ajouté. Une minute de silence a ensuite été observée en leur mémoire.

Le maire de Charlottesville aux côtés de Ludovic Fagaut
La délégation de Charlottesville était présente au conseil municipal, dont le maire, Juandiego Wade. À cette occasion, Ludovic Fagaut a prononcé un discours d’accueil avant de laisser la parole à l’édile américain. Une remarque de ce dernier a notamment amusé l’assemblée lorsqu’il a évoqué sa surprise de voir "piétons, cyclistes et automobilistes partager la chaussée".
Une petite phrase qui n’est pas passée inaperçue dans un contexte bisontin marqué par le débat autour d’une éventuelle-future réouverture du pont de la République à la circulation automobile, souhaitée par la majorité et fermement contestée par l’opposition.
Pour célébrer les 20 ans du jumelage entre Besançon et Charlottesville, Ludovic Fagaut a ensuite remis la médaille de la Ville au maire de la cité américaine.

La ressource en eau longuement abordée
La gestion des espaces verts et de l’eau a occupé une partie importante des échanges du conseil municipal. Parmi les nombreuses remarques et questions, les élus d’opposition ont notamment demandé des précisions sur le contrat liant la ville à une entreprise, dont le montant affiché s’élève à 680 000 euros hors taxes.
"Quelques questions très simples qui amènent des réponses précises et de transparence par rapport au type de contrat qui lie cette entreprise à la ville de Besançon", a ainsi demandé Anthony Poulin (Les Écologistes), souhaitant notamment connaître "les missions" confiées à la société.
La question de l’arrosage a également suscité des interrogations, alors que l’été a été marqué par de fortes chaleurs et des restrictions liées à la ressource en eau. Les élus ont demandé le coût de l’arrosage des fleurs et des équipements sportifs, ainsi que le volume d’eau utilisé. "Nous avons besoin de plus d'informations et de transparence par rapport au coût", a déclaré l’élu.
La majorité défend sa politique de l’eau
Face à ces critiques, la majorité municipale a rejeté les accusations portées contre sa gestion. Guillaume Bailly, adjoint en charge des Espaces verts, a notamment annoncé que le bilan de la saison serait présenté ultérieurement : "La saison n'est pas terminée, l'heure du bilan n'est encore pas arrivée, donc vous aurez les éléments en temps voulu."
Il a ensuite défendu les choix de la majorité en avançant plusieurs chiffres concernant l'eau et les espaces verts. Il a indiqué que les espaces verts de la Ville représentent "150 hectares", tandis que le massif fleuri représente "0,35 hectares, soit 0,2% de la surface de la ville".
Sur la consommation d’eau, il a affirmé que "240 000 m3 par semaine" étaient prélevés par Grand Besançon Métropole pour les habitants, contre "100 000 m3 par semaine" correspondant, selon lui, à la consommation d’eau annuelle des habitants. Il fait également état d’un volume de "30 000 m3 par semaine" présenté comme lié aux fuites du réseau que l'ancienne majorité n'aurait pas pris en compte.
Guillaume Bailly a également défendu les besoins en eau du fleurissement. "Notre politique de fleurissement sur l'année 2026, année de sécheresse et de forte chaleur historique, vous l'aurez compris, c'est un besoin annuel en eau de 1500 m3 par an", a expliqué l’élu.
Il a également mis en cause la gestion antérieure du réseau d’eau. "Vous qui êtes habituellement les chantres de l'écologie, en réalité, vous n'avez absolument rien fait pour préserver nos ressources en eau", a lancé l’élu à l’opposition. Avant d’ajouter : "Vous, vous n'avez rien fait, nous, nous allons faire."
Cette réponse n’a pas convaincu les élus d’opposition. Hasni Alem, conseiller municipal PCF, a estimé que la majorité n’avait pas répondu aux questions initialement posées sur les choix d’arrosage. "Moi, je remarque juste une chose, c'est que vous avez répondu à absolument aucune question qu'on a posée, encore une fois", a-t-il déclaré.
Il a également contesté la manière dont la majorité présentait la situation : "À vous entendre, tout va très bien. Tout va très bien, finalement, il n'y a pas de soucis, tout va très bien, on a géré comme des pros".
Un nouvel adjoint et une nouvelle conseillère municipale aux Sports
Après le départ de Frédéric Parise, annoncé le 21 juillet dernier, le conseil municipal de Besançon a procédé à un nouveau remaniement dans le domaine des sports. Mohamed Aït Ali a ainsi été élu adjoint en charge des Sports et des Équipements sportifs, avec 42 % des voix.
Son arrivée au sein de l’exécutif municipal entraîne également l’entrée d’une nouvelle élue au conseil municipal. Marie-Line Egron devient conseillère municipale déléguée aux sports adaptés, au sport handicap et au sport santé, en remplacement de Mohamed Aït Ali.

Centre technique métropolitain : un éco-centre pour mieux gérer les déchets issus des travaux
Face à l’accumulation importante de gravats produits par les entreprises intervenant sur les chantiers, la Ville entend renforcer le contrôle et la gestion de ces déchets. Le conseil municipal a ainsi approuvé à l’unanimité la création d’un écocentre au sein du centre technique métropolitain.
"Il s’agit de maîtriser l’ensemble de ces déchets", a expliqué Pascal Orlandi, adjoint au maire chargé des Infrastructures et de la voirie, des grands travaux, de la transition écologique et énergétique. Le futur équipement comprendra notamment un quai permettant aux entreprises de déverser leurs gravats dans des bennes dédiées, ainsi qu’un dispositif destiné à mieux maîtriser les eaux de ruissellement.
Avant la mise en service de cet éco-centre, la Ville devra toutefois procéder à l’évacuation du stock actuellement présent sur le site, une opération estimée à 400 000 euros. Une partie des matériaux pourra être réutilisée dans e prochains travaux. Le stockage restant sera ensuite fermé et l’équipement sera réservé aux besoins de la Ville et de Grand Besançon Métropole.
Le coût total du projet s’élève à 606 000 euros. La collectivité bénéficiera d’une subvention de 200 000 euros versée par l’Agence de l’eau.
Avec cet équipement, la Ville souhaite rétablir des conditions d’exploitation "satisfaisantes" et disposer d’une installation rapidement opérationnelle, notamment pour répondre aux obligations qui s’imposent aux entreprises en matière de gestion des déchets issus des travaux.
La MJC des Clairs-Soleils a agité l’assemblée
La décision modificative n°2 du budget 2026 prévoit plusieurs dépenses liées à la sécurité et à la tranquillité publique.
La principale enveloppe, de 95 000 €, doit permettre de réaménager les espaces de tir du fort Chaudanne afin d’organiser les exercices réglementaires de formation et d’entraînement des policiers municipaux, dans le contexte de la mise en place progressive de l’armement des brigades municipales.
La Ville prévoit par ailleurs 17 000 € pour l’acquisition de barrières destinées à sécuriser les manifestations dans le cadre du dispositif Vigipirate. Une enveloppe de 20 000 € doit également permettre de poursuivre l’expérimentation de dispositifs de sûreté dans plusieurs établissements scolaires, en lien avec l’État. Enfin, 15 000 € sont consacrés au remplacement de la sirène du réseau d’alerte située à l’école Jules-Ferry.
La DM2 prévoit parallèlement le décalage de 2,6 millions d’euros de crédits de paiement concernant plusieurs opérations, notamment les projets des écoles Vieilles-Perrières et Paul-Bert ainsi que le complexe sportif Diderot.
Lors du conseil municipal, le débat a été très vif, mais au sujet de la MJC des Clairs-Soleils.
Dans le cadre des débats sur la décision modificatives n°2 de l’exercice 2026, Séverine Véziès a évoqué la situation financière de la MJC des Clairs-Soleils pour le grand plaisir de Ludovic Fagaut qui n’a pas hésité à reprocher l’attitude d’Hasni Alem, adjoint aux Quartiers sous le mandat d’Anne Vignot, lorsque l’affaire est sortie début septembre.
Pour rappeler le contexte, l’association avait alerté lundi 31 août 2026 via un post sur ses réseaux sociaux, sur sa situation financière, "qui risque, dès le mois d’octobre 2026 de mettre un terme à (son) projet associatif et à l’arrêt de l’ensemble des actions portées depuis dix-huit ans dans le quartier des Clairs Soleils et des Vareilles."
- Voir et écouter le débat : www.macommune.info/suivez-en-direct-le-conseil-municipal

Soutien à l'association Solidarité Femme Besançon voté à l'unanimité
Un soutien à l'association Solidarité Femme Besançon pour son lieu d'Accueil d'Ecoute et d'Orientation (LAEO) et son accueil de jour à destination des femmes victimes de violences conjugales a été soumis au vote, un soutien soutenu par l’ensemble des élu(e)s du conseil municipal.
Manon Monnier, conseillère municipale déléguée à l’Égalité femmes-hommes et aux Droits des femmes, a salué le travail des associations, tout en appelant à renforcer les moyens consacrés à la prévention. "Elles manquent malheureusement cruellement de moyens pour mener à bien leur mission et nous nous tenons à leur côté", a-t-elle déclaré.
L’élue a proposé de renforcer la formation des policiers municipaux à l’accueil des victimes et à la détection des violences, ainsi que de lancer "une campagne municipale de sensibilisation" dans les médias et les lieux publics. Elle a également insisté sur la prévention auprès des jeunes : "il est très important d'éduquer au consentement dès le plus jeune âge et à l'égalité de genre." Pour Manon Monnier, "la répression seule ne suffira pas à faire reculer les violences sexistes et sexuelles".
Aline Chassagne, conseillère municipale PCF, a pour sa part salué les associations, la Maison des Femmes, les soignants du CHU ainsi que l'intersyndicale féministe de Besançon et ses rassemblements devant le tribunal le lundi pour réclamer un Loi d'urgence intégrale. Elle a appelé à davantage de moyens pour lutter contre les violences et réclame une "loi intégrale". "On a besoin d'argent, là on parle d'une subvention qui reste relativement modeste à l'échelle de notre ville", a-t-elle estimé.
L’élue a également insisté sur la nécessité de renforcer les moyens de la justice. "Et qu'est-ce que les habitantes et les habitants demandent ? Ils demandent que ce soit fini l'impunité. Stop à l'impunité. Mais pour ça, bien sûr, il faut aussi des moyens à la justice." Elle a enfin appelé à poursuivre la mobilisation devant le tribunal : "On ne peut pas fermer les yeux et j'espère qu'on sera encore plus nombreux lundi prochain."
Convention police municipale-police nationale et vidéo-protection : débats tardifs mais
Arrivés tardivement à l’ordre du jour, vers 23 h 45, les sujets de la convention entre la police municipale et la police nationale expirée en 2024 ainsi que de la vidéo-protection, ou "vidéosurveillance"* utilisé par les élus de l'opposition, ont rapidement laissé place au débat sur l’armement de la police municipale. Sur la question de l'armement létal des policiers municipaux, majorité et opposition ont affiché un profond désaccord, ce qui n'est pas nouveau "et ce n’est pas ce soir qu’on va parvenir à se convaincre", comme l’a résumé Séverine Véziès.
Les échanges ont néanmoins permis à chacun de défendre ses arguments, tandis que plusieurs questions ont été posées par les élus de l’opposition. Au terme des débats, sans surprise, les membres de l’opposition ont voté contre les délibérations.
- Voir et écouter le débat : www.macommune.info/suivez-en-direct-le-conseil-municipal
Le conseil municipal s'est terminé à 01 h 05.
*La vidéoprotection concerne les lieux ouverts au public et la voie publique, tandis que la vidéosurveillance s'applique aux espaces privés non ouverts au public.


