"Je peux vous confirmer que le dossier est renvoyé devant la cour d'assises d'appel du Rhône", a indiqué une source judiciaire à l'AFP, confirmant une information d'Ici Besançon. La date de son nouveau procès n'est pas encore connue. Le 18 décembre, à l'issue de trois mois et demi de procès, la cour d'assises du Doubs a déclaré Frédéric Péchier, ancien médecin anesthésiste-réanimateur, coupable de 30 crimes d'empoisonnements aggravés commis entre 2008 et 2017 à Besançon, à la clinique Saint Vincent et à la Polyclinique de Franche Comté.
Le procès en appel de Frédéric Péchier se tiendra à Lyon
Il a été condamné à une peine de réclusion criminelle à perpétuité, avec une période de sûreté fixée à la durée maximale de 22 ans. Frédéric Péchier, qui a toujours clamé son innocence, a fait appel de sa condamnation dès le jour du verdict. La cour d'appel de Besançon a alors demandé une dérogation pour que ce dossier hors norme - près de 200 parties civiles - soit jugé dans la même ville qu'en première instance, ce qui n'est pas prévu par les textes.
Les avocats du médecin âgé de 54 ans préféraient qu'il soit jugé à Paris ou à Lyon.Le procès en appel de Frédéric Péchier se tiendra à Lyon.
"Dans un dossier d'une telle ampleur, on va priver les victimes de la possibilité d'assister sereinement au procès qui les concerne", a déploré auprès de l'AFP Frédéric Berna, avocat de nombreuses parties civiles. Ses clients sont "extrêmement déçus de cette décision de l'institution judiciaire".
"Ils ne savent pas comment ils vont pouvoir assister convenablement au procès. Les gens ne peuvent pas, pendant trois mois et demi, venir régulièrement faire des allers-retours à Lyon", a relaté Me Berna. Frédéric Douchez, conseil de la clinique Saint-Vincent où ont eu lieu la plupart des cas d'empoisonnements, a lui aussi souligné auprès de l'AFP "la contrainte" que représente ce procès en appel à Lyon "pour les parties civiles dont la plupart sont de Besançon".
Cette contrainte s'ajoute à la "difficulté pour les nombreux médecins, infirmiers, directeurs d'établissements cités à témoigner", a souligné Me Douchez.
En février, la justice a rejeté une demande de remise en liberté de Frédéric Péchier, qui demandait à sortir de prison pour mieux préparer son procès en appel. Le communiqué du procureur général précise jeudi que l'anesthésiste a formé un pourvoi contre cette décision. "Ce pourvoi sera examiné par la chambre criminelle de la Cour de cassation. Dans l'attente, Frédéric Péchier reste donc incarcéré", indique le parquet.
(Source AFP)


