Législatives : "Nous avons besoin d'une alliance" avec le RN, affirme le patron de LR Eric Ciotti

Publié le 11/06/2024 - 14:19
Mis à jour le 11/06/2024 - 14:17

Le patron de LR Eric Ciotti a provoqué mardi 11 juin 2024 un coup de théâtre en annonçant que la droite avait "besoin d’une alliance" pour les législatives du 30 juin avec le Rassemblement national, un accord inédit avec l’extrême droite rejeté immédiatement par de nombreux dirigeants de son parti.

Screenshot © E. Ciotti / facebook
Screenshot © E. Ciotti / facebook

"Nous avons besoin d’une alliance, en restant nous-mêmes, (...) avec le Rassemblement national et avec ses candidats", a affirmé M. Ciotti, précisant avoir eu des discussion avec Marine Le Pen et Jordan Bardella.

Si l’accord se concrétise, ce sera le premier de ce genre en France entre la droite et l’extrême droite. Le patron de LR a estimé que la droite avait besoin de cet accord pour préserver sa représentation à l’Assemblée nationale, qui compte aujourd’hui 61 députés, dont beaucoup ne sont pas sur la ligne du président du parti.

De nombreuses voix contre cet accord

"Je souhaite que tous les députés républicains sortants qui souhaitent ne pas avoir d’adversaire du RN puissent ne pas avoir de concurrents", a-t-il ajouté, estimant "vouloir préserver un groupe" au Parlement. Au sein de LR, de nombreuses voix se sont élevées immédiatement contre cet accord : le président LR du sénat Gérard Larcher, qui s’est toujours opposé à un accord avec l’extrême droite, a assuré qu’il « n’avalisera jamais un accord avec le RN », en s’exprimant devant les sénateurs LR.

Le président des sénateurs LR Bruno Retailleau, a dénoncé "une ligne personnelle", rejoint par le patron des députés LR Olivier Marleix pour qui M. Ciotti "n’engage que lui" et doit démissionner. Avant l’annonce officielle du patron de LR, de nombreux dirigeants du parti, y compris Laurent Wauquiez, soutenu par Eric Ciotti comme candidat de la droite à l’Elysée en 2027, ont rejeté catégoriquement cette décision.

Du côté du RN, en revanche, Marine Le Pen a salué "le choix courageux" et "le sens des responsabilités" d’Eric Ciotti et a dit espérer "qu’un nombre conséquent de cadres LR le suivent". "Quarante ans d’un pseudo cordon sanitaire, qui a fait perdre beaucoup d’élections, est en train de disparaître", a fait valoir auprès de l’AFP la patronne des députés Rassemblement national à l’Assemblée nationale.

Du côté du gouvernement, le ministre de l’Intérieur, l’ex-LR Gérald Darmanin, a dénoncé que M. Ciotti avait signé "les accords de Munich et enfonce dans le déshonneur la famille gaulliste en embrassant Marine Le Pen. Une honte. Français, réveillons-nous !".

(Source AFP)

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