Le salon de l'horlogerie de Baselword s'ouvre dans un contexte "tendu"

Publié le 17/03/2016 - 08:18
Mis à jour le 16/04/2019 - 09:36

Le salon annuel de l'horlogerie a ouvert mercredi ses portes à la presse dans un climat lourd alors que les fabricants de montres suisses ont été rattrapés par la crise après cinq années de croissance ininterrompue. L'industrie horlogère suisse table cependant sur une amélioration des ventes à partir d'avril.

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F. THIÉBAUD, E. BERTRAND, S. RITTER, R. KAMM © baselword 2016
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1.500 marques de 40 pays vont accueillir les 150.000 visiteurs sur 141.000 m2, du 17 au 24 mars. Ce salon de l’horlogerie et de la joaillerie, qui se tient chaque année à Bâle, en Suisse, a débuté dans un contexte beaucoup plus difficile. En 2015, les exportations de montres suisses se sont contractées de 3,3% à 21,5 milliards de francs suisses (19,6 milliards d’euros), reculant pour la première fois depuis 2009. « L’atmosphère n’est pas au top« , a reconnu Jean-Claude Biver, le patron de Tag Heuer, lors d’un entretien avec l’AFP. « De manière générale, je pense que Baselworld ne sera pas si mauvais, mais qu’il ne s’agira pas d’un des meilleurs« , a-t-il ajouté.

Ce vétéran de l’industrie horlogère suisse, qui dirige le pôle montres du groupe français LVMH, le numéro un mondial du luxe, s’est toutefois montré confiant pour Tag Heuer, expliquant que la marque avait connu une croissance à deux chiffres sur les deux premiers mois de l’année, notamment dans la mesure où elle ne faisait pas partie des plus exposées à la Chine. Ce marché, qui avait connu une croissance fulgurante, permettant aux horlogers suisses de faire fi de la crise, avait été l’un des premiers à décrocher, avec l’introduction en 2013 de lutte contre la corruption, interdisant les cadeaux extravagants, ce qui avait lourdement affecté les ventes de montres de prestige.

Mais depuis les nuages se sont accumulés entre les secousses affectant le rouble, qui ont touché la clientèle russe, la révolution des parapluies à Hong Kong qui a fait fuir les touristes chinois et plus récemment les attentats à Paris. Les effets de ces incertitudes qui ont pesé sur le secteur se sont clairement fait ressentir, a concédé Sylvie Ritter, la directrice de Baselword lors d’une conférence de presse, relevant en particulier que « les petites entreprises n’ont pas toujours les moyens de faire face à un recul des ventes.

« C’est plutôt une crise de confiance qu’une crise économique »

François Thiébaud, le patron de Tissot, une des marques phares de Swatch Groupe, et président du comité des exposants suisses, a toutefois estimé qu’il « ne fallait pas être alarmiste« . « Aujourd’hui, c’est plutôt une crise de confiance qu’une crise économique« , a-t-il affirmé. « Si vous êtes un détaillant et qu’on vous annonce une nouvelle catastrophe tous les jours, vous n’avez pas envie d’acheter« , a-t-il argumenté en soulignant la relative solidité du secteur horloger par rapport aux autres domaines économiques en Suisse. Et avec un espoir : « A partir d’avril, les ventes devraient reprendre même si le premier trimestre devrait afficher un recul« .

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