Immigration : Chevènement critique "la culture du déni"

Publié le 08/10/2019 - 14:23
Mis à jour le 08/10/2019 - 14:23

L’ex-ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement critique une « culture du déni chez nos élites » qui sous-estiment selon lui les conséquences d’une immigration sans contrôle et sans intégration, porteuse des germes d’une « guerre civile« , a-t-il dit à l’AFP.

Jean-Pierre Chevènement en 2013 © Damien Poirier
Jean-Pierre Chevènement en 2013 © Damien Poirier

Le débat au Parlement sur l'immigration "est utile s'il est suivi de mesures", a estimé le président de Res Publica, dont Emmanuel Macron, que son entourage qualifie volontiers de "chevènementiste", a loué les qualités en privé. "Il faut faire comprendre à tout le monde que le vent a tourné et qu'on n'est plus dans l'autocensure", a poursuivi Jean-Pierre Chevènement, "et affirmer la vraie dimension du problème. D'une part aider les pays d'origine à se développer, à devenir des États de droit sûrs, à investir dans l'éducation et à maîtriser leur fécondité".

"Il faut aussi que les pays d'accueil puissent intégrer ceux qui veulent devenir Français", a-t-il poursuivi, évoquant "la panne de l'intégration". "C'est indispensable si on veut éviter que se créent des communautés enclavées, des territoires où la loi républicaine n'est plus reconnue, où on finit par s'accommoder de moeurs aux antipodes de nos principes, comme la polygamie ou la mise en tutelle des femmes ou la ségrégation".

"Sinon la fragmentation de la société française continuera" et "des tensions croissantes se développeront avec à terme la guerre civile", a-t-il jugé. "Sombrer dans la culture du déni, c'est faire le jeu de l'extrême droite". L'ancien ministre déplore aussi que les reconduites à la frontière ne soient souvent "plus possibles" car les pays d'origine refusent leur concours. "Les chiffres des reconduites n'ont pas bougé depuis 20 ans (15% des interdictions du territoire prononcées)", reproche-t-il. Sur BMFTV, il a suggéré de lier l'aide au développement aux pays d'origine à leur coopération en la matière.

Jean-Pierre Chevènement estime aussi que l'OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) "est trop laxiste" car, alors que les demandes d'asile ont doublé en cinq ans, "le taux d'acceptation a doublé" depuis 2000. "De plus nos prestations sociales pour les demandeurs d'asile sont supérieures de 53% à celles de l'Allemagne", martèle-t-il, en écho aux interrogations du gouvernement sur l'Aide médicale d'Etat.

(Source AFP)

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