Harcèlement dans un supermarché : trois mises en examen

Publié le 30/05/2019 - 10:14
Mis à jour le 30/05/2019 - 10:14

Femmes enceintes devant porter des charges lourdes, heures supplémentaires non comptabilisées, remarques désobligeantes : deux propriétaires d'un supermarché à Héricourt (Haute-Saône) et leur directeur commercial ont été mis en examen ce mercredi 29 mai 2019 pour harcèlement moral contre 25 salariés, a annoncé le parquet.

PUBLICITÉ

Une quatrième personne, le directeur financier, né en 1973, a été mise en examen « pour complicité de harcèlement moral pour avoir cautionné un système où les droits des salariés n’étaient pas respectés », a indiqué Emmanuel Dupic, procureur de la République à Vesoul.

Tous ont été placés sous contrôle judiciaire avec l’obligation de payer une caution, l’interdiction de se présenter dans la commune et d’exercer une gestion d’entreprise commerciale.

« Des propos humiliants »

Le couple de propriétaires, des quinquagénaires, et le directeur commercial, né en 1980, sont soupçonnés « d’avoir eu des comportement et des propos humiliants, menaçants qui ont conduit un grand nombre de salariés à des burn-out ou des arrêts maladie, permettant aux employeurs de les déclarer inaptes à leurs postes et de les licencier », a détaillé le procureur.

Les faits ont été révélés à l’occasion d’une procédure début 2018 devant les prud’hommes de quatorze salariés licenciés de ce magasin Leclerc à Héricourt.

L’enquête, ouverte par le parquet l’été suivant et confiée à la police judiciaire de Dijon, a révélé « un harcèlement moral important, pendant neuf ans, avec une pression quotidienne sur les employés qui a conduit à une détresse physique et psychologique« , a précisé le procureur.

Selon les témoignages des quatorze salariés, auxquels se sont ajoutées onze personnes au fil de l’enquête, la badgeuse – permettant de comptabiliser le temps de travail – avait été retirée par le couple à son arrivée en 2010. Les heures supplémentaires n’étaient pas prises en compte et la porte de la salle de pause avait été enlevée pour « une surveillance constante ».

Des femmes enceintes avec des charges lourdes à porter

Des femmes enceintes et des personnes en situation de handicap étaient contraintes d’occuper des postes avec des charges lourdes à porter ou des horaires inadaptés à leur état. Certains des plaignants ont dénoncé « des propos racistes », des femmes « des remarques sur leur silhouette ou leurs vêtements« , a dit M. Dupic.

Les salariés, majoritairement des femmes, « étaient des personnes souvent employées en CDD par une agence d’intérim, qui soit démissionnaient, soit étaient licenciées », a précisé le procureur. Les suspects, qui contestent les faits, encourent deux ans de prison, 30.000 euros d’amende et l’interdiction de diriger une entreprise.

(Source AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Dans la catégorie

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

 19.64
couvert
le 24/06 à 21h00
Vent
2.29 m/s
Pression
1016.39 hPa
Humidité
90 %

Sondage