Pourquoi vote-t-on pour des sénateurs ?
Le Sénat est la seconde chambre du Parlement, aux côtés de l’Assemblée nationale. Les sénateurs participent au vote des lois, contrôlent l’action du gouvernement et évaluent les politiques publiques. Ils ont également pour mission constitutionnelle d’assurer la représentation des collectivités territoriales de la République.
Le mandat d’un sénateur est de six ans. Mais le Sénat n’est pas renouvelé en totalité en une seule fois : depuis 2011, la moitié de ses membres est renouvelée tous les trois ans. Le scrutin du 27 septembre 2026 concerne ainsi 178 des 348 sièges du Sénat, ceux de la ”série 2”.
Qui vote aux élections sénatoriales ?
C’est la principale particularité du scrutin : les sénateurs ne sont pas élus directement par l’ensemble des électeurs. Ils sont élus par un collège électoral composé notamment des députés et sénateurs de la circonscription, des conseillers régionaux, des conseillers départementaux et surtout des délégués des conseils municipaux. Ces derniers représentent environ 95 % du collège électoral sénatorial. On parle couramment de ”grands électeurs”.
Leur nombre dépend notamment de la population des communes. Dans les communes de moins de 9 000 habitants, le conseil municipal désigne un certain nombre de délégués selon l'effectif du conseil. À partir de 9 000 habitants, les conseillers municipaux sont délégués de droit ; dans les communes de 30 000 habitants et plus, des délégués supplémentaires sont également désignés.
Ces grands électeurs ont l'obligation de voter. Une absence non justifiée peut entraîner une amende de 100 euros.
Autrement dit, le scrutin sénatorial est indirect, mais il repose très largement sur les résultats et les équilibres issus des élections municipales, puisque les élus municipaux constituent l'immense majorité du collège électoral.
Pourquoi le mode de scrutin n'est-il pas le même partout ?
Le mode d'élection dépend du nombre de sénateurs à élire dans le département.
- Dans les départements qui élisent un ou deux sénateurs, le scrutin est majoritaire à deux tours.
- Dans ceux qui élisent au moins trois sénateurs, le scrutin se déroule à la représentation proportionnelle, suivant la règle de la plus forte moyenne.
Cette différence est importante pour comprendre ce qui va se passer dans le Doubs.
Trois sièges à pourvoir dans le Doubs
Le Doubs élit trois sénateurs ou sénatrices. Il est donc concerné par le scrutin proportionnel de liste. Concrètement, les grands électeurs ne choisissent pas trois candidats séparément. Ils votent pour une liste de candidats.
Le scrutin est organisé sans panachage et sans vote préférentiel. Cela signifie qu'il n'est pas possible de mélanger les candidats de plusieurs listes, ni de modifier l'ordre des candidats sur une liste. Les sièges remportés par une liste sont attribués à ses candidats dans l'ordre dans lequel ils apparaissent sur cette liste.
Autre particularité : dans un département où trois sièges sont à pourvoir, chaque liste doit comporter cinq candidats, soit deux de plus que le nombre de sièges à pourvoir. Les candidats doivent être présentés alternativement, une femme puis un homme, ou inversement.
Comment les trois sièges sont-ils répartis ?
C'est ici qu'intervient la notion de ”plus forte moyenne”. Le principe est de répartir les sièges en fonction du nombre de voix obtenu par chaque liste. Une première répartition est effectuée à partir du quotient électoral, obtenu en divisant le nombre de suffrages exprimés par le nombre de sièges à pourvoir. Les sièges restant à attribuer sont ensuite distribués selon la règle de la plus forte moyenne.
Prenons un exemple volontairement simplifié : imaginons que trois listes obtiennent respectivement 50 %, 30 % et 20 % des voix dans le Doubs. Avec trois sièges à pourvoir, la liste arrivée en tête ne reçoit pas automatiquement les trois sièges. Les résultats sont convertis en sièges selon la méthode proportionnelle.
La conséquence est importante : une liste qui arrive en deuxième ou en troisième position peut obtenir un siège, si son nombre de voix lui permet de participer à la répartition.
Il ne s'agit donc pas d'un scrutin où ”le premier prend tout”. Le poids électoral de chaque liste est pris en compte.
Un scrutin à un seul tour dans le Doubs
Puisque le Doubs élit trois sénateurs, il applique le scrutin proportionnel. Il n'y aura donc pas de second tour dans le département. Le vote aura lieu le dimanche 27 septembre, dans le chef-lieu du département. Pour les départements concernés par la représentation proportionnelle, le scrutin sera ouvert de 08 h 30 à 17 h 30.
Les résultats permettront ensuite de déterminer quelles listes obtiennent les trois sièges et, au sein de chaque liste, quels candidats sont élus en fonction de leur ordre de présentation.
Qui sont les sénateurs sortants du Doubs ?
Trois sénateurs représentent actuellement le département :
- Jacques Grosperrin, membre du groupe Les Républicains ;
- Annick Jacquemet, membre du groupe Union Centriste ;
- Jean-François Longeot, membre du groupe Union Centriste.
Le scrutin du 27 septembre remet donc les trois sièges du Doubs en jeu.
À ce stade, il convient toutefois de distinguer les candidatures annoncées des candidatures officiellement enregistrées. Le dépôt officiel des candidatures est prévu du lundi 7 septembre au vendredi 11 septembre 2026 à 18 heures. La liste définitive des candidats pourra donc être établie à l'issue de cette période.
Pourquoi les municipales ont-elles compté ?
Les élections sénatoriales interviennent quelques mois après les élections municipales de mars 2026. Ce calendrier n'est pas anodin.
Comme environ 95 % des grands électeurs sont des délégués issus des conseils municipaux, la composition des conseils municipaux et la désignation de leurs délégués ont une influence directe sur le collège chargé d'élire les sénateurs. Les délégués des conseils municipaux pour les sénatoriales 2026 ont été désignés le 5 juin 2026.
Il ne faut toutefois pas assimiler automatiquement le résultat des municipales à celui des sénatoriales : le corps électoral n'est pas le même et les stratégies politiques peuvent également différer. Les sénatoriales donnent notamment une place importante aux élus locaux, à leur implantation territoriale et aux relations entre élus.
À quoi sert concrètement un sénateur ?
Une fois élus, les sénateurs exercent un mandat national de six ans. Ils participent à l'élaboration de la loi avec les députés et exercent une mission de contrôle du gouvernement et d'évaluation des politiques publiques. Le Sénat joue également un rôle particulier dans la représentation des territoires.
Les sénateurs travaillent en séance publique, mais aussi au sein de commissions permanentes et de groupes politiques. Leur travail porte sur des sujets très divers : finances publiques, collectivités territoriales, agriculture, industrie, santé, sécurité, environnement ou encore organisation de l'État.
Listes officielles à ce jour dans le Doubs
Au lundi 31 août 2026, plusieurs listes de candidat(e)s se sont fait connaître :
- La France insoumise : Geoffroy Lang, conseiller municipal à Montbéliard, Séverine Vezies, conseillère municipale à Besançon et conseillère communautaire à Grand Besançon Métropole, Cédric Laithier, conseiller municipal à Pontarlier, Maryse Vuerli, conseillère municipale à Montbéliard et conseillère communautaire à Pays de Montbéliard Agglomération, Martin Mellion, conseiller municipal à Besançon et conseiller communautaire à Grand Besançon Métropole.
- Le Parti communiste français : Christophe Lime, ancien vice-président à GBM et actuel adjoint à la Ville de Dannemarie-sur-Crète, et Virginie Dayet, vice-présidente de la communauté de communes de Sancey-Belleherbe. Les trois noms suivants n’ont pas été communiqués puisque "dans une perspective d’union", les trois places restantes seront attribuées à leurs "partenaires de gauche" si un accord est trouvé avec d’autres partis.
- Le Parti socialiste (soutenue par plusieurs partis de gauche) : Arnaud Marthey, maire de Baume-les-Dames et conseiller régional et Valérie Pagnot, maire de Bonnetage et présidente de la communauté de communes du Plateau du Russey. Une conférence de presse aura lieu dans les prochains jours pour présenter l’ensemble de la liste.
- Les Républicains : Jacques Grosperrin, sénateur du Doubs, Christine Bouquin, présidente du Département du Doubs, Cédric Bôle, maire de Morteau et président de la communauté de communes du Val de Morteau, Emmanuelle Laville, maire d’Uzelle, et Damien Guillaume, maire de Vieux-Charmont.
À suivre.


