Election présidentielle : Macron ou Le Pen ? La France vote pour un choix historique

Publié le 24/04/2022 - 09:32
Mis à jour le 24/04/2022 - 09:32

Les Français ont commencé à voter ce dimanche 24 avril 2022 pour élire leur prochain président et choisir, comme en 2017, entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Le premier est favori pour un deuxième mandat. Mais jamais l’extrême droite n’a paru si proche des portes du pouvoir.

 © Alexane Alfaro
© Alexane Alfaro

Les bureaux de vote ont ouvert à 08h00 en métropole. Ils fermeront à 19h00, et à 20h00 dans les grandes villes. Avec les trois zones scolaires du pays en vacances scolaires, l'abstention pourrait être le grand arbitre de ce second tour.

  • Le taux de participation à midi donnera une première indication sur la mobilisation des 48,7 millions d'électeurs appelés aux urnes.

Certains territoires d'outre-mer et Français de l'étranger ont voté dès samedi. A Saint-Pierre-et-Miquelon, la participation s'est établie à 57 %, contre 54,96 % lors du premier tour. En Nouvelle-Calédonie, où l'abstention avait atteint un taux record au premier tour (66,65 %), le second tour s'annonce sous les mêmes auspices.

  • A 12H00, le taux de participation communiqué par le haut-commissariat de la République s'élevait à 18,17 % contre 17,59 % le 10 avril à la même heure.

A Nouméa, Steeve Lauret, employé municipal, s'est dit "peu surpris" de cette faible mobilisation, rappelant que les indépendantistes avaient appelé à l'abstention. Mais lui "considère que c'est le devoir de chacun de s'intéresser à la vie politique du pays, sinon après il ne faut pas se plaindre".

Les Français sont devant un choix historique: reconduire le président sortant ce qui n'a encore jamais été fait, hors cohabitation, depuis l'adoption du vote au suffrage universel direct en 1962 et l'élection du général de Gaulle trois ans plus tard.

Ou élire une femme, ce qui serait une première, et propulser ainsi l'extrême droite à l'Elysée pour une déflagration qui résonnerait bien au-delà des frontières hexagonales, comparable au Brexit britannique et à l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis en 2016.

Une réélection d'Emmanuel Macron, 44 ans, représenterait la continuité, même si le président candidat a promis de se renouveler en profondeur, assurant vouloir placer l'écologie au coeur de son second - et dernier - mandat. Il doit s'exprimer devant ses partisans dimanche soir, à l'issue du scrutin, sur le Champs de Mars, au pied de la Tour Eiffel.

L'arrivée de Marine Le Pen, 53 ans, aux commandes d'une puissance nucléaire, dotée d'un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU, et force motrice de l'Union européenne serait un séisme, d'une magnitude d'autant plus élevée qu'elle s'inscrirait dans le contexte lourd d'une guerre aux portes de l'Europe.

Les derniers sondages publiés vendredi soir, avant l'entrée en vigueur de la période de réserve électorale, donnent Emmanuel Macron favori, au-delà de la marge d'erreur.

Mais très loin de son score de 2017 où, au bout d'une ascension météorique, il avait battu sa rivale par 66,1 % des voix contre 33,9 %, pour devenir, à 39 ans, le plus jeune président de la Ve République.

Front contre front

Les programmes des deux candidats sont à l'opposée et proposent une vision radicalement différente sur l'Europe, l'économie, le pouvoir d'achat, les relations avec la Russie, les retraites, l'immigration, l'environnement...

Après un quinquennat émaillé de crises, des "gilets jaunes" au Covid, ce sont deux France qui s'opposent.

Pour contrer son adversaire, Emmanuel Macron, arrivé en tête au premier tour (27,85 %) avec plus de quatre points d'avance, a réactivé le "front républicain". Qui semble toutefois avoir perdu de sa vigueur par rapport à 2017 et 2002, où Jean-Marie Le Pen, le père de Marine, avait été largement dominé au second tour par Jacques Chirac.

La candidate du Rassemblement national, pour sa troisième tentative, a misé sur un autre front, le "Tout sauf Macron" dont la portée dans les urnes reste à mesurer.

Dans l'entre-deux tours, les deux candidats ont courtisé l'électorat du leader insoumis Jean-Luc Mélenchon, arrivé troisième le 10 avril avec 21,95 %. Mais de nombreux sympathisants LFI pourraient être tentés de bouder les urnes.

La grande inconnue du scrutin reste donc l'abstention qui risque d'être élevée, voire plus forte qu'au premier tour (26,31 %). Tout comme les bulletins blancs et nuls qui avaient atteint un record en 2017, attestant du refus de millions de Français de choisir entre les deux finalistes.

  • Le record d'abstention pour un second tour date de 1969 avec 31,1 %.

Les électeurs seront de nouveau appelés aux urnes les 12 et 19 juin pour les législatives où le nouveau président cherchera à obtenir la majorité nécessaire pour gouverner.

Un autre "troisième tour" se prépare dans la rue où risquent de converger, sur fond d'inflation galopante, tous les insatisfaits du scrutin présidentiel, sur les braises encore chaudes de la crise des "gilets jaunes".

(Source AFP)

Présidentielle 2022

Présidentielle 2022 : les chiffres de la participation à 17h en Bourgogne Franche-Comté

A 17h00, la participation est de 63,52 % en Bourgogne Franche-Comté et de 63,23 % au niveau national. Dans la région la participation en fin de journée est en recul de plus de trois points points par rapport au 2e tour du 7 mai 2017. Le détail des chiffres par département. Les bureaux de vote sont ouverts jusqu’à 19h00.

Politique

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