Le vice-président dont il est question est Franck Bernard, maire "sans étiquette" de la commune de Chevroz. Il a été suggéré à Ludovic Fagaut pour être le 15e vice-président après concertation des maires du secteur de la Dame Blanche. Et s'il a été élu sans étiquette politique, Franck Bernard est adhérent au Rassemblement national. Il a également a été candidat du Front national lors des départementales de 2015 et suppléant du RN d'Éric Fusis lors des élections législatives de 2022.
Pour le Parti communiste français de Besançon, ce vote constitue un tournant : ”le conseil communautaire de GBM a élu le premier vice-président RN de son histoire, rompant ainsi un consensus transpartisan qui existait depuis sa création”.
La question de la “charte de gouvernance” au cœur des critiques
Dans leurs communiqués respectifs, les groupes de gauche contestent l’argument avancé par certains élus, fondé sur la charte de gouvernance de l’intercommunalité.
Le groupe socialiste rappelle que ”ce document n'a aucune valeur juridique contraignante” et estime qu’”la charte ne doit pas être un outil de complaisance permettant d'ignorer les appartenances politiques”.
Même analyse du côté des élu(e)s insoumis(e)s, qui soulignent que la charte ”juridiquement n'est nullement contraignante” et ne peut ”justifier de laisser entrer le RN au sein de l'exécutif de GBM”.
Abstentions et responsabilité politique
Le résultat du vote, marqué par 22 abstentions ou votes blancs, est également pointé du doigt.
Les élus de La France insoumise regrettent ainsi ”les 22 voix d'abstention et de vote blanc qui auraient pu faire basculer le scrutin”. Ils insistent sur la portée politique de ce type de décision, affirmant que ”l'intercommunalité n'est donc pas qu'un simple guichet mais bien une instance où se construisent des décisions éminemment politiques”.
Le PCF partage cette lecture, rappelant que ”un vote est évidemment politique”, en réponse à certains élus affirmant ne pas “faire de politique” au sein du conseil communautaire.
Des accusations de rupture avec des principes républicains
Au-delà des aspects procéduraux, les formations de gauche dénoncent une décision qu’elles jugent contraire à leurs valeurs.
Le PCF évoque notamment un choix lourd de sens, estimant que certains élus ”ont préféré le déshonneur à la défense des valeurs de la République”.
Les élu(e)s insoumis(e) parlent, eux, d’un moment de bascule : ”une ligne rouge a été franchie au sein du conseil communautaire de Grand Besançon”. Ils dénoncent également ”une nouvelle étape de la fusion des droites avec l'extrême droite”.
Du côté socialiste, Jean-Sébastien Leuba a déclaré en séance : ”Il ne peut s’agir d’un simple vote technique de secteur mais d’un véritable vote structurant de valeurs.”


