Le tribunal de Dijon refuse le prénom "Jihad"

Publié le 27/09/2019 - 18:07
Mis à jour le 27/09/2019 - 18:07

Le tribunal de Dijon a annulé vendredi le prénom « Jihad » donné il y a presque un an par une mère à son nouveau-né, et que la justice considère comme ayant une « acception péjorative« , a-t-on appris vendredi 27 septembre 2019 auprès du parquet.

"Le tribunal n'accepte pas ce prénom car il considère qu'il peut être nocif pour l'enfant et de nature à lui poser des problèmes", a précisé le parquet de Dijon, soulignant la prise en compte de "l'intérêt supérieur de l'enfant".

"Le prénom +Jihad+, qui a une acception péjorative car associé à des mouvements islamistes, est remplacé par le prénom +Jahid+ qui, en arabe, a la même acception d'+effort+, de +courage+", sans être associé à la notion de guerre, a ajouté la même source.

L'affaire avait éclaté début novembre 2018 quand la mairie de Dijon avait saisi la justice familiale en vue de cette annulation.

"Même si le prénom de Jihad ou Djihad est un prénom attribué dans le monde arabe et qui signifie (...): combat sacré; guerre sainte; travail; effort et qu'il peut donc avoir un sens positif, il n'en demeure pas moins que dans l'opinion publique et au vu du contexte terroriste actuel, ce prénom est nécessairement associé aux mouvements islamistes intégristes", Éric Mathais, procureur de la République de Dijon.

Ce dernier avait souligné craindre pour l'enfant "une stigmatisation, voire des moqueries ou des remarques désobligeantes". La mère du petit garçon, interrogée dans le quotidien régional Le Bien Public, avait assuré qu'en cas de refus du tribunal, elle "échangerait deux lettres" pour obtenir le prénom "Jahid", comme cela avait été le cas en avril 2018 pour le nourrisson d'un couple de Haute-Garonne dans une affaire similaire.

La jeune femme avait également précisé qu'elle se réservait "le droit de faire appel à un avocat" pour contester la décision si les motivations du refus ne lui "convenaient pas".

(AFP)

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