L'incendie de Biscarrosse est parti d'une camionnette ayant pris feu au bord d'une route, à proximité d'une forêt. Rapidement, les flammes se sont propagées jusqu'aux abords de la commune.
Arrivé il y a quatre jours pour passer des vacances auprès de membres de sa famille, propriétaires d'un camping dans le secteur, Mathieu a vu la situation basculer en quelques heures. ”On a eu l'info comme quoi il y avait un début d'incendie et que ça commençait à se propager un peu”, nous explique-t-il.
Depuis le camping, il observe d'abord ”tout cet amas de fumée” ainsi que les Canadair ”qui faisaient les allers-retours pour essayer de l'éteindre”. Si le feu semble un temps maîtrisé, la situation évolue rapidement. ”C'est à partir de là que ça a commencé à être compliqué”, nous raconte-t-il, évoquant les informations faisant état de la zone industrielle touchée et ”des gros bruits d'explosions assez régulier de bouteilles de gaz”.

Évacuer le camping au milieu de la nuit
Dans la soirée, les équipes du camping restent en attente des consignes des autorités. ”On a informé [les résidents] que dès qu'on avait des nouvelles de la préfecture, s'il y avait évacuation, on viendrait les voir.” L'ordre d'évacuation arrive finalement au milieu de la nuit. ”À partir de là, la préfecture a appelé. Là, il a fallu faire le tour des mobile-homes pour leur dire d'évacuer.”
Malgré l'urgence, Mathieu souligne le comportement des vacanciers. ”Ça s'est relativement bien passé”, affirme-t-il, évoquant ”beaucoup d'entraide aussi, surtout”. Selon lui, ”les gens discutaient entre eux dans le calme”. Il ajoute : ”On est tous dans la même galère et puis on va y arriver ensemble. C'est ce que j'ai ressenti.” Environ une heure aura suffi pour évacuer l'ensemble du camping.

”On essaie de trier les vraies nouvelles des fausses"
Au lever du jour, après une nuit blanche, Mathieu et sa famille rejoignent une maison située près du lac de Maguide. Ils y accueillent plusieurs proches et sinistrés. ”Entre la famille et les amis, on est une dizaine dans la maison”, nous précise-t-il. Certains arrivent directement des secteurs les plus touchés, ”des résidents qui perdent leur maison, un peu déboussolés, désemparés, avec leurs animaux et leurs affaires dans la voiture.”
Depuis ce refuge, tous suivent l'évolution de la situation. ”On suit pas mal les infos, on essaie d'être en veille si on a une nouvelle de la préfecture”, explique-t-il. Il insiste également sur la difficulté de distinguer les informations fiables des rumeurs : ”On essaie de trier les vraies nouvelles des fausses aussi, parce que dans ce genre de situation, il y a toujours des gens qui racontent n'importe quoi, donc on attend vraiment sur la préfecture.”
"C'est le chaos"
En décrivant les premières heures de l'incendie, Mathieu M. confie avoir ressenti une impression marquante. ”Le premier truc qui te vient à l'esprit, c'est le chaos... Qu'est-ce qui est en train de se passer ? On entend des explosions, il y a de la fumée noire partout... C'est la vision du chaos.”
S'il explique avoir gardé son sang-froid pour gérer l'évacuation des résidents, l'émotion reste présente. ”Quand je te parle de ces familles qui ont tout perdu, ça fait un gros pincement au cœur. Effectivement. C'est triste, très triste ce qui se passe.” Après ces longues heures, il reconnaît avoir eu du mal à trouver le sommeil, "avec la vision qui tourne un peu en boucle dans la tête du feu, des gens qui partent. On serait des mutants si on ne ressentait rien.”

Malgré la gravité des événements, Mathieu raconte que la solidarité et quelques moments de légèreté permettent de tenir. ”On passe notre temps à dire des conneries. Malgré le fait qu'il y a eu une situation de choc, ça ne nous empêche pas de plaisanter et que ça soit un maximum dans une bonne ambiance.”
Pour l'heure, Mathieu et ses proches attendent d'éventuelles nouvelles informations de la préfecture "pour savoir si l'on doit encore ou non évacuer", nous dit-il.


