Le quasi doublement en 2015 du salaire de Carlos Tavares divise

Publié le 29/03/2016 - 17:29
Mis à jour le 17/04/2019 - 10:23

Rejetée côté syndical et gouvernemental mais défendue par le patronat, la rémunération passée de 2,75 à 5,24 M€  entre 2014 et 2015 du patron de PSA Peugeot Citroën provoque quelques remous…

carlos_tavares.jpg
Carlos Tavares © psa
PUBLICITÉ

Carlos Tavares, président du directoire du premier groupe automobile français a reçu un salaire de 5,24 millions d'euros en 2015, selon le document de référence de l'entreprise publié vendredi. En 2014, sa rémunération s'était établie à 2,75 millions d'euros. Une progression principalement due à l'accroissement de la "part variable" du salaire basée sur l'évolution des résultats. Or, PSA a connu une excellente année 2015, bouclant même en avance son plan de reconstruction.

Les représentants de l'État au conseil d'administration ont voté contre la hausse de la rémunération de M. Tavares, a indiqué ce mardi 29 mars 2016  le ministre des Finances, Michel Sapin, la qualifiant de "dommageable". "Si nous étions dans une entreprise où l'État a 30%, ou 40%, ou 50%" de participation, "ça aurait bloqué", a ajouté le ministre, sur France Inter, en regrettant que les autres actionnaires n'aient pas adopté une position similaire.

Réactions : syndicats vs patronat

La somme en question est "exorbitante et peu (audible) pour les salariés", a jugé Franck Don (CFTC), tout en admettant que le patron d'un grand groupe industriel doit pouvoir être récompensé quand il participe à son redressement, sinon "il ira dans une autre entreprise". De son côté, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a parlé de rémunération "pas légitime". Les syndicats de PSA ont eux aussi donné de la voix et réclamé que les salariés soient davantage associés aux résultats. Jean-Pierre Mercier (CGT) s'est dit "révolté et écœuré". "C'est le même PDG qui nous tient le même discours depuis des années, à savoir qu'il va falloir encore se serrer la ceinture, encore bloquer nos salaires, encore supprimer des emplois, des primes", a-t-il ajouté.

Le patronat est venu à la rescousse de M. Tavares. "Il faut féliciter Carlos Tavares du redressement exceptionnel qu'il a fait de PSA", a déclaré Pierre Gattaz, patron du Medef, sur France Info: "quand il y a de la réussite, ça ne me choque pas qu'on récompense la réussite". Et le président du conseil de surveillance de PSA, Louis Gallois, a jugé que la rémunération de M. Tavares n'était "pas disproportionnée du tout" par rapport à celles d'autres constructeurs automobiles français et du CAC 40.

Le redressement de PSA "beaucoup plus rapide qu'escompté", "est quand même dû largement à l'action de Carlos Tavares et il est tout à fait normal que sa rémunération en bénéficie", a ajouté M. Gallois dans un entretien à l'AFP.

Polémiques autour de la rémunération des patrons

La rémunération des patrons français constitue un sujet de polémique récurrent. Le gouvernement, après avoir plafonné en 2012 la compensation des dirigeants d'entreprises publiques à 450.000 euros par an, s'est déjà prononcé ces dernières années contre les rémunérations jugées excessives des patrons de plusieurs grands groupes dont il est actionnaire, dont Renault, Safran et Thales.

L'Etat a ainsi voté en 2015 contre la rémunération du PDG de Renault, Carlos Ghosn, qui s'était alors élevée à 7,22 millions d'euros. En assemblée générale, elle n'avait été approuvée que par 58,33% des voix, un résultat significatif et serré, alors que la plupart des résolutions obtiennent des scores supérieurs à 90%. Le prédécesseur de M. Tavares chez PSA, Philippe Varin, avait de son côté dû renoncer en 2013 à une retraite chapeau de 21 millions d'euros après une avalanche de critiques.

Info +

  • PSA  a dégagé l'année dernière un bénéfice, pour la première fois depuis 2010, de 1,2 milliard d'euros. La rentabilité a elle aussi fait un bond: la marge opérationnelle de la division automobile a atteint 5%, au plus haut depuis 2002. Un net contraste avec la situation de quasi-faillite que M. Tavares, transfuge de Renault, avait trouvée début 2014 quand il avait pris les rênes de ce fleuron industriel français. Il avait lancé un plan qui était notamment passé par des efforts demandés aux salariés.
  • A court terme, PSA n'avait dû son salut qu'à l'intervention de l'État français et du Chinois Dongfeng, tous deux entrés au capital à hauteur de 14%.

(Avec AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Dans la catégorie

Département du Doubs : 80 millions d’euros d’investissements pour 2020

Département du Doubs : 80 millions d’euros d’investissements pour 2020

Christine Bouquin, présidente du Conseil Départemental du Doubs, a présenté ce 21 octobre 2019 les grandes orientations budgétaires pour l’année 2020. Et selon elle, «on continue de monter en puissance » avec 80 millions d'euros d'investissements prévus pour l'an prochain…

« Macron, réponds-nous » : trois convois de tracteurs à Besançon mardi 22 octobre

« Macron, réponds-nous » : trois convois de tracteurs à Besançon mardi 22 octobre

La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles et les Jeunes agriculteurs appellent à une mobilisation nationale mardi 22 octobre 2019. Trois convois de tracteurs circuleront à Besançon pour arriver devant la préfecture du Doubs à 11 heures. Objectif : interpeller      le président de la République Emmanuel Macron.

ID Soudage, Rue Jouchoux à Besançon pour mieux servir ses clients

ID Soudage, Rue Jouchoux à Besançon pour mieux servir ses clients

Publi-Info • En ouvrant, début octobre, ses nouveaux locaux Rue Jouchoux à Besançon, Nicolas Donard, directeur d’ID Soudage, souhaitait se donner les moyens de mieux servir ses clients. Quoi de plus normal lorsque les solutions proposées à ses clients sont liées à trois univers allant de la soudure au travail du métal, en passant par la sécurité au travail ?

Peugeot accueille à Besançon sa nouvelle star, la 208 et bientôt la e-208

Peugeot accueille à Besançon sa nouvelle star, la 208 et bientôt la e-208

Publi-Info • Il y a quelques jours, Yves Dejean directeur de Peugeot Besançon accueillait près de 500 personnes dans ses locaux pour présenter la toute nouvelle 208, en attendant sa sœur jumelle, électrique, la e-208. Dans les semaines qui viennent les équipes de Peugeot Besançon seront à votre disposition pour vous présenter la star de cette fin d’année.

Micro-brasserie Les2FÛTS : « Intégrer Coopilote a facilité le démarrage de mon entreprise »

Micro-brasserie Les2FÛTS : « Intégrer Coopilote a facilité le démarrage de mon entreprise »

Dans le cadre des rencontres "Bienvenue dans mon entreprise" proposées par Coopilote, coopérative d'entrepreneurs salariés à Besançon, la micro-brasserie Les2FÛTS a ouvert ses portes pour découvrir et échanger autour de leur activité et de l’entrepreneuriat… L'occasion de faire un focus sur cette petite entreprise artisanale bisontine. 

Sanctions américaines : la Côte-d’Or offre du Bourgogne à Trump pour le faire changer d’avis

Sanctions américaines : la Côte-d’Or offre du Bourgogne à Trump pour le faire changer d’avis

Le département de Côte-d'Or va envoyer deux bouteilles de Bourgogne au président américain Donald Trump pour tenter de le faire changer d'avis sur les sanctions douanières contre l'Union Européenne, qui doivent viser le vin français, a annoncé son président François Sauvadet le 14 octobre 2019 sur Twitter.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

 17.38
ciel dégagé
le 23/10 à 9h00
Vent
0.32 m/s
Pression
1014 hPa
Humidité
63 %

Sondage