Les Écologistes de Franche-Comté alertent sur les enfants sans hébergement et le mal-logement

Publié le 02/09/2026 - 09:37
Mis à jour le 02/09/2026 - 09:37

Alors que la rentrée scolaires s'est déroulée ce mardi 1er septembre, les Écologistes de Franche-Comté alertent sur la situation des enfants privés d’hébergement et, plus largement, sur les difficultés d’accès à un logement stable. Dans un communiqué consacré à cette question, le parti s’appuie notamment sur le baromètre ”Enfants à la rue” publié par l’Unicef France et la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS).

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Selon les chiffres cités par les Écologistes de Franche-Comté, pendant la nuit du 18 au 19 août 2026, au moins 2 355 enfants sont restés sans solution d’hébergement après l’appel de leurs parents au 115. Parmi eux, 514 étaient âgés de moins de trois ans.

Le texte fait état d’une progression de 9 % en un an et de 42 % depuis 2022. Pour les Écologistes, cette évolution ne relève pas uniquement d'une donnée statistique. Ils estiment qu’elle traduit des choix opérés en matière de politique publique.

Le mal-logement face aux épisodes de fortes chaleurs

Les Écologistes établissent également un lien entre la précarité du logement et l’exposition aux fortes chaleurs. Ils soulignent que les conditions d’habitat jouent un rôle dans la capacité des familles à se protéger lors des épisodes caniculaires.

Le mouvement considère ainsi que les politiques du logement et l’adaptation au changement climatique doivent être pensées conjointement. Il critique notamment les injonctions adressées aux familles en matière de comportement face aux fortes chaleurs alors que certaines vivent dans des conditions précaires.

Le texte affirme notamment : ”on ne peut décemment demander aux familles de « bons gestes » face à la canicule quand des milliers d'enfants dorment à l'hôtel ou dehors.”

Une rentrée scolaire marquée par l’instabilité

À l’approche de la rentrée 2026, la question de la stabilité résidentielle est également mise en avant. Les Écologistes soulignent que les enfants concernés peuvent ne pas disposer d’une adresse stable et que leur situation d’hébergement peut compliquer leur maintien dans le même établissement scolaire.

Le mouvement évoque un risque de déscolarisation, qu’il dit documenté par les acteurs de terrain, et estime que cette situation peut avoir des conséquences durables sur les parcours des enfants concernés.

Le logement étudiant également concerné

Le texte élargit ensuite la question du mal-logement aux étudiants. Les Écologistes de Franche-Comté pointent le manque de places dans les résidences CROUS et la hausse des loyers du parc privé.

Ils évoquent des situations d’habitat précaire ou de suroccupation, ainsi que des étudiants pouvant renoncer à leurs études faute de logement stable. Pour le mouvement, les difficultés rencontrées par les enfants, les jeunes majeurs et les étudiants constituent les différentes étapes d’une même problématique d’accès au logement.

Quatre mesures demandées par les Écologistes

Les Écologistes de Franche-Comté formulent plusieurs propositions. Ils demandent d’abord la création ”sans délai” de places d’hébergement supplémentaires, notamment pour les femmes enceintes, les familles avec de très jeunes enfants et les jeunes majeurs sortant de l’aide sociale à l’enfance.

Ils proposent également une programmation pluriannuelle ”de la rue au logement”, avec un volet consacré aux familles et aux enfants ainsi qu’un plan dédié au logement étudiant.

Le mouvement demande par ailleurs que les normes applicables à l’hébergement d’urgence et aux nuitées hôtelières intègrent systématiquement des critères de résilience climatique, comme l’isolation thermique ou l’accès à des espaces rafraîchis.

Enfin, les Écologistes réclament la mise en place de l’encadrement des loyers à Besançon. Ils estiment que l’expérimentation menée à Paris a démontré son efficacité ”sans effet négatif sur l'offre locative”.

Les moyens de l’État au cœur des critiques

Les Écologistes de Franche-Comté mettent également en cause les orientations budgétaires concernant le logement et l’hébergement. Ils évoquent, pour le budget 2026, des économies annoncées comprises entre 2 et 4 %, ainsi que la menace de suppression de 10 000 places d’hébergement.

Selon eux, ces orientations accentuent les difficultés rencontrées par les associations gestionnaires et transfèrent une partie de la charge vers les collectivités et les acteurs de terrain.

Le texte dénonce ainsi une ”sous-budgétisation chronique des crédits de l'hébergement” et estime que les arbitrages budgétaires relèvent d’un choix politique.

Les Écologistes interpellent le gouvernement à l’approche de la présidentielle

Tout en rappelant que le logement relève d’une compétence partagée entre l’État, les collectivités territoriales et les bailleurs sociaux, les Écologistes considèrent que l’État conserve un rôle central dans la définition des règles et des grandes orientations nationales.

Le mouvement cite notamment la construction, les normes du parc social et privé, le financement des aides à la pierre, l’encadrement des loyers et la stratégie du Logement d’abord.

À l’approche de l’élection présidentielle, les Écologistes de Franche-Comté appellent donc les candidats et les pouvoirs publics à présenter des mesures concrètes en matière de logement. Leur objectif affiché est de dépasser la seule gestion de l’urgence et de construire une politique prenant en compte à la fois les enjeux sociaux et climatiques de la région.

Le texte est signé par Evelyne Poix, secrétaire régionale des Écologistes de Franche-Comté, et Philippe Chatelain, référent Enfance.

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